Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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Look at the world, so close - Eurydice Olivia Tailor

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Eurydice O. Tailor
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Age : 28



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08.12.14 23:40


Eurydice Olivia Tailor
Look at the world so close
And I'm halfway to it



Âge ϟ 16 ans.
Nationalité ϟ Anglaise.
Emploi ϟ Aucun.
Ancienne maison & école ϟ Eurydice n'a pas pu aller à Poudlard.
Lieu de vie ϟ Eurydice a vécu toute sa vie enfermée dans un petit appartement moldu, à l'écart du monde sorcier. De tout le monde en fait.
Date de naissance ϟ Eurydice est née un trois septembre.
Hybridation ϟ Spectre de la mort.
Particularités liées à l'hybridation ϟ La voix d'Eurydice, prononcée clairement, peut assommer les personnes qui l'entendent. Sa peau est aussi d'une jolie teinte vert clair.  
Groupe ϟ SAUMON

Son avis sur la situation du Londres magique ϟ Eurydice ne suit pas vraiment ce qui se passe dans le monde politique. La politique, c'est pour les gens qui vivent en société. Si elle votait, elle voterait pour Candidus, parce que c'est lui qui est au pouvoir, et qu'elle a envie de pouvoir dire à Maxwell que la magie existe et que peut-être elle peut soigner sa soeur. Et plus égoïstement, parfois, Eurydice a envie de pouvoir parler d'elle-même à ses correspondants.








Caractère
She said I want something that I want
Something that I tell myself I need


Eurydice est une horrible personne.

Tout d'abord, elle est exigeante : elle n'est jamais contente de ce qu'elle a, et elle a demandé plusieurs fois des faveurs à sa grande-tante Adélaïde. Eurydice a tout ce qu'il lui faut pourtant, elle vit dans un appartement avec son aïeule, elle a une chambre à elle avec tout le confort qu'il lui faut, une lucarne pour observer le monde en-dehors et elle a droit depuis toute petite à tous les livres qu'elle désire. Mais non, mademoiselle n'en est pas satisfaite, et il lui faut plus, il lui faut des lettres et des correspondants, un ordinateur et une connexion internet, des gens à qui parler, des amis, alors qu'elle aurait du rester tranquillement chez elle à ne voir personne. Parce qu'Eurydice n'a pas le droit de sortir.

Elle est dangereuse, en fait. Eurydice est une demi-banshee, et ça veut dire qu'un mot de sa bouche suffit à assommer quiconque peut l'entendre. Si elle se mettait à crier, elle pourrait sûrement tuer quelqu'un – elle ne sait pas, en fait, elle n'a jamais essayé, mais elle est convaincue d'avoir tué un de ses parents à la naissance en pleurant comme le font tous les bébés. Eurydice comprends tout à fait pourquoi elle doit rester dans cet appartement, avec sa grande-tante sourde. C'est mieux pour tout le monde. Mais elle est sortie quand même – au final, toutes ses belles paroles, et les exigences qu'elle s'autorisait en se promettant de rester sage, tout ça s'est envolé comme de la fumée face au vent dès la première occasion de désobéir. Eurydice se dit qu'elle l'a fait pour des raisons nobles – elle sort pour tenter de trouver un remède pour soigner quelqu'un – mais elle a menti à sa grande-tante, et elle se ment à elle-même aussi. Ses raisons ne sont pas nobles. Elle crevait juste d'envie d'aller dehors. En plus d'être désobéissante et inconsciente, Eurydice est une grosse menteuse.

Eurydice ment à tous ses amis. Elle n'en a jamais vu un seul en vrai, en face à face, elle les connaît tous par lettre ou par chat. Mais eux ne la connaissent pas : elle leur ment sur sa vie, en long et en large, sur son nom et son âge, parce que personne ne voudrait être ami avec une fille comme elle. Elle s'invente des histoires, s'imagine des identités au gré de son humeur, et accumule ensuite petit et gros mensonges pour rester crédible ; elle est là pour eux, pourtant, quand ils ont besoin d'aide ou de quelqu'un à qui parler. Eurydice aime aider les autres. Et Eurydice se dit qu'elle sort dehors pour aider Maxwell et sa sœur Abigail, mais elle ne le rencontrera probablement jamais, et ce qu'elle fait ne sert à rien parce que même si elle trouvait un remède magique pour soigner Abigail, elle n'aurait pas le droit de lui en parler. Maxwell est moldu. Les moldus n'ont pas le droit de connaître l'existence des sorciers. Eurydice sort dehors quand même.

Eurydice fait tout ce qu'elle peut pour rendre sa présence moins fatigante, quand même. Elle est serviable et volontaire. Elle sait faire la cuisine et la vaisselle, elle sait faire le ménage et tenir la maison, et elle aide volontiers sa grande-tante, qui s'épuise très vite en raison de son âge. Eurydice fait de son mieux pour être sage, et ne fait pas de bruit. Eurydice ne parle presque jamais. Sa voix est maudite de toutes façons, et quand on l'entend, on dirait le croassement d'un crapaud, parce qu'elle a rouillé à force de ne pas être utilisée. Mais ça lui va. De toutes façons elle est verte comme un crapaud. Eurydice est vraiment très laide. Ce n'est pas très grave, personne ne la voit.

Elle passe la majeure partie de sa vie à rêver. Elle fait du jeu de rôle, et rêve d'être les personnages qu'elle crée, avec leur vie trépidante ou au contraire tout à fait normale. Elle écrit des lettres à des correspondants du monde entier, et rêve en lisant leur vie et leurs histoires dans leurs pays exotiques, qu'ils soient en Inde ou à trente minute de train. Eurydice aimerait être quelqu'un d'autre. Eurydice aimerait être autre chose qu'une sorte de demi-monstre qui peut tuer des gens et qui ment et trompe tout le monde. Eurydice aimerait être normale. Eurydice aurait dû en rester là, en fait. Ce n'est pas le genre de rêve qu'elle devrait suivre, mais elle le fait quand même, et tant pis si elle se sent coupable après. Eurydice est très égoïste. Eurydice n'est pas vraiment quelqu'un de fréquentable. Eurydice ne s'aime pas beaucoup.





Histoire
Heal what has been hurt
Change the fates' design


L'univers d'Eurydice s'arrêtait aux murs de sa maison. Elle avait l'impression d'avoir toujours vécu ici, dans le petit appartement de sa grande-tante Adélaïde, sombre et mal aéré, à l'odeur de vieux et de renfermé, encombré de vieux meubles en bois massif et d'animaux empaillés. Il n'y avait que sa chambre qui recevait un peu plus de lumière du monde extérieur que le reste de la maison : sa chambre, un minuscule espace aménagé sous les toits de l'immeuble, avait une petite lucarne qui laissait voir la lune et le soleil, et, à midi, Eurydice aimait bien monter sur son lit, y passer sa tête au-travers, et contempler le monde qui s'agitait en-dessous de chez elle, les rues et les passants, et le bruit de la ville qui, même assourdi par la distance, arrivait quand même à remplir le silence de sa chambre à coucher. Eurydice aimait beaucoup regarder le monde extérieur. Mais elle ne sortait jamais, oh non. Elle savait bien qu'elle n'en avait pas le droit.

Eurydice était dangereuse. Tout le monde le savait : c'était écrit en gros sur son visage. Ou plus exactement, l'immanquable couleur vert pâle de sa peau annonçait à tous ceux qui la voyaient qu'elle était une demi-banshee, et qu'elle pouvait faire du mal à n'importe qui. Un seul son de sa voix, et ceux qui l'entendaient finissaient évanouis. Un son plus fort encore, un cri, et peut-être même qu'ils pouvaient en mourir – elle ne savait pas, en fait, elle n'avait jamais essayé. Mais elle était persuadée d'avoir tué un de ses parents à la naissance (le parent non banshee) et que c'était pour ça qu'on l'avait abandonnée ici juste après, avec sa grande-tante sourde qui devait s'occuper d'elle. Il y avait des gens qui venaient leur rendre visite, parfois, habillés en sorciers ou en moldus, toujours distingués dans leurs costumes, toujours pressés de partir. Elle les observait discuter avec sa grande-tante cachée derrière l'encadrement d'une porte, ils la regardaient parfois, aussi, ils ne lui disaient jamais rien, et elle non plus ne prononçait pas un mot. Eurydice était sage. Adélaïde lui expliquait que c'était leur famille qui venait les voir, et qui les aidaient en leur donnant de l'argent parce qu'il fallait bien prendre soin de sa famille. Eurydice comprenait.

Eurydice comprenait aussi qu'elle devait être la moins fatigante possible pour sa grande-tante : Adélaïde n'était plus très jeune et elle s'épuisait vite. Alors la petite demi-banshee avait appris à faire autant de choses que possible, la cuisine, la vaisselle, le ménage et la couture, pour soulager son aînée, qui elle était bien heureuse de pouvoir passer du temps avec sa petite-nièce. Adélaïde lui apprit à compter et à lire, et lui enseigna ce qu'elle savait du monde sorcier et du monde moldu. On ne vivait pas si mal dans ce petit appartement. Même si elle faisait de son mieux pour s'effacer, Eurydice n'était pas négligée, et elle avait des peluches et des jouets dans sa chambre, et tout ce qu'il fallait à une petite fille dangereuse comme elle. Elle ne se plaignait jamais. C'était vraiment beaucoup pour elle. Et elle avait même droit à des livres.

Les livres étaient à eux seuls tout autant de petites lucarnes sur le monde extérieur. Eurydice avait plein de livres différents, des livres de géographie sur les animaux d'Afrique, des livres d'histoire sur l'Angleterre et les peuples d'Europe, et même des livres qui, insatisfaits du monde réel, inventaient des histoires, en les plaçant parfois dans des lieux qui existaient vraiment, ou en créant depuis le début leur propre monde. Tout cela la fascinait. Tout cela la faisait rêver, et lui permettait de voyager, et de s'imaginer voyageuse, exploratrice, aventurière à la recherche de nouveaux horizons. Elle aurait tant aimé pouvoir sortir, même pour aller juste au bout de la rue ! Mais elle était sage, et elle avait ses livres, qu'elle dévorait les uns après les autres. Sa grande-tante l'avait bien vu, et lui en ramenait régulièrement de nouveaux de la bibliothèque. Et Eurydice finissait son livre, le fermait, et puis ouvrait sa petite lucarne avant de passer sa tête au travers, et de regarder, rêveuse, Londres vivre à ses pieds. Elle aimait beaucoup le bruit de la rue, aussi. Elle qui était muette et Adélaïde qui était sourde n'avaient que faire du bruit, et vivaient dans le silence. Il y avait bien les petits bruits de la vie chez eux, l'eau qui bout sur le feu, la porte qui craque quand on l'ouvre, mais ce n'était pas la même chose que les sons qu'elle entendait en ouvrant sa fenêtre. Eurydice ne s'aimait pas beaucoup. Elle comprenait bien pourquoi, mais … mais quand même, elle aurait aimé sortir, et si elle n'avait pas eu cette horrible couleur verte, et surtout cette voix, elle aurait pu être normale, et dehors. Et avant de s'apitoyer sur son sort, la petite fille refermait la lucarne et sortait de sa chambre, pour voir si elle ne pouvait pas aider sa grande-tante à s'occuper de la maison. Elle voulait être sage et ne faire de mal à personne.

Eurydice grandit sans histoire. Elle sortait peu à peu de l'enfance, tout en restant un peu rachitique, frêle, et emmitouflée dans des pulls en laine trop larges hérités de son aïeule. Le vent l'aurait balayée, s'il y avait eu du vent dans sa vie. Eurydice s'était comme doucement assoupie au cours des années. Elle était sage. Elle était silencieuse. Elle ne faisait pas de remous. Elle ne prenait pas de place. Elle était devenue une adolescente rêveuse et sans but, qui semblait passer chaque jour de son existence à attendre le suivant. Eurydice se laissait un peu aller. Et sa grande-tante l'avait bien compris, et faisait de son mieux pour la sortir de son vague-à-l'âme, tout en ne laissant rien paraître de son trouble, car à la moindre inquiétude ou à la moindre fatigue de la part de sa grande-tante Eurydice se fermait. Adélaïde essaya un peu tout. Elle lui offrit de nouveaux livres. Elle lui offrit de jolis vêtements, ceux qu'elle imaginait plaire à une adolescente de son âge. Elle lui offrit un cochon d'inde. Elle lui offrit de quoi écrire, elle lui offrit tout et n'importe quoi, mais rien n'y faisait. Eurydice restait toujours mélancolique et désœuvrée.

Finalement les deux femmes parlèrent. Ou plutôt Adélaïde força Eurydice à s'asseoir et à lui avouer tout ce qu'elle avait sur le cœur. La vieille femme avait cet air fâché et déterminé qui n'apparaissait presque jamais sur son visage, et qui impressionnait tant la jeune fille – et qu'elles se parlent était déjà un événement très rare en soi. Adélaïde était sourde, mais elle pouvait lire sur les lèvres, et Eurydice pouvait faire résonner le son de sa voix sans lui faire de mal – sa grande-tante ne pouvait même pas entendre l'espèce de croassement qui lui servait de parole, ni s'en inquiéter. Et si Adélaïde ne parlait plus beaucoup, elle savait toujours le faire, et sa petite-nièce pouvait très bien l'entendre. Elles pouvaient se parler. C'est juste qu'elles ne le faisaient presque jamais. Seulement lorsque c'était nécessaire, comme maintenant, où Eurydice pleurait toutes les larmes de son corps devant l'insistance de sa grande-tante et hoquetait qu'elle en avait rien à faire de toutes façons, et qu'elle en avait marre, et qu'elle était laide et qu'elle était dangereuse et fatigante et égoïste, et qu'elle allait finir sa vie ici, sans jamais rien voir ni rencontrer personne, alors elle pouvait bien arrêter de vivre dès maintenant, de toutes façons elle ne voyait même pas pourquoi continuer.

Adélaïde la consola, et lui présenta les annonces du journal national, où des gens cherchaient des correspondants, pour établir des relations épistolaires.

Eurydice tomba sous le charme et se mit à écrire tout aussitôt.

Son monde avait de nouveau changé d'aspect. L'univers qu'elle ne pouvait connaître que depuis ses livres et sa lucarne, elle avait maintenant un moyen de le joindre – et toutes les personnes à qui elle écrivait lui répondaient en retour, avec mille et unes histoires sur leur vie et leur ville, leur pays, leur monde. Leur famille et leurs amis, leur école ou leur travail, leur sorties. Eurydice se rendit compte très vite qu'elle n'avait rien à leur raconter en retour, d'abord parce qu'elle ne sortait jamais de chez elle, ensuite parce qu'elle n'avait pas le droit de dire aux gens qu'elle était une demi-banshee - sa grande-tante le lui avait formellement défendu en la bassinant avec un long exposé sur le secret magique et les lois du monde sorcier, et Eurydice était sage. Mais ce n'était pas grave, qu'à cela ne tienne. Elle s'inventait des vies, en utilisant ses livres et les lettres qu'elle recevait, s'appropriant la vie d'un de ses correspondants pour la raconter à un autre. Eurydice reprit des couleurs, et se mit à sourire plus souvent. Son humeur alternait entre enthousiasme et timidité, brûlant d'envie de parler de ses lettres et de ses envies et gênée de déranger sa seule interlocutrice. Elle découvrait des choses qu'elle n'avait jamais imaginées au fil de ses correspondances, les petits détails de la vie de tous les jours qui ne transparaissaient jamais dans la littérature, les fast-food et les vélos, les téléphones et les ordinateurs, l'internet. Eurydice était follement curieuse. Eurydice prit même son courage à deux mains, et demanda encore plus à sa grande-tante, dans une attitude toute timide, toute ratatinée dans son pull en laine trop grand. Le vélo et le téléphone, ce n'était pas possible, mais Eurydice eut droit à un hamburger et des frites venus d'une authentique chaîne de fast-food, et un petit ordinateur basique, et une connexion internet. Et son monde changea de nouveau.

L'internet était un endroit merveilleux – effrayant parfois, aussi, certes, mais rempli du pire comme du meilleur, et une source infinie de découvertes à faire. C'était encore une autre lucarne pour elle – et Eurydice n'ouvrait presque plus la première, sauf quelques fois en été, quand elle voulait sentir le vent et les odeurs de la ville au lieu de simplement les lire. Eurydice se mit à lire tout ce qui lui tombait sous la main. Eurydice se mit à écrire des histoires sur des sites dédiés. Eurydice découvrit l'univers des jeux de rôles par forums, et se mit à vivre par procuration – elle n'était plus en train de fournir de la consistance à ses lettres, elle s'imaginait vraiment être une contrebandière cyborg dans un vaisseau spatial, une archère elfique défendant son royaume contre les orcs, ou même une lycéenne amoureuse dans un internat – tout lui plaisait, tout lui allait, tout la faisait rêver. Et puis elle n'avait rien à faire de ses journées, alors elle multipliait les personnages et les aventures. Et Eurydice se fit des amis.

Ce n'était pas tout à fait la même chose de parler à des gens par courrier, et de leur parler par messagerie instantanée. Il y avait quelque chose de grisant dans la conversation, surtout quand on n'avait jamais pu en avoir tout au long de sa vie. Elle pouvait parler de tout et de rien – elle pouvait rire, elle pouvait faire des jeux de mots plus ou moins mauvais, pleurer ou s'énerver, vivre une immense palette de sentiments qui n'existent tout simplement pas quand on prend le temps d'écrire et de recopier une lettre, du brouillon au propre, et que tout est soigné et réfléchi, travaillé, vérifié, contrôlé. Eurydice aimait parler, et Eurydice parlait beaucoup.

La jeune fille devenait de plus en plus proche de certaines personnes, qui la considéraient comme une amie, ce qui la rendait mal à l'aise : elle n'avait pas le droit d'avoir des amis. Elle avait dû mentir sur toute la ligne dès le début – il fallait garder le secret magique, il fallait parfois leur expliquer pourquoi elle ne sortait jamais de chez elle, et surtout, il fallait se rendre intéressante, parce que jamais personne ne voudrait être ami avec une demi-banshee comme elle, enfermée toute la journée dans son appartement comme dans sa routine, et dangereuse pour tout le monde, et laide, et verte. Eurydice s'inventait des vies tout comme elle vivait à travers ses personnages de jeu de rôle. Eurydice jonglait avec les mensonges. Eurydice était tour à tour une pauvre petite enfant handicapée, une élève expatriée avec sa famille dans un pays exotique, une adulte au chômage, Eurydice avait n'importe quel âge et n'importe quel physique, inventés au gré de l'envie du moment, Eurydice venait de partout et surtout d'ailleurs, de villes ou de pays exotiques et que ses interlocuteurs ne connaissaient pas. Elle avait honte d'elle-même, mais elle ne voulait pas s'arrêter. Elle savait bien qu'elle n'en avait pas le droit, qu'elle restait enfermée dans cette maison pour le bien de tout le monde, mais elle avait envie d'avoir des discussions, des amis, une vie, elle avait envie d'avoir une vie normale, et elle négociait avec sa culpabilité en se disant que ce qu'elle avait lui était bien suffisant, que ça lui allait, qu'elle était contente ainsi, et que si elle pouvait parler avec tous ces gens qu'elle aimait, elle n'avait pas besoin de plus. Ca lui suffisait comme transgression. Eurydice n'avait pas besoin de demander plus. Et elle souriait, et Adélaïde était heureuse de voir sa petite-nièce aller mieux depuis qu'elle lui avait offert cet ordinateur. Tout allait bien ! Eurydice ne faisait que se voiler la face.

Maxwell, un de ses contacts, vint la voir un beau jour avec un salut ça va suivi de toute sa journée balancée en bloc. Sa sœur s'était blessée, en se cognant la tête, elle n'allait pas bien, ils attendaient un médecin, des secours, quelque chose – et lui paniquait, ne savait plus quoi faire maintenant, et lui racontait tout sans s'arrêter. Eurydice, de son côté, le réconfortait comme elle pouvait en se mordant les lèvres. Ils ne se connaissaient pas depuis bien longtemps, et elle devait juste être la seule personne présente à ce moment-là, elle le savait, mais … Mais elle avait quand même envie de l'aider. Elle ne savait pas ce que sa sœur avait, et une petite voix dans sa tête lui murmurait que si les soins moldus n'arrivaient à rien, peut-être que les soins sorciers pouvaient faire quelque chose. Eurydice ne fit rien de plus que dire à Maxwell qu'elle était là et qu'elle resterait là si jamais il avait besoin de parler de nouveau ce jour-là. Elle prit des nouvelles autant qu'elle put les jours suivants, et apprit que l'état de sa sœur ne s'améliorait pas. Il fallait faire quelque chose.

Il fallait faire quelque chose, mais quoi ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire, coincée ici, avec tout un monde de soins magiques tout juste hors de portée, qu'elle ne pouvait ni atteindre ni lui révéler ? Eurydice était tiraillée entre ses interdits et tout le bien qu'elle pouvait faire en les enfreignant. Eurydice savait très bien, au fond d'elle-même, qu'en fait elle cherchait une excuse pour les enfreindre. Et refusait cette partie d'elle-même. Elle pensait à la sœur de Maxwell. Elle voulait faire ça pour elle. Elle n'était pas en train de l'utiliser pour se donner bonne conscience. Eurydice était déjà suffisamment horrible comme ça, dangereuse, menteuse, exigeante envers sa grande-tante, et verte, pour se rajouter en plus l'égoïsme comme défaut. Elle ne le voulait pas. Tout les plans qu'elle faisait pour sortir de chez elle – parce que petit à petit la décision s'était prise – n'avait que pour but d'aider la sœur de Maxwell. Rien de plus.

Sortir de la maison fut toute une expédition. Eurydice avait calculé le trajet à prendre pour arriver à Sainte-Mangouste (heureusement que l'hôpital n'était pas loin!), avait calculé les horaires à prendre (le mieux était de sortir un peu après que tout le monde soit allé au travail), avait travaillé son déguisement (qui consistait essentiellement à se tartiner le visage de maquillage marron et de s'emmitoufler dans un gros manteau en espérant que personne ne la regarde de trop près) et avait embobiné sa grande-tante, en se montrant présente pour le petit-déjeuner avant de lui faire croire qu'elle allait passer la journée dans sa chambre devant son ordinateur, comme toujours. Eurydice tourna la poignée de la porte avec la peur au ventre. Eurydice descendit les escaliers de l'immeuble terrifiée par ce qu'elle faisait. Eurydice sortit dans la rue et rasa les murs, à la fois sonnée par la peur et sonnée par le bruit, qui était violent, beaucoup plus violent que ce qu'elle entendait en haut depuis les toits. Les voitures vrombissaient comme des dragons en furie. Les gens marchaient d'un pas pressé sans faire attention à elle, lui rentrant presque dedans si elle ne maintenait pas une allure constante. Eurydice faisait tout son possible pour avoir l'air normale. Etouffait ses craintes et marchait droit devant, comme un robot, sans penser à ce qui se passerait si jamais quelque chose tournerait mal (ce serait de toutes façons catastrophique et irréparable). Pour quelqu'un qui avait passé des journées entières à sauver des royaumes et occire des orcs, elle ne se serait jamais imaginée que marcher dans la rue et dépasser quatre pâtés de maisons serait aussi intense. Et elle n'était même pas arrivée à Sainte-Mangouste. Et elle allait devoir vivre avec la conscience de ce qu'elle avait fait une fois rentrée chez elle. Vivre une vie normale était tout simplement épuisant.

La petite fille arriva tant bien que mal devant la vitrine défraîchie qui servait de camouflage à l'hôpital. Et, se cachant autant qu'elle pouvait, se mit à faire des petits coucou aux mannequins pour attirer leur attention, tout en jetant des coups d’œils apeurés à droite et à gauche, craignant d'être vue. Ses tentatives n'ayant aucun succès, Eurydice dut attendre une éternité pour profiter d'un moment où, personne n'étant proche d'elle, elle put enfin croasser d'une voix la plus silencieuse possible son désir d'entrer. Le mannequin n'étant pas vivant, il ne tomba pas raide mort au seul son de ses mots, et la laissa passer – et Eurydice, de plus en plus mal à l'aise, ne fit pas plus que se précipiter à l'accueil, rafler tous les prospectus qu'elle pouvait trouver, et s'enfuir le plus vite possible, loin de cet endroit où les gens (tous sorciers) se mettaient à la regarder bizarrement, plus à cause de son comportement suspect que son maquillage, il était vrai. C'en était assez pour une journée. La jeune fille rentra chez elle, le cœur battant à toute allure, ferma doucement la porte de l'appartement derrière elle et fila dans sa chambre. Adélaïde n'avait rien remarqué. Eurydice allait sûrement devoir recommencer à fuguer comme ça, mais pour aujourd'hui elle avait ce qu'il lui fallait pour aider Maxwell – ou plutôt, lire, réfléchir, et voir ce qu'elle aurait ensuite à faire. Peut-être qu'une potion pourrait aider sa sœur ? Cela voulait dire acheter des fournitures au Chemin de Traverse, et apprendre à en faire, tout en cachant ses stratagèmes pour que sa grande-tante ne remarque rien. C'était vraiment beaucoup de travail et de paramètres à prendre en compte – elle en avait presque le tournis. Mais elle était déterminée.

Eurydice savait que cette histoire risquait de mal finir, mais c'était important. Elle allait peut-être pouvoir aider quelqu'un. Et puis, si elle fermait sa bouche, elle ne ferait jamais de mal à personne, et elle se rendait utile. Et elle faisait tout cela pour la sœur de Maxwell. Eurydice était sortie, dehors, dans le monde réel, pour la sœur de Maxwell.

Et elle allait recommencer, elle le savait. Eurydice faisait de son mieux pour se convaincre du bien-fondé de sa décision, mais au fond, par-delà la honte et la culpabilité, elle était plutôt contente. Elle était sortie.





Derrière l'écran
Though my face leaves people screaming
There's a child behind it dreaming !


Pseudo ϟ April May June
Et l'âge ϟ 25 ans
Male, Femelle, ou Bumblebee ϟ Moi non plus je ne sais pas, cher forum.
Comment tu as connu Pimentine ϟ Je joue April !
Des suggestions pour Pimentine ? Rien ne peut améliorer Pimentine, si ce n'est plus de Pimentine.
C'est quoi, Pimentine ? ϟ C'est une sorte de mise en abyme.
Personnage sur l'avatar ϟ Schneewittchen - Märchen - Sound Horizon






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Eurydice O. Tailor
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Message
08.12.14 23:44

J'ai posté le minimum ce soir - je viendrai relire mercredi (demain c'est l'anniversaire de Laertes) et rajouter des images et un avatar digne de ce nom.

En attendant, s'il y a le moindre problème avec ma fiche, n'hésitez pas à me le dire, je corrigerai le plus vite possible ! Merci beaucoup et bonne journée !

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Eurydice O. Tailor
Messages : 40
Date d'inscription : 18/10/2014
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Message
10.12.14 21:58

Bonjour ! Grâce à l'aide de Maxwell j'ai pu finir ma fiche ! Elle est toute jolie maintenant. Et j'ai un bel avatar recoloré par ses soins.

Je déclare donc cette fiche terminée.

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Papa Fayot
Messages : 157
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Message
10.12.14 22:10


Bienvenue à Londres !


Cette jeune pousse est fort verte, elle grandira bien.


Félicitations ! Tu es désormais validé, ta fiche est certainement trop cool, et tu vas désormais pouvoir jouer avec tous les autres sorciers, créatures et hybrides du forum ! Quelle veine hein ♥.

Sache que, si tu  veux faire les choses dans l'ordre, je t'invite à te rendre dans la catégorie des listes et des recensements. Là-bas, tu vas pouvoir recenser ton métier, ton avatar, ton quartier, et pleins d'autres choses. On compte sur toi !

Après, il faudra penser à bien t'occuper de ton sorcier. Tu trouveras un endroit pour établir des relations, et même un autre pour gérer tes rps. Et puis, le plus fun dans tout ça, ce sont les péripéties ! Ne les rate pas, ce serait dommage.

Bon, on a fini avec les infos de base, on va te laisser tranquille. Surtout, amuse-toi bien sur Pimentine ♥ !






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