Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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Sous le manteau - Circé Abigaïl Solomon

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Eurydice O. Tailor
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15.12.14 15:51

Eurydice avait commencé à devenir un peu plus aventureuse. A force de prendre son courage à deux mains, elle avait développé des habitudes pour se simplifier la vie. Son maquillage était plus rapide et facile à mettre, même si elle évitait toujours les regards un peu trop appuyés de peur de se faire remarquer ; ses sorties se coordonnaient mieux avec les horaires de sa grande-tante, et elle profitait de plus de temps dehors, perdant en angoisse ce qu'elle gagnait en culpabilité (la jeune fille avait vraiment honte de trahir ainsi la confiance de sa grande-tante) ; les habits qu'elle mettaient étaient moins voyants, moins épais et nombreux, et l'aidaient à mieux se fondre dans la foule. C'était plus facile. Eurydice osait plus. Eurydice devait oser plus, d'ailleurs, parce que pour aider la sœur de Maxwell, il fallait qu'elle fasse plus que ramasser des prospectus. Elle devait par exemple en apprendre plus sur les potions et les soins magiques à prodiguer. Ou l'art de la divination, pour en savoir plus sur Abigaïl et son état.

Elle n'était pas du tout en train de se servir du handicap d'Abigaïl pour se permettre de sortir dehors et de faire ce qu'elle voulait. Non, non. Pas du tout. Eurydice avait quand même un peu honte d'elle, au fond. Mais ce qu'elle allait apprendre allait sûrement pouvoir servir un jour ou l'autre, alors elle agissait quand même.

Eurydice s'était rendue au Chemin de Traverse, aujourd'hui. Le voyage avait été particulièrement éprouvant. Elle avait dû prendre le métro – et s'était rendue compte avec bonheur que la politesse d'usage était d'ignorer tous les autres passagers, mais elle était restée tendue tout le long quand même – et elle avait dû rentrer dans le Chaudron Baveur, et faire comprendre à la vieille dame qui tenait l'auberge qu'elle voulait passer. Eurydice avait réussi à ne pas se trahir dans l'opération. Elle espérait. La tenancière l'avait regardée d'un air suspect pendant un long moment, et avait fini par obtempérer sans rien dire, mais Eurydice avait pu sentir son regard sur son dos pendant un bon moment encore après avoir quitté l'auberge. La demi-banshee ne retournerait pas dans cette rue de sitôt. Elle devait donc rentabiliser au maximum le temps qu'elle avait.

Eurydice avait avec elle des lettres d'une voyante et prophétesse célèbre, Mme Circe Solomon, professeure à Poudlard – elle s'était faite passer pour une chamane tibétaine et avait soutiré tout ce qu'elle avait pu de sa correspondante, en la baratinant lourdement sur son intérêt pour ces pratiques exotiques d'Angleterre et d'Ecosse qu'elle avait. Grâce à ça, elle avait des listes, des conseils, des cours mêmes, souvent perdus au milieu de digressions philosophiques sur tout et n'importe quoi, auxquelles elle avait répondu du mieux possible, avec des piles de livres sous la main et excuses pratiques sur le mauvais anglais qu'elle, vieille ermite tibétaine, parlait si mal, et qui lui permettait de ne pas trop approfondir ses dissertations. Et c'était ces listes et ces cours qu'elle avait emmenées avec elle, ne prenant même pas la peine de recopier les lettres et les emmenant avec elles, afin de savoir ce qu'elle devait acheter pour apprendre toute seule à faire de la divination. Eurydice avait beaucoup de travail devant elle.

Maintenant qu'elle y pensait, c'était vraiment une honte que personne n'ait inventé de cours par correspondance pour sorciers. Bon, certes, beaucoup de ces cours peineraient à trouver leur public – s'il n'y en avait pas c'était sûrement parce que toute la population sorcière, sauf les cas sociaux comme elle, avait pu aller à Poudlard. Mais peut-être que publier les cours des options pourrait être intéressant pour certains sorciers qui n'avaient pas pu s'y plonger plus jeunes, et qui voudraient s'instruire ou changer de carrière. Eurydice se mit à sourire. L'idée qu'elle puisse un jour avoir un travail, une carrière, ou une vie normale était quand même un peu ridicule. Mais plutôt agréable. Ca ne faisait pas de mal à personne de rêvasser un peu.

Et c'était la tête un peu ailleurs que la jeune fille commença ses courses. Entrée dans un magasin de Divination, elle se mit à regarder les rayons, la liste, et les rayons de nouveau, et son visage redevint sérieux : elle ne savait pas toujours à quel objet correspondait quelle entrée sur la liste. Certains étaient faciles à comprendre, et d'autres non. Et les prix … les prix étaient bien plus chers que ce à quoi elle s'était attendue. Le peu d'argent qu'elle avait volé à sa grande-tante allait-il lui suffire ? Et puis elle n'avait pas non plus vraiment le temps d'aller voir s'il y avait moins cher ailleurs … Et pas moyen de négocier avec les vendeurs. Eurydice avait eu pour plan de prendre les articles, poser la somme exacte sur le comptoir, et s'enfuir sans demander son reste. Elle se rendait compte, maintenant, que ça n'allait peut-être pas suffire. Comme toujours, ses plans merveilleusement préparés tombaient en morceau au contact de la réalité.

Elle était bien ennuyée. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ?

Eurydice regarda à gauche comme à droite. Les vendeurs semblaient occupés, il n'y avait pas beaucoup de clients, quelques vieilles personnes, une dame rousse avec des foulards, un gobelin qui tenait une vieille théière en argent. Personne n'était là pour la voir.

Eurydice prit l'une des tasses de thé de l'étalage, et, le plus discrètement possible, la fit glisser dans une de ses poches. Elle fit de même pour le reste du service, et cacha la théière du mieux qu'elle pouvait sous son manteau. C'était mal. C'était mal, mais elle en avait besoin, et elle n'avait pas d'autre moyen d'acquérir tout ça. C'était mal, et elle se mit à marcher d'un pas rapide vers la porte, l'inquiétude montante, pestant contre elle-même d'avoir pris un manteau si fin, en espérant que personne ne l'ait encore remarquée.

Mais avant qu'elle ne puisse sortir, une main se posa sur son épaule, l'arrêtant d'une poigne ferme. Eurydice se figea. Resta immobile un long moment. Et retourna lentement sa figure, ses grands yeux dévisageant la cliente rousse aux foulards qui semblait vraiment peinée. Elle avait tout vu. Elle avait tout vu ! Et la demi-banshee ne savait pas quoi faire pour se sortir de là.

Elle n'allait quand même pas l'assommer d'une parole ? Eurydice ne voulait pas aller jusque-là. Elle avait peur des conséquences, et elle avait peur de faire du mal à la dame, qui après tout ne faisait qu'empêcher Eurydice de commettre un crime. La tentation était là. Mais non. Eurydice était un être ignoble, mais tout de même pas à ce point. La honte monta au visage de la demi-banshee – mais sous le maquillage, son visage vert virant au rouge ne se voyait pas, et la jeune fille restait brune de peau et impassible d'expression. Elle continuait de dévisager la grande dame.

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Circe A. Solomon
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18.12.14 15:54

Circe rentrait souvent à Londres pendant les week-ends où son travail de professeur ne la retenait pas à Poudlard. Elle aimait passer voir sa cousine April et discuter longuement avec elle, ou aller rendre visite à ses amis, ou encore juste refaire son stock de produits aidant à la divination. Ou bien juste s'attabler au Chaudron Baveur et discuter avec les tas de gens fascinants qui passaient par l'institution qu'était ce pub. Ce jour-là, elle avait quelques ingrédients à acheter pour une infusion particulière qui ouvrait les sens et les aiguisait, un mélange qu'elle avait appris à faire en compagnie de centaures quelques années auparavant. Elle ne savait pas encore si elle la ferait boire à ses élèves un jour, par contre. C'était assez fort, et elle avait peur que ces petits êtres sensibles soient envahis de perceptions trop intenses et doivent tous finir à l'infirmerie.

Elle était donc tranquillement en train de se promener dans sa boutique préférée, admirant leurs nouvelles boules de cristal (qui, même si elles étaient un moyen de divination tout à fait surfait, étaient quand même de beaux objets d'art). Et puis, la clochette qui surplombait la porte d'entrée sonna. Une toute jeune fille rentra. Tout de suite, son aura parut étrange à Circe. Pas tout à fait humaine. Tiens, voilà qui était intéressant. Elle avait déjà eu cette sensation avec certains de ses élèves, qui étaient des hybrides. Ca l'intriguait. Elle ne connaissait que très peu de voyants hybrides, et encore moins d'aussi jeunes. Elle garda un oeil sur la petite fille, tout en continuant ses emplettes.

C'est comme ça qu'elle se rendit compte que la petite se mettait à voler. Oh. Circe n'allait pas la juger, elle ne la connaissait pas, mais elle eut un petit pincement au coeur. Soit elle était une vraie férue de divination, mais n'avait pas de quoi s'acheter du bon matériel, soit elle était tout simplement pauvre et volait les boutiques du Chemin de Traverse pour s'acheter à manger. Dans les deux cas, la pauvre petite avait désespérément besoin d'aide. Que Circe ne tarda pas à lui apporter. Alors que la jeune fille, pressée, s'apprêtait à sortir de la boutique, le gérant s'apprêtait à aller l'aborder, les sourcils froncés. Lui aussi avait remarqué son manège. Circe alla très vite le voir et sortit les deux gallions que coûtait le service à thé qu'avait emporté la voleuse, ce qui sembla le satisfaire. Puis, elle rattrapa la petite, lui mettant une main sur l'épaule d'un geste maternel. La brune parut effrayée. C'était évident qu'elle n'avait jamais fait de vol à l'étalage de sa vie, et elle était tout à fait embarrassée. Circe lui sourit, pour qu'elle se détende, et la poussa légèrement pour la faire avancer et sortir de la boutique. Elle jeta un dernier regard en arrière. Le gérant paraissait soulagé.

La prophète conduisit la petite jusqu'à un banc, puis lui fit signe de s'asseoir.

"Tout va bien mon petit ?" Demanda-t-elle, un peu inquiète. "Tu sais, tu n'as pas besoin de voler. Le gérant de la boutique a l'habitude des voyants qui ont des problèmes de sous, il t'aurait vendu ce que tu veux à crédit. A moins que tu n'aies vraiment pas d'argent ?" Elle remarqua alors son visage brun, mais si peu naturel. Hum. Du fond de teint. En plus de devoir voler, elle ressentait le besoin de se camoufler. Comme sa vie devait être compliquée ! "Tu n'as pas à t'en faire en tous cas. J'ai payé ce que tu as pris." Puis, il lui vint une idée. "Si tu avais tellement besoin de matériel de divination, tu auras peut-être besoin de conseils aussi. Je suis professeur de divination à Poudlard, si tu veux je peux t'aider à utiliser ce que tu as acheté."
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Eurydice O. Tailor
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18.12.14 17:38

Eurydice était terrifiée. Elle allait se faire gronder, c'était sûr. La dame allait appeler la police. On allait découvrir qu'elle était une demi-banshee, on allait se demander ce qu'elle faisait dehors alors qu'elle n'en avait pas le droit, on allait se rendre compte qu'Eurydice violait la loi, et elle allait finir en prison pour le reste de sa vie. Enfermée pour toujours dans une petite salle froide et humide, aux pierres nues et glissantes, sans lumière, sans ordinateur, sans correspondants, au pain sec et à l'eau, avec des rats et des cafards pour lui tenir compagnie. Elle ne voulait pas.

Elle ne savait pas quoi faire. Elle songea à s'enfuir, mais la dame était une sorcière, et elle allait sûrement la rattraper, ou lui jeter un sort, invoquer un bouledogue affamé qui la poursuivrait sans relâche, changer ses chaussures en pierre pour qu'elle se casse les pieds et tombe le nez contre le sol, ou carrément la stupéfixer en pleine course. Ca devait être très douloureux de se prendre un stupéfix. Eurydice ne donnait pas cher de sa vie. Elle ne pouvait rien faire d'autre que suivre la dame en espérant pouvoir quémander sa clémence.

La dame aux foulards la fit s'asseoir sur un banc.

En temps normal, elle n'aurait pas détesté ce moment. L'air était frais, mais il n'y avait pas de vent glacial pour leur gifler le visage, et le ciel était dégagé, sans les éternels nuages qui surpeuplaient les mois d'hiver. Il y avait un petit arbre qui se penchait au-dessus d'elles. Mais Eurydice était trop anxieuse et inquiète pour faire attention à ce qui l'entourait.

La dame tenta de la rassurer.

Eurydice la regarda avec des yeux ronds.

Mais euh, elle était une voleuse. Et une demi-banshee en plus ! Et cette dame ne faisait rien d'autre que lui donner une leçon, de façon gentille, en lui expliquant qu'elle n'avait pas besoin de voler, et qu'elle avait payé le gérant de la boutique de toutes façons. Eurydice n'arrivait même pas à se détendre, incrédule. Et puis de toutes façons la fin du discours de l'inconnue acheva de la mettre mal à l'aise. Cette dame, c'était Circé.

Il n'y avait pas de doute. Circé, c'était la professeure de divination à Poudlard, et la personne à qui elle correspondait était aussi professeure de divination à Poudlard. Eurydice s'était mise dans de beaux draps. Elle allait vraiment devoir échafauder d'improbables mensonges pour se sortir de là. Elle ne savait même pas par quoi commencer.

Eurydice voulut répondre à Circé. Et se sentit soudain très bête. Elle ouvrit la bouche. Pointa sa langue du doigt. Fit une croix avec ses mains devant son visage. Posa sa paume à plat et fit des zigouigouis avec son index dessus. Elle n'avait aucun, mais alors aucun moyen de communiquer avec cette dame. Elle ne pouvait pas écrire, elle n'avait pas de matériel pour ça. Elle ne pouvait pas non plus lui parler – Eurydice n'allait pas lui faire subir ça, quand même – et elle se retrouvait toute bête, incapable de faire quoi que ce soit.

Elle aurait bien aimé, pourtant. Eurydice avait une chance incroyable – elle n'allait pas finir en prison ! Et elle ne pouvait rien faire pour en profiter. Pourtant la jeune fille voulait vraiment arriver à se sortir de cette situation. Elle aurait aimé pouvoir parler à Circé sans se cacher, apprendre la divination avec elle et profiter de ses conseils, mais ce n'était pas possible : la professeure la connaissait déjà sous une autre identité. Et Eurydice n'allait pas non plus ajouter le mensonge à la liste de ses crimes connus.

Les deux femmes se regardèrent un instant, sans rien dire, puis Circé, qui avait compris, fouilla dans ses affaires et lui donna de quoi écrire. Rouge de honte (et cachée derrière son maquillage) Eurydice les accepta et se mit à écrire une réponse très brève, dans sa belle écriture aux lettres rondes qu'elle avait formée à force d'écrire des lettres.

Citation :
Je vais bien.
Je n'ai pas d'argent.
Je dois aider un ami.
Je veux en apprendre plus sur la maladie de sa sœur.
Je connais mal la divination, et j'espérais pouvoir l'apprendre pour obtenir des informations.


Elle hésita un moment avant de lui tendre la feuille, et puis rajouta une ligne, en se cachant du regard de sa correspondante.

Citation :
Je voudrais bien apprendre la divination.


Eurydice lui tendit le tout sans oser soutenir son regard. Elle avait honte d'elle-même. Elle avait honte de ce qu'elle avait fait, et elle avait honte de profiter ainsi de la gentillesse et de la confiance d'une dame, qui ne savait même pas que la petite fille qu'elle avait en face d'elle lui racontait mensonges sur mensonges depuis des mois déjà.

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Circe A. Solomon
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18.12.14 19:05

La petite avait l'air traumatisée. Morte de peur. La pauvre. Puis, au fur et à mesure que Circe parlait, sa peur se transforma en surprise. Elle ne devait pas avoir connu beaucoup de gens très gentils dans sa vie pour être si étonnée qu'on veuille l'aider. Circe trouvait que cette fillette était de plus en plus mystérieuse, et sa curiosité était piquée. Mais, surtout, elle voulait lui venir en aide, et elle semblait en avoir bien besoin. On ne volait pas des outils de divination au nez et à la barbe du vendeur si on avait le choix. Elle espérait juste qu'elle n'avait pas de trop gros problèmes et que ce dont elle avait besoin, Circe pourrait le lui donner. Ou lui dire où le trouver. En général, la véritable misère n'existait pas chez les sorciers, puisque la magie pouvait pallier à presque tout, donc elle ne s'en faisait pas vraiment pour la vie de la jeune fille. Mais elle semblait quand même désespérée. Son malêtre devait être mental plus que physique. Son aura ne semblait pas très équilibrée.

Mais la jeune fille fut bien en peine pour lui répondre. Apparemment, elle ne pouvait pas parler. Tiens. Encore une petite bizarrerie qui intriguait Circe. Mais elle ne voulait pas l'assaillir de questions plus qu'elle ne l'avait déjà fait. Elle sentait que c'était plutôt de réponses que la petite avait besoin. Si elle avait pu pourtant, elle lui aurait demandé pourquoi elle n'était pas à Poudlard, alors qu'elle semblait en avoir l'âge, pourquoi elle se maquillait autant, pourquoi elle ne pouvait pas parler, des tas de choses comme ça. Mais, surtout, ce qu'elle voulait savoir, c'était si elle était toujours aussi effrayée, ou si ce n'était qu'un état passager pour s'être fait prendre la main dans le sac.

Pendant que toutes ces pensées lui traversaient l'esprit, Circe avait tiré d'un sac en faux cuir assez élimé de quoi écrire pour la jeune fille. Ses réponses furent laconiques, mais elle semblait prendre beaucoup de soin à les écrire. Elle la lui tendit. L'écriture qui recouvrait la feuille lui donna un étrange sentiment de déjà-vu, que Circe n'ignora pas. En tant que voyante et prophète, elle avait appris depuis longtemps que ses premières impressions et ses instincts étaient ses plus proches amis. Mais, ne sachant trop quoi en faire, elle les rangea dans un coin de sa tête, se concentrant sur la réponse de la jeune fille. Elle n'avait pas d'argent, et elle voulait aider un ami, dont la soeur était malade, grâce à la divination. Et elle voulait apprendre la divination. Circe fronça un peu les sourcils, songeuse. Elle aurait beaucoup aimé aider la jeune fille, mais elle ne savait pas si la divination était la réponse qu'elle cherchait.

"Tu sais mon petit," commença-t-elle, "il est très difficile de savoir ce que tu vas trouver en pratiquant la divination. Ce n'est pas une science, loin de là, et elle n'est pas exacte. Le meilleur moyen de guérir une maladie est de faire appel aux médicomages."

Mais elle savait que si elle en était à essayer la divination, c'était sans doutes parce que justement, la médicomagie n'avait rien pu faire.

"Je ne veux pas te décourager. Il est possible que la divination t'apporte des réponses, même si elles sont incomplètes, et qu'il te faudra sans doutes beaucoup de temps pour y arriver. Mais l'apprentissage de la divination est un art. Il demande de la patience, beaucoup de patience. J'accepte néanmoins de t'accompagner dans ce cheminement, si c'est une voie que tu désires arpenter. Je peux même essayer moi-même de faire des prédictions sur la soeur de ton ami, si cela peut t'aider."

Circe caressa maternellement l'épaule de la jeune fille, espérant qu'elle ne serait pas trop déçue.

"Dis-moi, mon petit," ajouta-t-elle, "quel est ton nom ?"
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Eurydice O. Tailor
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22.12.14 11:20

Eurydice se mordit la lèvre en écoutant la réponse de Circé. En un sens, elle savait très bien que la Divination n'allait pas vraiment pouvoir l'aider à soigner la soeur de Maxwell - mais la demi-banshee avait besoin d'excuses pour sortir de chez elle et se mettre à étudier tout ce qui lui plaisait. Elle avait besoin de se dire qu'elle enfreignait toutes les règles qu'on lui avait imposées pour une bonne raison, pour quelque chose de noble, qui mérite qu'on y donne toute son attention et qu'on prenne des risques. Eurydice ne pouvait pas faire tout ce qu'elle faisait pour des raisons égoïstes. Ce serait vraiment mal. Elle baissa les yeux, gênée. Et puis les releva tout aussitôt, presque alarmée - Circé voulait savoir son prénom.

La jeune fille hésita. Qu'est-ce qu'elle allait lui répondre ? Elle ne pouvait pas dire Eurydice. Eurydice, c'était sa correspondante népalaise. Elle ne voulait pas en inventer un autre qu'elle allait forcément oublier. Et puis, si elle commençait à se donner de faux alias, elle allait forcément finir par les mélanger. Eurydice réfléchit à toute allure, et puis se pencha vers son parchemin pour y écrire dans ses lettres de forme ronde :

Citation :
Olivia


Voilà qui irait très bien. Son deuxième prénom, personne ne l'utilisait, et il ne lui semblerait pas aussi étrange que quelque chose de complètement inventé. Eurydice continuait à lui mentir comme une arracheuse de dents. Et elle allait sans vergogne accepter son aide pour apprendre la Divination.

Olivia a écrit:
Je veux bien apprendre la Divination
Je veux bien vous voir faire des prédictions sur la soeur de mon ami
Quelles informations vous faut-il ?

Eurydice était vraiment égoïste et manipulatrice. Elle se demandait ce que dirait Circé le jour où elle s'apercevrait de la supercherie. Elle avait honte de l'utiliser comme ça. D'abuser de sa gentillesse. Circé semblait ne se douter de rien. Eurydice allait tôt ou tard perdre une amie, et elle se convainquait qu'elle avait raison de prendre ce risque tant elle avait à y gagner, mais la vérité c'était juste qu'elle mourait d'envie d'apprendre la Divination - d'avoir un enseignement sorcier, d'en apprendre un peu plus sur la magie, d'être un peu plus normale, de découvrir du bout des doigts tout ce monde qui lui était défendu. Eurydice était en train de mentir à Circé en long et en large pour obtenir ce qu'elle voulait.

Olivia a écrit:
Merci beaucoup de me proposer votre aide

Et cachée sous son maquillage elle lui fit un grand sourire.

Petite hypocrite.

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Circe A. Solomon
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24.12.14 16:06

Cette petite avait un air très familier. Quelque chose dans son aura soufflait à Circe qu'elle la connaissait - mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. C'était légèrement agaçant. Mais elle pouvait aussi sentir que la petite voleuse (soit dit sans aucun sens péjoratif) n'était pas tout à fait à son aise et ne voulait pas en révéler plus qu'elle le faisait. Circe se demandait même si lui demander son prénom n'avait pas été de trop. Mais déjà, la petite écrivait, d'une main un peu hésitante. Olivia. Un joli prénom mais, sans qu'elle sache trop pourquoi, Circe le trouvait un peu en décalage, comme si la jeune fille essayait une chaussure un peu trop grande, ou, plutôt, une chaussure droite à son pied gauche. Circe fit bien attention à cette sensation fugitive. Elle avait appris à toujours accorder un intérêt tout particulier à ce qu'elle ressentait. Mais elle continuait de sourire à Olivia - puisqu'elle voulait être appelée ainsi. Elle était intriguée, mais savait quand il ne fallait pas se montrer trop curieuse. Après tout, elle ne connaissait pas l'histoire d'Olivia. Elle avait sûrement ses raisons.

Olivia lui dit qu'elle voulait apprendre la divination. Le sourire de Circe s'agrandit. Elle pouvait donc faire quelque chose pour cette charmante petite fille. Mais bien sûr, elle ne pouvait pas lui promettre de faire d'elle une grande voyante à temps pour aider la soeur de son ami. La divination était un art, bien trop aléatoire. Elle préféra préciser :

"Tu sais mon petit, l'apprentissage de la divination est long, ce n'est pas une route rectiligne, et on n'y trouve jamais ce qu'on cherchait au départ, même si l'on trouve toujours ce dont on avait vraiment besoin. Je ne veux pas que tu sois déçue si tu t'aventures sur cette voie avec un but précis, comme sauver la soeur de ton ami. Si c'est ça que tu veux, je peux essayer de faire des prédictions moi-même, ne t'en fais pas pour ça. Mais si apprendre la divination est vraiment ce que tu veux, je serai ravie de t'accompagner dans ton cheminement, tu peux en être certaine."

Circe s'aventura à poser sa main sur l'épaule d'Olivia en un geste de réconfort maternel. Elle espérait que la petite fille craintive ne prenne pas cela pour une agression de sa part. Elle avait cet air un peu effrayé, comme si elle avait peur de dire - enfin, d'écrire - la mauvaise chose à tout moment, comme si elle avait un lourd secret, ou plusieurs petits, qu'elle ne savait pas trop comment dissimuler. Circe, consciencieusement, ne faisait aucun effort pour démêler l'énigme qu'était Olivia. Elle ne posait aucune question sur son fond de teint étrange ou sur le fait qu'elle avait l'âge d'être à Poudlard, ou sur son nom qui ne lui allait pas tout à fait. Olivia n'avait pas besoin de ça, elle le sentait. Ce qu'elle devait faire, c'était lui donner un environnement agréable et chaleureux dans lequel elle pourrait révéler ses secrets - ou mieux les garder.

En tous cas, Olivia avait l'air un peu plus en confiance. Elle souriait, semblait se détendre un peu. Circe se mit donc à réfléchir au problème d'Olivia : la soeur de son ami.

"Hm… De quel genre d'informations aurais-tu besoin pour la soeur de ton ami ? Sais-tu déjà quelle maladie elle a, cherches-tu un remède auquel les médicomages n'auraient pas pensé ?"
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Eurydice O. Tailor
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26.12.14 9:57

Circé la regardait bizarrement. Ce n'était pas très étonnant : le déguisement d'Eurydice n'avait pas été fait pour autre chose que dévier l'attention des gens pendant qu'elle traversait à toute allure l'espace public. Elle ne pensait pas pouvoir tromper quelqu'un pendant longtemps, surtout comme ça, en discutant et en donnant à la professeur le loisir de l'observer en détail. Circé se rendait compte que quelque chose n'allait pas. Eurydice ne pouvait rien faire.

Mais la grande dame ne disait rien. Circé ne se montrait pas curieuse. Circé restait discrète et ne posait aucune question à Eurydice, qui de son côté continuait de sourire en tentant de sauver les apparences du mieux possible. La demi-banshee avait bâti toute sa vie sur des mensonges, elle n'en était pas fière, mais elle n'avait plus le choix maintenant, elle ne pouvait faire autrement que continuer. Même si Circé se montrait tellement gentille avec elle.

Circé démolissait consciencieusement les excuses de la demi-banshee avec l'intention louable de bien lui faire comprendre que la Divination ne pourrait pas l'aider à atteindre le but qu'elle affichait. Le mensonge de la petite fille ne tenait vraiment pas, et Eurydice se mordait les lèvres. Elle avait envie d'apprendre. Elle avait envie, mais elle n'en avait pas le droit, et elle n'avait pas de raison de passer outre. Ses excuses n'étaient pas valables.

Eurydice hésita. Eurydice hésitait depuis le début. Eurydice se balançait entre l'audace et la culpabilité, entre l'envie de se lancer quelles que soient les conséquences, et la honte de la transgression et du mal qu'elle faisait à celle qui se disait son amie sans même le savoir.

Circé posa la main sur son épaule, dans un geste maternel et réconfortant.

Les dernières insistances de la petite fille tombèrent, vaincues. Elle ne pouvait vraiment pas faire ça. Elle ne pouvait pas lui faire ça.

Tant pis.

Olivia a écrit:
Amnésie
Elle ne dit plus que des noms de légumes
Accident magique


Elle n'osait plus se montrer égoïste. Eurydice était venue aider la soeur de Maxwell, et c'était ce qu'elle allait faire. Rien de plus. Elle allait peut-être même rentrer dès que possible. Et rendre la théière et le service à thé.

C'était vraiment difficile de profiter de la gentillesse maternelle de Circé. Eurydice mourrait d'envie de lui soutirer tout son savoir, et de s'instruire et d'apprendre et de jouer à être une sorcière comme les autres. Mais ça faisait beaucoup trop de mensonges à la fois. La demi-banshee avait appris à faire taire ses objections de conscience quand elle mentait à ses correspondants. C'était simplement leur raconter une histoire, et tout le monde aimait les histoires, elle embellissait la vie. Elle avait aussi appris à se convaincre du bien-fondé de ses excursions, c'était pour Maxwell, enfin, la soeur de Maxwell qu'elle faisait tout ça. Même mentir à Circé, elle aurait pu. Mais Circé se montrait tellement gentille.

Eurydice sourit à nouveau à sa correspondante, en lui montrant ce qu'elle avait écrit. Elle avait été décidée à la tromper et à lui mentir quelques instants plus tôt. Elle n'en était plus aussi sûre maintenant.

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Circe A. Solomon
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31.12.14 12:46

Olivia avait toujours l’air un peu mal à l’aise, un peu distante, comme si elle n’osait pas vraiment se laisser aller. Peut-être n’arrivait-elle pas à faire confiance à Circe ? Ce ne serait pas très étonnant après tout. Elles venaient de se rencontrer, et on inculquait aux petits enfants dès leur plus jeune âge (et avec raison) de ne pas faire confiance aux inconnus. Etait-ce ce qui se passait ? Oui, bien sûr, ce devait être ça. Et Circe ne savait pas comment la rassurer. Elle retira sa main de l’épaule de la petite, de peur de la mettre mal à l’aise. Olivia souriait, mais son sourire ne paraissait pas très sincère. Le coeur de Circe se serra. Elle avait tellement envie d’aider cette petite fille, mais elle n’arrivait qu’à lui faire peur. Elle lut le parchemin que lui tendait Olivia. Elle faisait à peine des phrases à présent. Circe la regarda avec un air désolé.

« Je suis bien navrée si je te mets mal à l’aise, mon petit. Mais tu peux être certaine que je ne veux que ton bien. Tu peux partir quand tu veux, je ne te retiendrai pas et je ne te ferai aucun mal, tu peux en être sûre. Regarde, nous sommes dans un lieu public, il y a beaucoup de passants autour de nous, tu peux être rassurée. Mais si tu ne l’es pas, tu peux choisir de partir et je ne t’en voudrai pas du tout. »


Elle espérait vraiment avoir rassuré Olivia. Elle comprenait qu’elle ait peur, après tout, dans ce monde on ne faisait plus confiance à beaucoup de monde. Parfois c’était malheureusement à raison, mais parfois, cette atmosphère de méfiance ne faisait qu’empêcher des relations saines de se développer sans ambiguité. Circe ne s’était jamais méfiée de personne, en tous cas, pas à partir du moment où elle avait été en âge de penser par elle même. Elle avait peut-être eu de la chance, mais cette confiance qu’elle avait en les autres êtres humains ne lui avait jamais posé de problème. C’était sa philosophie : attend-toi au meilleur venant des autres, et tu leur donnera l’occasion de te montrer le meilleur de leur nature.

En attendant que la petite ne se décide à partir ou rester, Circe, elle, réfléchissait à la maladie de la soeur de son ami. C’était tragique. Perdre la mémoire, c’était perdre une partie de soi, perdre son histoire… Elle ne savait pas en quelle mesure la divination pourrait aider Olivia et ses amis. Elle n’avait pas besoin de voir dans le futur, ni même dans le passé, ce qu’il lui fallait, c’était en vérité la clé de la psyché de cette pauvre enfant. Pouvoir voir, dans son esprit, ce qui n’allait pas, la source du problème, pour que les médecins puissent y remédier. C’était très, très délicat, Circe n’avait jamais rien fait de tel et l’ampleur de la tâche l’impressionnait un peu. Elle ferait de son mieux, mais elle ne pouvait rien promettre.

« Je vois… Ce ne sera pas simple, tu sais, mon petit. Pour être honnête, je ne suis pas sûre de pouvoir aider ton amie. La divination peut permettre d’être sensible à la vie intérieure d’un être, mais c’est une de ses branches les moins connues et les moins travaillées. La divination n’a pas seulement trait au futur, mais plutôt à une quête de vérité, qui se présente en de multiples formes. Mais l’aide que je pourrai apporter aux médicomages ne sera peut-être que minime. » Elle la regardait dans les yeux. Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs. Circe eut un petit sourire pensif. « Mais je ferai mon possible. Ca je te le promets. »
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Eurydice O. Tailor
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01.01.15 21:52

C'était assez terrible d'écouter Circe tenter de la rassurer, pleine de bonnes intentions. Eurydice n'était pas mal à l'aise à cause de la prophète, non – elle était mal à l'aise envers Circe, et envers ce qu'elle avait fait. Non contente d'être une menteuse manipulatrice, Eurydice était devenue une voleuse. Une petite voleuse à l'étalage qui volait des tasses de thé. Elle n'en était pas très fière, elle regrettait un peu son geste, et elle savait qu'elle recommencerait de toutes façons. Eurydice avait un peu honte de continuer à parler à Circe et à demander son aide alors qu'elle aurait du rentrer sagement chez elle et y rester enfermée. C'était triste comme la demi-banshee ne se rendait compte de l'importance et de la raison des règles qu'une fois qu'elle les avait enfreintes.

Eurydice se recroquevillait un peu plus sous l'effet de la gentillesse de son amie. Son amie qui ne la reconnaissait même pas.

Circe lui expliquait qu'elle ne lui voulait aucun mal et qu'elle était libre de partir dès qu'elle en avait envie. Eurydice hochait simplement la tête en tentant de sourire. La demi-banshee se devait de partir, mais elle se disait qu'elle pouvait encore rester un peu, si c'était pour avoir les prédictions de Circe, prophète et devine et professeure de son état – Eurydice pouvait aider Maxwell et sa sœur en restant. C'était une bonne raison de rester.

Et Circe continuait de démolir les justifications d'Eurydice en lui expliquant que son projet n'avait que très peu de chance de marcher. Mais ce n'était pas grave. Il fallait essayer quand même. Il n'y avait rien à perdre après tout. Eurydice s'était déjà décidée. Elle se pencha à nouveau sur son bout de parchemin et se mit à écrire, en tassant ses phrases au bout du rouleau.

Olivia a écrit:
On peut toujours essayer
Que faut-il faire ?

Eurydice ne savait pas comment s'y prendre. Mais elle était prête à suivre toutes les recommandations de sa professeure, et à s'appliquer autant que possible. Ce serait probablement la seule et unique leçon de Divination de sa vie. Elle ne voulait pas en oublier une parole. Elle ne voulait pas en rater une seconde. Eurydice allait faire de son mieux. Maxwell n'y gagnerait peut-être rien, dans cet exercice. Circe allait probablement perdre son temps. Il n'y avait qu'elle qui allait en retirer quelque chose. Mais elle ne s'en rendait pas encore compte.

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Circe A. Solomon
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05.01.15 13:21

Apparemment, Circe avait mal lu l’embarras de la petite fille. Elle n’avait pas l’air inquiète de parler - enfin, d’écrire - ainsi à une totale inconnue. Cette réalisation rassura Circe, qui rendit à Eurydice son sourire, mais cela signifiait qu’elle avait une autre raison d’être mal à l’aise. Car il était certain qu’elle ne savait pas où se mettre. Elle évitait le regard de la prophète, remuait un peu sur le banc, avait la main qui tremblait un peu quand elle écrivait. Ce mystère intriguait Circe, mais elle ne presserait pas la pauvre petite fille. Si elle ne voulait pas lui révéler son secret, elle n’allait pas l’y forcer.

Olivia lui tendit un nouveau message. Elle voulait essayer, ça au moins c’était clair. Malgré toutes ses bonnes raisons, ses justifications, Circe sentait une véritable envie de connaître l’art de la divination pour lui-même. Elle sentait que la petite se donnait des excuses, mais qu’avant tout elle voulait apprendre. Circe prit donc les choses en main.

« Donne-moi le service à thé que tu as acheté. »
Lui demanda-t-elle. Lorsqu’elle s’exécuta, Circe sortit sa baguette et, d’un aguamenti, remplit la théière, sorti une boîte de thé de son sac, en mit un peu dans l’eau, puis fit chauffer le tout d’un autre sortilège. C’était étrange. Cette théière était sa favorite, elle avait acheté un modèle tout à fait similaire pour son propre usage, c’était fait par un artisan qui avait des liens très étroits avec la boutique qu’elles venaient de quitter. Ce n’était pas le modèle le plus luxueux, mais ce n’était pas non plus un bas de gamme. Elle l’appréciait particulièrement car elle s’était rendue compte, après une discussion avec une petite première année de Serdaigle (comme quoi, on en apprenait tous les jours) qu’une théière de taille moyenne, assez haute et étroite, était particulièrement pratique pour diffuser le thé dans l’eau, et permettait au breuvage de ne pas trop refroidir avant d’être infusé, ce qui influait sur la malléabilité des feuilles de thé.

Maintenant qu’elle y pensait, elle avait conseillé ce service à thé en particulier à un de ses correspondants. Une jeune femme népalaise du nom d’Eurydice. Eurydice. Elle jeta un regard à la jeune fille qui lui faisait face. Eurydice. C’était étonnant comme ce prénom semblait lui aller comme un gant. Elle leva un sourcil, l’air étonné, et eut un regard pour le dernier message que la petite lui avait transmis. Une écriture ronde, juvénile, qui lui avait rappelé quelque chose dès l’instant où elle l’avait vue. Elle leva l’autre sourcil. Olivia était Eurydice. C’était certain à présent. Elle ne savait pas pourquoi la jeune fille lui avait fait croire qu’elle était une voyante népalaise dans ses lettres, ni pourquoi elle avait prétendu s’appeler Olivia à présent, mais cette pauvre enfant était visiblement très perdue. Circe garda ses trouvailles pour elle encore un moment. Le thé était prêt.

Elle se saisit d’une tasse et la remplit d’un geste expert. Il fallait qu’elle refroidisse un peu avant qu’on puisse faire quoi que ce soit avec.

« Tu es une bien bonne enfant de vouloir aider ainsi ton ami et sa soeur. Ca demande beaucoup de courage de faire tout ce que tu as fait, tu sais, mon petit. Je vois bien que tu ne te sens pas à ta place ici. » Circe plongea son regard dans celui d’Eurydice. « Mais je ne veux que ton bien. Que tu sois Olivia ou Eurydice. Je serai ravie de t’aider dans ton cheminement, de t’apprendre tout ce que tu veux savoir. Tu es une petite fille pleine d’avenir, tu sais. Je ne te demande rien, tes secrets sont à toi et je ne t’en priverai pas. Sache seulement que tu peux compter sur moi comme sur une amie. »

Elle prit la tasse encore fumante et la tendit à Eurydice.

« Maintenant, si le coeur t’en dit, bois. Puis nous commencerons ta première leçon de divination. » Elle lui sourit avec chaleur.
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Eurydice O. Tailor
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05.01.15 18:55

Eurydice commençait à se demander si faire de la Divination avec Circe avait vraiment été une bonne idée. Circe regardait d'un air très sérieux la théière et le service à thé que la jeune fille lui avait tendus, comme si elle les reconnaissait, ou qu'ils lui semblaient familiers – et c'était normal, c'était Circe elle-même qui les lui avait conseillés, parce qu'ils étaient ses préférés, basés sur des années de pratique de la Divination. Eurydice se demandait combien de maladresses elle avait commises rien qu'en une après-midi. Eurydice jouait à un jeu dangereux. Elle aurait vraiment dû partir, en fait, et rester sagement chez elle à suivre les cours de Circe par hiboux interposés. Eurydice était trop impatiente.

Mais ce qui était fait était fait. La jeune fille regarda sagement la professeur préparer le thé, en utilisant une quantité de sorts qu'elle ne pourrait jamais reproduire – Eurydice n'avait pas même de baguette. La jeune hybride fronça les sourcils. Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, après tout. La sorcellerie, c'était pour les gens qui pouvaient lancer des sorts, et elle aurait dû le savoir, elle le savait, en fait, elle aurait dû y penser. Qu'est-ce qu'elle était bête. Tout ça pour rien. Eurydice se concentrait, immobile, tentant tout de même d'en tirer quelque chose.

La préparation du thé se révélait être extrêmement basique. Eurydice fut même un peu déçue. Il n'y avait pas de rituel compliqué ni rien, il fallait juste savoir faire du thé. Circe versa une tasse à sa correspondante qui se disait qu'elle avait vraiment pris des risques pour rien.

Et Circe l'appela Eurydice.

Eurydice se figea, les yeux grands ouverts.

Circe partait dans une grande tirade sur le courage qu'avait Eurydice et sur l'aide qu'elle serait prête à lui apporter, et Eurydice continuait de la regarder avec des yeux ronds. La demi-banshee ne pensait qu'à une chose, c'est qu'on avait vu à travers son déguisement. Elle paniquait presque. Elle se sentait étouffée par la honte de ce qu'elle avait fait envers sa correspondante, ingrate et ne méritant pas l'amitié que Circe lui offrait tout de même, et, encore plus égoïstement, elle avait peur que d'autres personnes ne l'aient reconnue dans la rue.

Etait-elle en train de se piéger toute seule, inconsciente des dangers ? Elle avait peur de se faire embarquer par la milice magique. Qu'on l'envoie à Azkaban. Eurydice ne faisait que du mal, même en marchant simplement dans la rue, même en rencontrant simplement Circe, à qui elle avait menti, et qui l'avait compris, et qui malgré la douleur qu'Eurydice avait du lui causer souhaitait tout de même conserver leur amitié. C'était trop.

Eurydice sentit des larmes naître dans ses yeux. Elle se mordit la lèvre et se retint.

Eurydice n'accepta pas la tasse.

Eurydice a écrit:
je suis vraiment désolée

C'était griffonné hâtivement, à la va-vite, d'une écriture beaucoup moins belle que les précédentes. Eurydice montra son message, fébrile, à sa correspondante, puis après un moment à tenir le papier de ses mains tremblotantes, elle le reprit et rajouta des lignes.

Eurydice a écrit:
c'est si facile à voir ?
mon déguisement ne va pas

Et elle le montra de nouveau à Circe, figée, tremblant presque. Eurydice avait l'air d'un lapin prêt à détaler face à un prédateur. Elle ne savait pas comment réagir, et la fuite semblait être une très bonne solution, mais elle avait encore trop honte envers sa correspondante pour se montrer aussi égoïste. Circe méritait vraiment des excuses. Pour tout.

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Circe A. Solomon
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15.01.15 15:03

La pauvre Eurydice avait l'air toute confuse. Elle ne savait plus où se mettre. Pourtant, Circe lui avait bien dit que tout cela n'avait aucune importance, qu'elle chérissait leur amitié malgré tout. La pauvre petite. Comme elle devait être seule. Elle lui griffona un petit mot d'excuse à la va-vite, et Circe mit de nouveau sa main sur l'épaule de la petite fille pour la rassurer. Elle allait lui expliquer de nouveau que toutes ses inquiétudes n'avaient pas lieu d'être, mais l'enfant écrivait de nouveau. Elle ne voulait pas l'interrompre - la fillette ne sachant pas parler, ce serait aussi malpoli que de lui couper la parole.

Elle lui parlait maintenant d'un déguisement. Fronçant les sourcils, Circe, honnêtement surprise, la parcourut du regard. Certes, elle portait énormément de fond de teint, c'était évident. Mais en quoi cela aurait-il pu la mettre sur la piste de sa véritable identité ? Elle était aussi très couverte, jusqu'au bout des doigts. Maintenant qu'elle y pensait, peut-être qu'elle avait autre chose à cacher que son nom ? Après tout, il y avait bien cette sorte de ... mélange dans son aura.

"Je ne vois pas de quoi tu parles mon petit," avoua-t-elle, "je sais que tu es Eurydice à cause du service à thé et de ton écriture, et peut-être aussi un peu grâce à mes pouvoirs de prophète. La raison pour laquelle tu m'as dissimulé ton identité m'est inconnue, même si - cela a peut-être un rapport - je sens dans ton aura que tu es une hybride." La vérité la frappa soudain. "Et tu ne veux pas parler - aurais-tu des ascendances banshee ? Ma foi, ce serait fascinant ! Je n'avais jamais rencontré de personne comme toi avant, je suis très curieuse." Elle lui offrit son sourire le plus chaleureux. "Mais bien sûr, ce n'est pas ton hybridation qui fait de toi quelqu'un d'exceptionnel. Tes lettres font preuve d'une imagination sans bornes et d'un culot magistral. Allons mon petit. Accorde-moi le plaisir de faire ta connaissance - pour de vrai cette fois." Et elle lui tendit de nouveau la tasse fumante.
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Eurydice O. Tailor
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17.01.15 10:35

Circe avait fini par deviner. Eurydice ne trompait personne, et surtout pas une professeure prophète devin qui avait voyagé à travers le monde. Son déguisement ne pouvait faire l'affaire que pendant quelques minutes, si les gens ne là regardaient pas de trop près. Ensuite tout le monde commençait à réunir les indices et le masque tombait.

Eurydice avait regardé, immobile et pâle sous sa couche de maquillage, sa correspondante démonter petit à petit tous les artifices qu'elle avait mis en place. Eurydice n'avait pas eu de chance. Il avait fallu que ce soit Circe qu'elle rencontre, la même personne qui lui avait conseillé le service à thé qu'elle venait de voler. Le service à thé, l'écriture identique à celle de ses lettres, son aura magique d'hybride qu'elle ne pouvait pas maquiller (Eurydice l'imaginait verte, verte et dégoûtante) et son mutisme avait suffi à Circe pour découvrir la vérité.

Mais Circe lui souriait. Ca ne la dérangeait pas de parler à une banshee. Elle voulait quand même la connaître, et Eurydice se disait un peu qu'elle avait eu de la chance, encore une fois, d'avoir pu prendre contact avec elle avant, parce que maintenant Circe voulait bien lui parler malgré ça. La devin lui tendit une tasse de thé à nouveau.

Eurydice l'accepta.

Le thé était encore trop chaud, et il lui réchauffait agréablement les mains – mais elle ne pouvait pas le boire tout de suite. Calant délicatement la tasse sur ses genoux, Eurydice reprit le parchemin, et se remit à écrire, en le retournant pour avoir plus de place.

Eurydice a écrit:
Je m'appelle Eurydice Olivia Tailor

Je suis demi-banshee oui, et je n'ai pas le droit de sortir dehors, je suis dangereuse

Je le fais quand même pour aider mon ami Maxwell et sa sœur

Je vous ai inventé des histoires dans mes lettres parce qu'il n'y a rien à dire dans ma vie
J'aime bien avoir des correspondants et des gens à qui parler


Elle prenait le temps de faire des phrases plus longues maintenant. Eurydice tendit le parchemin à Circe avec un air un peu timide, mais moins effrayé qu'avant. C'était différent de raconter des mensonges à son interlocutrice et de lui parler vraiment d'elle. Mais ce n'était pas désagréable, au contraire. C'était un peu ce qu'elle avait eu envie de faire depuis le début.

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Circe A. Solomon
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17.01.15 15:52

Eurydice avait accepté la tasse de thé. Circe était sensible à tous ces petits signes qui montraient le malaise ou au contraire la tranquillité des gens, et dans ce geste, elle lisait une forme d’acquiescement. Eurydice avait décidé, plus ou moins consciemment, d’accepter l’amitié que lui offrait Circe. Ou en tous cas, elle ne partait pas. Peut-être même qu’au fond, dans cette acceptation de la tasse, il y avait une acceptation d’Eurydice elle-même. Que ce soit la gentillesse de la prophète ou l’envie d’apprendre qui la motivait, ou bien les deux, Circe n’était pas certaine, mais ce n’était pas important. Elle avait le droit de passer plus de temps avec cette charmante fillette. Son sourire s’agrandit. La petite fille posa la tasse sur ses genoux dans un équilibre qui semblait un peu précaire à Circe, mais ça ne la dérangeait pas outre mesure. Même si la tasse tombait, elles en avaient d’autres, après tout.

Eurydice passa un peu plus de temps à écrire cette fois-ci. Elle s’appliquait. Elle faisait de longues phrases. Circe accepta le parchemin avec douceur quand la fillette le lui tendit. C’était un peu délié, comme façon de parler, un peu comme si l’esprit de la fillette vagabondait d’une idée à l’autre, au rythme où elle se souvenait des questions de Circe.

« Tu es dangereuse à cause de ta voix, c’est ça ? » Demanda la prophète. Oui, voilà un problème. Mais tant qu’Eurydice ne parlait pas, tout allait bien, n’est-ce pas ? Et puis, elle n’était pas une pure banshee. « Tu sais, il n’y a pas beaucoup de risques, en tous cas je pense. Tu n’es qu’en partie banshee, après tout. Et puis tant que tu ne parles pas tout va bien. Tout le monde est potentiellement dangereux tu sais. Nous avons des baguettes magiques, il suffit d’un sort mal lancé et on peut transformer quelqu’un en bouc jusqu’à la fin de sa vie, mais ce genre d’accidents arrive très peu. En tous cas, je n’ai pas peur de toi. Tes parents ne t’autorisent vraiment pas à sortir ? Du tout ? » Elle fronça les sourcils. Elle n’aimait pas émettre de jugements hâtifs, mais tout ça ne lui semblait pas être un environnement propre à développer les talents et l’âme de la fillette.

Elle continua sa lecture du mot d’Eurydice, et sourit de nouveau en voyant qu’elle sortait pour aider son ami. Elle était contente qu’elle se soit trouvé une raison de trouver le courage de le faire. Mais elle semblait toujours s’en vouloir beaucoup. Il faudrait remédier à cela.

« Dans tous les cas, il ne faut pas t’empêcher de vivre. De faire ce que toi tu veux. Si ça te rassure, les jours où tu veux sortir (le week-end en tous cas) je peux venir te voir le matin et te donner un sortilège de mutisme, qui devrait fonctionner quelques heures, au cas où. Ca t’irait comme ça ? Et ne dis pas qu’il n’y a rien à dire de ta vie. Tu n’es pas obligée de faire physiquement des tas de choses pour être intéressante. Tu as des tas de correspondants, tu es en contact avec tellement de gens et d’univers qui sont totalement inconnus à la plupart des élèves de Poudlard qui ont ton âge ! Tu dois connaître des tas de choses dont eux n’ont jamais entendu parler, tout comme toi tu ne connais pas ce qu’eux apprennent là où ils sont. Et même sans ça, tout l’univers de pensée et de sentiments qui t’habitent te rendent unique et incroyablement intéressante. »

Circe se servit une tasse de thé elle aussi, le temps de laisser Eurydice réfléchir à ce qu’elle venait de dire. Puis, voyant que le thé refroidissait, elle décida de commencer cette fameuse leçon de divination.

« D’abord, » dit-elle, « il faut remuer le thé, comme une potion. » Circe, sachant qu’Eurydice, n’allant pas à Poudlard, n’avait sûrement pas de baguette, sortit deux petites cuillères en argent de son sac. Il y avait à peu près toutes ses possessions dans ce sac magique, qui était plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. « Le mieux, c’est quand c’est la personne dont on veut lire l’avenir qui boit la tasse. Dans ce cas, tu dois tourner ta cuillère dans le sens des aiguilles d’une montre, une fois par lettre de ton prénom. Sinon, tu tournes dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, une fois par lettre du prénom de celui ou celle dont tu veux lire l’avenir, puis tu dois garder sans cesse à l’esprit, en buvant, le visage de cette personne. » Circe, quant à elle, but sa tasse pour une prédiction sur elle-même. Comme ça, elle pourrait commencer par demander à Eurydice de prédire des choses sur elle, qui seraient facilement vérifiables. Même si bien sûr, dans l'exercice de la divination, avoir un résultat n'était pas, en tous cas au début de l'apprentissage, forcément obligatoire pour progresser.
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Eurydice O. Tailor
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04.02.15 14:56

Eurydice écoutait Circe en se réchauffant les mains avec sa tasse de thé. Elle ne méritait pas toutes les gentillesses de son amie – son amie qui voulait toujours l'être, même après avoir compris qu'Eurydice lui avait menti du début à la fin. Circe lui offrait gratuitement tout plein de choses que la petite hybride ne méritait pas. Et Eurydice l'écoutait gentiment, soudainement timide alors qu'elle avait plutôt l'habitude d'être audacieuse. Elle n'avait pas envie de risquer de perdre cette amitié une seconde fois. Eurydice allait faire de son mieux pour se racheter.

Circe lui expliquait que tout le monde était potentiellement dangereux comme elle – ce qu'elle ne voulait pas croire, on ne faisait pas exprès de lancer un sort rien qu'en trébuchant dans la rue comme elle, elle pouvait laisser échapper un cri de surprise. Mais Eurydice ne laissa rien paraître. Circe lui demanda si ses parents la laissaient sortir, et au non de la demi-banshee elle fronça les sourcils, comme embêtée. Eurydice se mordit la lèvre. Elle espérait ne pas avoir trop dit de bêtises, et manifestement Circe n'aimait pas sa réponse – mais elle ne voulait plus mentir à son amie, elle n'allait pas revenir sur sa décision au bout d'à peine cinq minutes. Eurydice allait s'y tenir. Eurydice regardait Circe d'un air un peu anxieux.

Circe semblait ne pas lui en vouloir, en fait. Elle lui proposait une solution pour l'aider à sortir. Un peu soulagée, la jeune fille hochait la tête en approbation à la proposition de son aînée. Elle voulait bien recevoir un sortilège de mutisme. Circe allait sûrement beaucoup s'embêter à venir la voir les week-end juste pour ça, mais Eurydice avait besoin d'aide, et elle savait qu'elle ne pouvait pas vraiment lui dire non. Elle allait avoir beaucoup à faire pour mériter toute la gentillesse que Circe lui donnait. Eurydice ne savait pas trop comment s'y prendre. Peut-être qu'un cadeau lui plairait ? Mais Circe avait déjà tout ce qu'il lui fallait.

Ce n'était pas facile. Malgré tout ce que son aînée lui disait, Eurydice savait bien qu'elle n'était rien d'autre qu'une jeune fille qui avait passée presque toute sa vie enfermée en haut de son immeuble. Et un danger public. Elle ne comprenait pas trop comment Circe pouvait la penser intéressante. Les seules choses intéressantes qu'elle pouvait offrir, c'était les histoires des autres.

Et puis, après un silence, Circe commença la leçon de Divination.

Eurydice suivait du mieux qu'elle pouvait. Elle n'avait jamais vraiment pu suivre de cours, et ne pouvait se raccrocher qu'aux enseignements que sa grande-tante lui avait donnés quand elle était petite. Ce qui ne lui servait pas à grand chose, parce qu'au lieu de recopier des cours, elle allait devoir mélanger son thé avec sa petite cuillère. Bon. Eurydice attrapa de l'une de ses mains gantées la cuillère que Circe lui tendait, s'appliquant à bien tourner la tasse autant de fois qu'il le fallait, une fois par lettre dans le prénom de Maxwell – sept fois en tout, avant de boire la tasse en se concentrant sur le visage de son ami.

Ce n'était qu'une fois la tasse finie seulement qu'Eurydice se rendit compte de son erreur. Elle était censée aider la sœur de Maxwell. Elle n'était pas censée penser à lui.

Heureusement que le maquillage cachait le rouge de sa gêne. Prenant son courage à deux mains Eurydice releva ses yeux vers Circe, attendant, anxieuse, la suite du cours.

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Sous le manteau - Circé Abigaïl Solomon

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