Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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Consternante incompétence (Jaromir)

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Prince Solus
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01.12.14 16:43

Le Prince Solus frappait vigoureusement du pied sur le carrelage du ministère de la magie. Cela faisait du bruit car, une fois n'est pas coutume, sa majesté avait accepté de porter des chaussures. Il détestait ça, les chaussures. Il s'y sentait à l'étroit et pataud. Ce n'était pas un vêtement digne d'un monarque. Ce n'était pas un vêtement tout court. A peine utile comme vase décoratif.
Les bras croisés, il passait en revue les sorciers qui passaient devant lui sans s'arrêter, allant de droite à gauche sans un regard vers son éblouissante personne. Le Prince Solus était profondément vexé de tant d'indifférence. Quand il le disait, que les sujets de monsieur Saumon étaient des imbéciles couplés de rustres. Un mauvais roi ne pouvait former que de mauvais citoyens, de toute façon. C'était logique.

L'être de l'eau tenait dans sa main la hanse d'un petit sac rose très laid dont la couleur jurait monstrueusement avec le bleu de la tenue qu'il avait accepté de mettre sur ses épaules. C'était un cadeau pour monsieur Saumon, et cela expliquait sa présence ici : il devait lui remettre en mains propres, dans son bureau, mais ce dernier était trop bien caché.
Dans son autre main, il tenait une fiole de potion de condition humaine, dont il avalait régulièrement une gorgée. Hors de question de se retrouver privé de jambes si loin de son lac. Inutiles comme étaient les sorciers, personne ne songerait à l'hydrater et il mourrait en prince abandonné, loin des siens, comme un banni ; ce qui, bien sûr, était inenvisageable.

Sa patience ayant atteint ses limites depuis longtemps, le Prince Solus attrapa par le bras le premier miséreux qui eut le malheur de passer devant lui et le toisa de toute sa grandeur ; et, forcément en tant qu'être de l'eau, le Prince Solus était vraiment très grand.

- Doit-on tout dire aux secrétaires de monsieur Saumon pour qu'ils se montrent utiles ? Sa majesté attend qu'on la reçoive avec bien plus de sérieux que cela. Guidez sa majesté au bureau de monsieur Saumon, immédiatement !

Le Prince Solus confia alors son petit paquet rose à l'humain pris en otage. Il n'allait pas porter ses bagages plus longtemps tout de même, il était prince lui, pas porteur de valise. Il relâcha sa prise sur l'épaule du sorcier mais ne le quitta pas du regard. Hors de question qu'il s'enfouit.

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Jaromir K. Moldavan
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01.12.14 19:44


S’il avait seulement pu détacher son regard de la montagne qui le toisait, Jaromir aurait cherché le fameux secrétaire. Mais il ne servait à rien de se perdre en recherche comique pour la survie du quiproquo déjà mourant.

Jaromir, il l’avait tout de suite compris : l’intéressé, c’était lui, et pas une seule autre des âmes fourmillant dans le Ministère. Bien rapidement –trop rapidement-, il se retrouva avec le petit paquet rose du quasi géant qui ne cessait de lui rappeler à quel point sa propre stature était insignifiante. Même la plus haut perchée de ses mèches n’arrivait à sa cheville -métaphoriquement parlant, bien entendu.

Le soupir qui lui échappa des lèvres ne put s’empêcher de frémir, mais le brouhaha ambiant lui tordit le coup avant même d’arriver aux oreilles de l’homme interminable. A l’instant même, un autre employé du Ministère lui rentrait dedans d’un coup d’épaule maladroit en se hâtant ; le paquet récemment confié faillit bien  lui échapper des mains, et ce fut à grande peine qu’il réussit à calmer son petit cœur battant à tout rompre lorsqu’il le stabilisa enfin entre ses doigts longilignes.

- M-monsieur Saumon ? arriva-t-il balbutier juste assez fort pour se faire entendre de là-haut.

Etait-il stupide, bouché ou profondément ignorant ? Le sorcier tentait tant bien que mal de retrouver un ‘monsieur Saumon’ dans son répertoire mental –un tel nom ne pouvait pas lui avoir échappé !-. Même si ses idées étaient aussi ballottée que lui à travers la foule –il n’était pas bon de s’arrêter en plein milieu du Ministère, ses premières années de service le lui avaient appris à grand renfort d’ecchymose-, le nom ne révélait aucune information, n’ouvrait aucun tiroir et ne se surlignait sur aucun dossier, pourtant soigneusement rangé dans les circonvolutions de son cerveau.

- Monsieur Saumon ? hasarda-t-il en questionnant peureusement son interlocuteur du regard.

Oh là là, allait-il engager tout un conflit politiqué entre Londres et la Roumanie de par ses actions ? Et si c’était un oubli similaire qui avait fâché le ministère seize ans plus tôt ? Le noiraud sentit son visage blêmir –autant qu’il était possible sur un teint aussi livide-. Ses genoux flageolant réclamaient à tout prix un siège pour soutenir son corps devenu trop lourd, mais, au beau milieu de la foule, il n’aurait eu d’autre choix que de s’asseoir par terre, et la montagne transpirant la prestance était assez impressionnante sans se prosterner devant elle.

- Vous voulez sans doute dire "Sorciers Altruistes Unis pour les Moldus Ordinaires et Normaux", monsieur--

La dernière syllabe du mot ‘monsieur’ s’étira dans un ‘eeeeeeeeeeuh’ sans fin. Oh, dans quoi le sort l’avait encore tiré, au juste ? Lui qui avait juste quitté son bureau pour se dégourdir les jambes. Ça lui apprendrait à vouloir éviter de prendre la poussière : à compter de ce jour, il ne se lèverait plus jamais de son bureau, et rien ne pourra l’en dissuader.

Sauf, peut-être, l’homme qui continuait de le toiser, lui et son nouvel ami, le petit paquet rose. Celui-ci semblait presque lui murmurer, doucement à l’oreille ‘t’as merdé~’ –un langage bien grossier pour un emballage d’une teinte si gracieuse.
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Prince Solus
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06.12.14 15:27

Le larbin de monsieur Saumon balbutia. Le Prince Solus n'aimait pas les gens qui balbutiaient. C'était disgracieux, cela agressait son oreille musicale ; celle-là même propre à tous les êtres de l'eau, mais évidemment plus développée chez le grand souverain qu'il était.
D'un autre côté, il devait bien l'avouer en son fort intérieur, il y avait quelque chose de flatteur à entendre les miséreux perdre leur latin face à sa splendeur. Cela étant dit, il préférait malgré tout un langage clair et distinct plutôt qu'un insupportable bafouillage.

- Oui, monsieur Saumon, répéta le prince avec agacement. Votre patron. Votre... comment vous appelez ça ? Sinistre de la Magie ?

Le Prince Solus aimait tellement peu avoir affaire avec ce dégoûtant personnage qu'il s'arrangeait toujours pour ne pas le voir. De ce fait, forcément, il était un peu compliqué de retenir son nom. Après tout, ce n'était pas comme si c'était important.

Le larbin répéta "monsieur Saumon" encore une fois sans sembler comprendre, et cela agaçait prodigieusement sa majesté. Ce nom était trop horrible pour être autant ouï dans une seule et même journée. Il grimaça. Rien avoir avec son propre nom, "Prince Solus", d'une élégance et d'un raffinement rare. Normal, après tout, puisqu'il s'agissait de son nom à lui, qu'il s'était choisi avec beaucoup de soin.

- Oui, oui, monsieur Saumo. Allez, dépêchez-vous avant que son Altesse se déshydrate. Si elle venait à mourir d'assèchement par votre faute, gardez bien en tête qu'il vous faudra en assumer les conséquences. Plus vite que ça, larbin.

Le Prince Solus renifla dédaigneusement. Il avait mal aux pieds et sentait sa peau de moins en moins douce et visqueuse. C'était inacceptable.

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Jaromir K. Moldavan
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06.12.14 20:08


Le déclic lui fit l’effet d’un coup de jus qui ralluma toutes les ampoules de son cerveau. A présent, toutes les lumières étaient braquées sur le petit dossier politique ouvert en grand sur la page Candidus/Ministre de la magie. Après avoir vivement chassé les résultats des sondages peu scrupuleux qu’il avait lu sur les frères Bumblebee –par pur hasard, non pas par une curiosité si dévorante qu’il avait immédiatement ré ouvert le numéro de la Gazette du Sorcier après l’avoir replié promptement en apercevant ledit sondage- de sa mémoire, il leva à nouveau la tête vers ‘son altesse’, toujours intimidé mais surtout embêté.

- Ministre, avec un "M" , osa-t-il corriger, mais tant d'audace ne lui en laissa plus une goutte pour la suite et il s'ecoubla dans ses propres mots, Oui- mais- J’ai dû travail monsieur, voyez-vous, et je me suis déjà trop attardé ici, des gens attendent probablement mon retour et--

Il faut être un génie pour laisser non pas son interlocuteur ou une personne extérieure à la conversation vous couper la parole, mais vos propres pensées. Celle qui foudroya l’esprit de Jaromir faisait partie de la catégorie ‘fait palpiter le cœur si fort que les membres s’en retrouvent paralysés’. Ce n’était pas le Ministre qui lui avait convié cette tâche, n’est-ce pas ? Comment, dans ce capharnaüm organisé, Jaromir n’aurait-il pas reçu une telle information ? Quelqu’un aurait intercepté l’origami portant le message ? Pourquoi diable faire cela ?! Une farce d’humour douteux, attirer à nouveau la foudre britannique sur les Moldavan ?

Peut-être valait-il mieux ne pas trop se poser de question et aller apporter ce paquet au pas de course, avant de tourner de l’œil et de choir au pied de son ‘éminence’. Ses doigts tremblants serrèrent le petit paquet rose –bien silencieux depuis que le mystère du saumon avait été élucidé- et il tourna les talons, balbutiant –encore- un minuscule ‘Suivez-moi je vous prie’ entre ses lèvres exsangues.

Il gardait toujours un œil sur cette étrange personne. Oh, ça n’avait rien d’agréable, d’obéir aux ordres du premier venu qui en plus, traite les honnêtes travailleurs de ‘larbin’. Oh oui, c’était un comportement de malappris. Sous toutes les théories du complot qui se bousculaient dans sa tête, l’indignation criait toute sorte de chose honteuse dans sa tête. Il souhaitait par exemple secrètement –mais profondément- qu’elle se déshydrate avant d’arriver au bureau de monsieur Bumblebee, cette grande perche égocentrique. Même si ça lui attirerait des ennuis, rien d’autre ne pourrait lui apporter plus de joie à cet instant –et le simple fait de penser cela le faisait imperceptiblement rougir de honte.  

- Avez-vous rendez-vous avec le Ministre, monsieur ?

Le sorcier s’arrêta devant l’un des fameux ascenseurs dorés mais ne se retourna pas vers son interlocuteur. Non, malgré sa question toute fraîche, son attention et ses yeux étaient bien trop occupés à sonder le paquet rose pour en deviner la contenance. Ses doigts trituraient l’emballage depuis qu’ils s’étaient mis en route, mais les réponses apportaient par la pulpe de ses doigts était d’une obscurité affligeante. Deux raisons motivaient une telle soif de réponse : premièrement, il craignait de prendre part à une grande mascarade visant à détrôner le Ministre ; deuxièmement, la curiosité l’empêchait de paniquer à cause de la première raison dévorait tout autre songe et devenait insoutenable. Assez, même, pour qu’il ose essayer d’ouvrir un tout, tout, tout petit peu le paquet pour jeter un coup d’œil. Juste un tout, tout, tout petit coup d’œil de rien du tout.
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Prince Solus
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14.12.14 10:29

Le Prince Solus fronça fortement les sourcils ; ce qui eut pour effet de creuser une horrible ride entre ses deux yeux. Aussi, s'en rendant compte, il cessa d'arborer cette laide grimace, mais ses sentiments n'en demeuraient pas moins inchangés : ce petit humain misérable lui était de plus en plus antipathique.
Non mais, vraiment, pour qui se prenait-il, pour rabrouer une altesse royale de la sorte ? Etait-il de sang bleu lui aussi ? Certainement pas : un sorcier de haute noblesse n'apparaîtrait pas aussi pouilleux. Le sorcier le plus noble que le Prince Solus connaissait, c'était une sorcière, à dire vrai ; l'élégante Flavia Mantis, qui avait le malheur d'enseigner à l'engeance des magiciens de seconde zone au lieu de gouverner sur le monde magique. Avec elle ; ou tout de même ce cher Ater Bumblebee qui avait le mérite de tenter d'éviter trop de casse, le monde magique ne s'en porterait que bien mieux.
Non mais, vraiment - le Prince Solus ne s'en remettait pas - jamais un sous-fifre ne lui avait parlé de la sorte. Même le petit Jamie savait faire preuve de plus de respect.

- Son altesse vous prie, larbin, de tenir votre langue. Sinistre ou ministère, peu lui importe. Le résultat étant le même, qui est que nous désignons-là l'incompétence incarnée. Le Prince Solus s'arrêta deux secondes pour réfléchir, soucieux. Un peu comme vous, cela dit. Êtes-vous sinistre de la magie ?

Ah, stupide, stupide. Aussi inapte et lent d'esprit soit monsieur Saumon, il avait un peu plus de prestance que ça. Et puis, le Prince Solus avait déjà rencontré monsieur Saumon, et il n'avait pas cette tête-là. Mais, après tout, les sorciers avaient peut-être changé de sinistre de la magie durant la nuit, qu'en savait-il donc ? Les affaires des communs ne l'intéressaient guère.

- Ah suffit de vous chercher des excuses ! s'impatienta l'être de l'eau. Votre travail peu attendre. Les affaires de ce monde, elles, n'attendent pas. Vous devez être assez futé pour comprendre que la diplomatie prévaut sur vos feuilles de choux. Sa majesté est ambassadeur, voyez-vous ; et j'ai espoir que les larbins dont monsieur Saumon s'entourent sont assez intelligents pour comprendre ce que cela veut dire.

Le Prince Solus soupira, puis se cacha les yeux de sa main en signe de détresse. Il n'aurait jamais dû mettre une seule nageoire ici. Il lui était bien trop pénible de comprendre la mécanique intellectuelle des humains. Il était fatigué de marcher, assoifé de parler et sec de vivre au grand air. Cet univers n'était pas pour lui.

- Non, bien sûr que non que son Altesse n'a pas rendez-vous, les rois ne prennent pas rendez-vous c'est connu. Il ne manquerait plus que ça. Allons allons, dépêchez, et trouvez de l'eau en chemin.

Tout en clamant bien fort sa requête, le Prince Solus suivit le sorcier jusqu'à l’ascenseur, sans la moindre discrétion. Le Prince Solus n'avait jamais su ce qu'était la discrétion. Il jurait autant qu'un tigre dans l'Arctique. Et, trop occupé à vérifier qu'il ne perdait pas trop de ses sublimes écailles, il ne vit pas la tentative de son larbin d'ouvrir le paquet rose.

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Jaromir K. Moldavan
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14.12.14 15:41


- Je-je suis confus, votre Altesse.

Ses mains coururent le long des murs, retracèrent une énième fois l’encadrement de la porte –devant se tenir sur la pointe des pieds pour atteindre son point le plus haut, histoire de ne pas lui rappeler sa taille-, mais rien. Il n’y avait rien devant la porte du bureau du Ministre, pas de boîte postale, pas d’armoire ni de casier à lettre, rien. Il avait donc trimbalé un ambassadeur jusque-là pour rien ?

- Ce serait logique qu’elle soit ici pourtant. Logique !

Sa voix se brisa tant elle devint criarde. Voilà que son éminence aurait encore plus de matière à l’injurier et à remettre en question ses compétences.  Repenser à ces abominables choses qui lui avaient dites, sans aucune retenue ni une pinte d’euphémisme, lui dressait les cheveux sur le crâne. Il avait réprimé si fort l’envie de lui expliquer, d’abord, qu’il n’avait rien d’un sorcier incompétent, qu’il avait été premier de sa promotion et descendait d’une famille qui n’avait plus rien à prouver –sauf son innocence sur le quelconque sujet de ses vieilles embrouilles avec le Ministère. Mais monsieur l’ambassadeur ne cessait de tirer sur la corde sensible sans qu’il ne puisse rétorquer quoi que ce soit, de peur de prendre un autre coup sur sa fierté. Jaromir la ravala difficilement et se remit en route.

Il n’y avait pas trente-six milles endroits logiques qui pouvaient abriter un quelconque moyen de remettre ce paquet au Ministre sans le déranger : le soucis était que, même peu nombreux, ceux-là étaient disséminés aux quatre coins du Ministère, sans parler du fait que la position de cette fameuse boîte pouvait très bien être tout à fait illogique et aléatoire. Et jamais, au grand JAMAIS Jaromir ne se rabaisserait à aller demander à l’accueil ! Plutôt se faire à nouveau incendier par son Altesse plutôt que de lui donner une autre raison se moquer de lui –un employé de Ministère qui doit se rabaisser à demander un renseignement à l’accueil comme un pauvre visiteur, peuh, ridicule !-. Mais d’ascenseur en couloirs, d’étages en bureaux, la seule chose que le sorcier fut capable de trouver fut deux grands verres d’eau : pour son Altesse qui ne semblait pas au mieux de sa forme et pour sa propre gorge incendiée par tant d’aller-retour infructueux. Ses jambes en compotes aussi, auraient apprécié un peu de répit. Cachée sous son bureau, par exemple.

- Pardonnez mon indiscrétion, commençait-il à bout de souffle, les verres de chaque côté de son visage, mais est-ce réellement urgent de livrer ça au Ministère ?

Le petit paquet rose tenait en équilibre incertain dans le creux de son coude, son emballage toujours légèrement entre ouvert. Depuis qu’il avait jeté un coup d’œil à l’intérieur, Jaromir doutait de plus en plus de l’importance de sa tâche, voir même du statut de cet ambassadeur despotique, si bien qu’à ce stade-là, il n’avait plus réellement peur de se faire prendre la main dans le sac. Il pouvait toujours remettre la brèche sur la faute de son incapacité pour faire plaisir à son ‘Altesse’ et continuer de jouer l’idiot.
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Prince Solus
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22.12.14 14:20

Le noble être de l'eau grimaça lorsque la voix du larbin monta dans les aigus. Doux Merlin, comme disait les sorciers - quelle laide expression, par ailleurs - était-il possible de pousser un son aussi ignoble ? Le musicien délicat qu'il était, comme tout représentant de son espèce, jugeait particulièrement discordant les tonalités de ce sorcier. Une honte, une véritable honte, que de naître avec de telles cordes vocales.

Le Prince Solus était fatiguée de traverser le ministère de la magie en long, en large et en travers, et l'exprimait à grand renfort de soupirs et de plaintes désobligeantes envers son guide incapable, la structure peu pratique de l'édifice, le mauvais goût de la décoration ou encore l'évidente inutilité de certains bureaux.
Lorsque, enfin, le larbin daigna lui fournir un verre d'eau, le Prince Solus le déversa tout entier sur sa tête ; non sans éclabousser les tapis du ministère au passage, ce dont il se fichait bien. Ce geste fait, il sortit une fiole de potion de condition humaine d'une de ses poches - un des rares aspects pratiques des vêtements humains - et la vida toute entière. Hors de question de devenir dépendant de gens si peu efficaces dans leur travail. Plutôt ramper.

- Bien sûr que c'est urgent, répondit l'ambassadeur, cinglant et dédaigneux. Il s'agit d'affaires politiques. L'avenir du monde magique pourrait bien se jouer sur la réception de ce petit paquet. Ah, les larbins... soupira-t-il. On ne vous apprend rien dans votre école ? Pourrar ? Apprendre à utiliser une baguette magique est une chose, apprendre à s'entretenir avec les créatures éminentes de ce monde en est vraisemblablement une autre.

Sa majesté secoua la tête d'un air désolé, envoyant ses cheveux d'une couleur bizarre entre le blond et le vert mouiller les tapisseries. Le Prince Solus aimait dégrader son environnement. De toute façon, il était prince, alors il faisait ce qu'il voulait.

- Son altesse est généreuse et va vous motiver, en ce cas. Si vous parvenez enfin à trouver le bureau du Sinistre de la magie, son Altesse vous invite à dîner. Et, si vous trouvez le bureau rapidement, son Altesse pourrait même glisser un mot positif sur vous au Sinistre.

Le Prince Solus tenta de se montrer gentil. La vérité, c'est qu'il en avait marre de tourner en rond, et qu'il avait hâte de répandre les algues moisies du petit paquet sur les documents administratifs de monsieur Saumon. Il fallait apprendre à cet idiot à vouloir révolutionner le monde !

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Jaromir K. Moldavan
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23.12.14 0:24


Le sursaut du sorcier, si la flaque nouvellement formée s’était étendue sur une surface lisse et non le tapis, l’aurait probablement fait. Mais il eut seulement à se remettre de cette mini crise cardiaque et surtout de la peur de se faire jeter le verre à la figure –le geste paraissait tout à fait plausible après ça.

- PouDlard, avec un D, votre Altesse. Ses mains tentèrent de rattraper la correction et de l’enfermer derrière ses lèvres, mais il était bien trop tard. J-je ne sais pas ce qu’ils enseignent là-bas votre Altesse, m-mais à Durmstrang ça n’est pas une matière à part entière en tout cas.

Jaromir tenta de se protéger des gouttes glacées qui l’agressèrent ; en s’écrasant sur son front, elles auraient presque pu s’évaporer dans un sifflement tant il était bouillant, contrairement à ce que sa pâleur laissait imaginer. De ses mains à sa nuque, tout n’était que moiteur, si bien que lui n’aurait pas besoin de se renverser son verre d’eau sur sa tête pour ressembler à l’ambassadeur. De toute manière, lui, préférait personnellement le boire pour tenter de se calmer, le temps que son Altesse ait terminé d’exposer son offre.

La première partie de ladite offre eut l’effet inverse de celui apparemment désiré –le motiver donc- ; pas qu’il fut ingrat, le sorcier avait tout sauf envie de risquer de passer plus de temps avec une personne aussi détestable –qui, en plus, ne rechignait à le traiter de larbin-. Le simple fait d’imaginer lui coupait l’appétit, ce qui déjà ne jouait pas en la faveur de cette proposition.
Mais la seconde partie, elle, fit naître des étoiles dans ses yeux cernés, et bien vite l’horreur de se trouver en tête-à-tête avec la créature se dissipa dans son entièreté. Et, tel un bon petit employé en quête absolue d’approbation, la tête remplie de cet espoir naïf qu’une bête mention positive suffirait à effacer l’ardoise de son père –pour aller plus loin encore dans cet élan de naïveté, il pouvait espérer le revoir et se faire féliciter d’avoir lavé le nom des Moldavan-, Jaromir se mit en route avec ce qui s’apparentait à de l’entrain, ouvrant la marche d’un « Si c’est urgent, alors nous n’avons pas besoin de passer par une boîte ! »

Ses jambes qui l’instant d’avant l’imploraient de faire une pause le portèrent sans l’ombre d’un soucis jusqu’au bureau du Ministre ; le point de départ, une fois de plus. Ses paumes moites n’eurent aucune gêne à frapper à la porte et il croisa même les bras derrière son dos en attendant une réponse, tout prêt à accueillir quoi que ce soit.
Il n’eut point de réponse et, doucement, Jaromir descendit de son petit nuage. Il surprit son cœur à tambouriner contre sa poitrine à l’idée de voir la porte s’ouvrir sur le Ministre, ses chaussures lui paraissaient trop étroite tant il avait marché et, enfin, il se souvint de la présence de l’ambassadeur derrière lui, ce qui suffit à achever toute assurance.

- Le Ministre doit être absent –occupé peut-être o-ou en réunion.

Il brûlait d’envie de vérifier en ouvrant la porte, mais n’osa même pas poser sa main sur la poignée.

- Je ne crois pas que l’on puisse laisser votre paquet sur son bureau-- on ne peut pas s'introduire comme ça dans le bureau du Ministre.

Peut-être son Altesse faisait-elle fi des permissions, mais briser les règles, c’était au-delà de ses forces. Il fit un pas de côté et s’éloigna de la porte en signe de capitulation, chassant déjà toute trace de rêverie de son esprit.

- Devant la porte, peut-être ? 

Même lui n'était pas convaincu par l'idée.
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Prince Solus
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15.01.15 17:14

Eh encore une fois, cet insubordonné osait reprendre son altesse royale. Le Prince Solus eut une de ces expressions crispées et grimaçantes qu'arboraient parfois les amateurs de musique confrontés à un effroyable carnage auditif.
De toute manière, la Prince Solus détestait la plupart des noms de sorciers. Pourrar aurait dû s'appeler le collège Solus, et le Sinistre de la magie aurait dû être quelque chose comme l'Empereur de la magie. Sinistre, ça manquait cruellement de prestance, comme appellation. Il n'osait même pas nommer les restaurants ou les fournisseurs du chemin de Traverse. Chemin de Traverse, par exemple. C'était aussi très laid. Chemin Solus, ça sonnait mieux à l'oreille.

- Et, visiblement, à Durstrong, on n'oublie pas seulement de vous enseigner les relations diplomatiques, mais aussi le respect des aînés. Sa Majesté est clémente, mais faites attention, larbin. Il ne faut guère abuser du strangulot qui dort.

Le Prince Solus ne put vraiment réaliser ce qui, dans ses propos, avait motivé son nouveau larbin à le traîner jusqu'au bureau du sinistre de la magie, mais ce fut dans tous les cas très efficace. L'ambassadeur des êtres de l'eau dût même admettre que le petit sorcier marchait un peu vite à son coup : il n'avait pas l'habitude de se déplacer vite et longtemps sur deux jambes humaines, c'était fatigant.
Son altesse eut à peine le temps de songer à la meilleure façon de présenter le petit paquet rose confié à son larbin au sinistre de la magie que, déjà, le petit sorcier toquait à la porte.
Tout de même, la porte du bureau du sinistre de la magie était terriblement banale. Était-ce une erreur d'adresse, une humble simplicité, ou une énième faute de goût de la part de monsieur Saumon ?

- Si son altesse était sinistre de la magie, elle se débrouillerait pour avoir une porte digne de son rang, nota-t-il en attendant qu'on ouvre ladite porte. Une poignet en coquillage, par exemple, et les moulures pourraient être relevés par des écailles de sa noble personne. Ce serait déjà un bon début.

Et puis, décidément, force fut de constater que ce larbin ne servait à rien. Stoppé dans ses idées de rénovations du ministère, il soupira de toute la profondeur de ses bronches humaines. Comment le représentant de tout un peuple pouvait-il être aussi indisponible ?

- Monsieur Saumon est de pire en pire. Vous lui communiquerez toute ma désolation. Vous lui direz également qu'un souverain aussi peu accessible aux requêtes de ses sujets ne mérite en aucun cas son titre. Même vous, larbin, feriez un meilleur sinistre. Vous êtes aussi incompétent que monsieur Saumon, mais vous avez le mérite d'être disponible. Une qualité rare visiblement chez certains.

Ignorant les idées stupides de son larbin, le Prince Solus récupéra son petit paquet rose et posa une main sur la poignet de porte. Non, décemment, on ne faisait pas attendre un descendant de sang royale pour quelque chose d'aussi futile que des réunions, et on ne lui interdisait aucun accès. Le bureau du sinistre, ce n'était guère plus privé que celui d'un larbin comme son larbin. C'était quoi d'ailleurs, le nom de son larbin.

- Larbin, interpella le Prince Solus sans un regard envers lui. Quel est votre nom ? Vous allez être témoin d'un acte politique majeure, son altesse se doit de connaître votre nom.

Il n'attendit pas de réponse. Le Prince Solus n'attendait jamais de réponses. Il força la poignet ; l'avantage d'être un être de l'eau, même sous l'effet d'une potion de condition humaine. Et puis, visiblement, soit la sécurité était très mauvaise, soit elle avait été momentanément suspendue, parce que le Prince Solus ne lui trouvait rien de spécial à cette poignet.
Et, sans gêne, il pénétra le bureau, son paquet cadeau dans la main gauche, son larbin tenu par le bras dans la main droite.
C'est qu'il avait besoin d'un employé du coin pour justifier sa présence et trouver un endroit digne de ce nom pour répandre ses algues.
Oh, et puis. Pour faire un peu de magie aussi, peut-être.

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Jaromir K. Moldavan
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18.01.15 17:20


« DurMstrAng, avec un M et un ‘AN’, comme dans fANge, votre Altesse. »

Jaromir avait dû se faire violence pour empêcher ces mots de sortir de sa bouche, cette fois, et la petite correction restait encore dans un coin de son esprit malgré les crapaütassions et le malaise que sa poisseuse Altesse lui provoquait. Elle continua de lui trotter dans la tête même lorsque l’ambassadeur rabâchait une nouvelle fois ses plaintes plus saugrenues les unes que les autres, même lorsqu’il critiqua la porte et même lorsqu’il invoqua encore l’incompétence de tout le Ministère et surtout la sienne ;
même lorsque le sorcier se reconnut immédiatement en entendant le mot ‘larbin’ et même lorsque sa réponse sans délais –qui aurait été efficace, pour une fois- fut coupée par le claquement de la poignée.

En revanche, lorsque l’employé fixa avec horreur la porte entrebâillée du bureau du Ministre, la petite correction et toutes les autres pensées furent balayées de son esprit.

Un acte politique majeur ? Merlin, plus de doute, il allait être entrainé dans une machination visant à démanteler le Ministère et plonger le monde sorcier dans une ère de ténèbres où la magie noire régnerait en maître mains dans la main avec l’ambassadeur, mais vu qu’il était un INCAPABLE tout irait de mal en pis et il finirait enfermé à Azkaban avec les pires mages noirs et sa demi-sœur aurait encore plus de raisons de se moquer de lui parce qu’il ne pourrait jamais entretenir ses cheveux là-bas et tout serait probablement hautement insalubre et poisseux comme l’ambassadeur qui serait là pour l’éternité à lui rappeler sa consternante incompétence jour et nuit sans jamais s’en lasser parce qu’il était MAUVAIS et MALPOLI.

Autant dire que sa lucidité alla aussi se promener ailleurs lorsqu’il fut tiré dans le bureau.

- N-n-n-nous de devrions pas être là. Balbutia-il en essayant tant bien que mal de trouver appui pour ne pas s’évanouir. O-on ne peut pas s’introduire comme ça dans le bureau du ministre.

Il répéta la phrase en se passant sa paume bouillante sur son visage, cessant un instant de battre l’air en quête de quelque chose pour l’aider à supporter son propre poids. Ses genoux s’entrechoquaient si fort qu’on pouvait les entendre dans tout le bureau –le bureau du MINISTRE qui n’était pas dans son bureau à cet instant ce qui ne leur donnait aucun droit d’être dans son bureau, puisque c’était le sien. La pensée lui donna un nouveau vertige, et ce fut tout juste la poigne de son Altesse qui l’empêcha de choir pitoyablement à ses pieds royaux.

- Jaromir, votre Altesse. Le sorcier rassembla toutes ses forces pour se redresser sur ses jambes et surtout pour réprimer la nausée qui tenaillait sa gorge. Je m’appelle Jaromir, pour répondre à votre question parce que sinon vous allez me traiter d'incapable, et sauf votre respect, je devrais vraiment retourner dans mon bureau. Celui dans lequel j’ai le droit d’être. Parce que je ne suis pas Ministre même si je suis disponible. Et que l’on ne devrait pas être dans ce bureau.

Le tout fut couronné d’un piètre « S’il vous plaît ? » au bord du malaise.

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Prince Solus
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24.01.15 20:28

Tel un héros conquérant, le Prince Solus toisait l'intérieur du bureau, fier, satisfait d'avoir enfin accédé à cette pièce qu'il cherchait depuis... depuis... depuis déjà beaucoup trop longtemps. Il s'y sentait comme chez lui, dans ce bureau. Les notions d'intrusion de domicile ou de quoi que ce soit d'autre, cela ne le concernait définitivement pas.

Son Altesse royale avança, mouilla les beaux tapis, jeta son regard sur un peu tout ce qui traînait, à la recherche de l'inspiration. Il voulait marquer les esprits. Il désirait montrer à monsieur Saumon qu'on ne plaisantait pas avec la politique.

- Sujet Jaromir donc... répéta distraitement le Prince. Sujet Jaromir, de grâce, silence. Tout ce que vous dites et d'une inutilité affligeante. Sa majesté serait vos lèvres qu'elle s'ennuierait à en mourir.

Le Prince Solus contourna le bureau, tira le fauteuil et avec l'élégance des monarques, y posa son aquatique fessier, ne doutant pas de gâcher les tissus et de laisser quelques taches derrière lui.
Sans gêne, il ouvrit un tiroir, puis un autre, puis sortit une photo de famille, la déchira, et posa son paquet sur le bureau, au dessus de quelques feuilles sans doute d'une importance capitale.

- Sujet Jaromir, rendez-vous utile. Lancez un sort pour repeindre les murs en blond Solus. Débrouillez-vous avec vos sortilèges, là. Quand ce sera fait, lancez le truc qui attire les objets, là. Actio. Ario. Assio. Le truc. Pour trouver la clé de ce tiroir-là.

En effet, il tentait d'ouvrir un tiroir qui faisait de la résistance, et cela agaçait beaucoup l'ambassadeur. Vexé d'être contrarié par un meuble, il se décida à ouvrir son petit paquet rose, répendant dans toute la pièce une odeur de pourriture. En effet, le petit paquet contenait un joli tas d'algues moisies.
Qu'il étala copieusement sur tous les documents administratifs avec un sourire fier.

- Ah, ça lui apprendra ! Sujet Jaromir, on appelle ça des menaces. Retenez-le parce que ce n'est pas fini. Sujet Jaromir, venez vous asseoir à la place de sa Majesté et écrivez sous sa dictée.

Le Prince Solus quitta le fauteuil maintenant tout trempé et la désigna à son larbin attitré d'un geste de main. D'un geste qui disait "vite, et efficacement, larbin".

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Jaromir K. Moldavan
Messages : 31
Date d'inscription : 10/11/2014



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26.01.15 17:32


L’ambassadeur était sourd et Jaromir toujours plus désemparé ; la première requête le laissa tout simplement coi, alors qu’il manqua de s’arracher les cheveux par poignée en voyant son altesse étaler le contenu du paquet rose sur les documents du Ministre -encore, toujours, éternellement et fort malheureusement, tout dans le bureau se rattachait au Ministre, logiquement puisque c’était SON bureau, dans lequel ne devrait être semé chaos, eau, algues ou une tout autre preuve de leur présence au dépend de la volonté du Ministre et du Ministre seul.

C’était bien évidemment la peur de laisser derrière lui des mèches noiraudes sur le tapis détrempés qui le retint de jeter son dévolu sur sa chevelure : mais il trouva bien rapidement une autre cible.

- Ha non ! cria-t-il enfin lorsqu’on lui désigna le fauteuil, geste qui eut raison une bonne fois pour toute de ses nerfs. Je refuse, je m’y OPPOSE –je ne sais combien de synonyme il vous faudra pour le comprendre, mais croyez-moi, j’ai un vocabulaire bien plus étendu que celui du sorcier moyen et je peux tenir toute la soirée là-dessus et ma réponse sera toujours non !

Ses pieds piétinaient furieusement le tapis et lui donnait plus l’air d’un canasson mal luné que la prestance d’hippogriffe nécessaire pour convaincre l’ambassadeur de cesser ces gamineries. Le sorcier saisit sa baguette et, même si la déraison lui soufflait de lancer un maléfice, la pointa vers les algues étalées avant de lancer un simple mais efficace Récurvite : déjà, les papiers retrouvaient leurs lisibilités, mais Jaromir craignait ne pouvoir faire grand chose pour l’odeur persistante de moisissure qui continuaient d’empoisonner l’air. Se retournant vers le responsable, il posa ses poings sur ses hanches et se mit sur la pointe des pieds.

- Vous n’avez donc aucune retenue ? Vous aimeriez que je vienne essuyer mes chaussures sur votre bureau ? Non, bien sûr que non, car ça n’a rien de politiquement correcte, dans tous les sens du terme !

Ha ! Sur ce coup, ses lèvres ne pouvaient s’ennuyer ! Réprimander son Altesse avait quelque chose de terrifiant et de gratifiant à la fois, et le sorcier avait beau essayé au mieux de ne pas se laisser faire, ses jambes finirent par redevenir du coton, l’obligeant à reprendre une stature plus modeste. A force de chercher matière à alimenter son sermon, son esprit se remit à vagabonder vers l’incertitudes, et son ton finit par ne plus pouvoir porter ses convictions, si bien qu’une fois le coup de chaud passé, il ne restait plus que petit, tout petit Jaromir, au milieu d’un endroit dans lequel il n’avait toujours pas l’autorisation d’être et confronté au fait qu’il venait de faire la leçon à une figure politique dont il avait gâché la –malveillante- surprise un peu plus tôt.

- E-enfin, essayez de comprendre, je travaille ici, je ne peux pas risquer mon poste, ça fait depuis trop longtemps que j’y suis et j’ai trimé dur pour en arriver là même si ça peut vous paraître ridicule, on ne me donnera vraiment pas de seconde chance si je fais un faux-pas à cause de mes antécédents et je ne veux pas avoir à passer par une reconversion- je vous en prie votre Altesse, ne me faites pas faire ça.
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Consternante incompétence (Jaromir)

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