Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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quick and to the pointless - Gillian Hope Twain

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April H. Solomon
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14.10.14 19:12

Semaine pourrie. Putain de semaine pourrie de merde, vraiment, et April n'était pas du genre à se montrer grossière. Toutes les factures étaient arrivées dans sa boîte aux lettres, au contraire de ses clients qui eux se faisaient de plus en plus rares, et la jeune mécanicienne avait du vider ses économies pour payer le tout à temps. Les affaires ne marchaient vraiment pas bien, et tout ce qu'elle gagnait se faisait piller par les taxes des gouvernements moldus et sorciers, et par le propriétaire qui demandait un loyer exorbitant (on aurait pu croire qu'elle vivait dans un château, vu le prix – il fallait être dingue pour habiter à Londres), et par les dépenses de la vie courante (avec de plus en plus de pâtes dans les menus) et ce soir elle en avait marre elle allait claquer la fin de ses gallions dans un bar. Toute seule. Sans Laertes qui de toutes façons avait mieux à faire que la voir, comme inviter /Velma/ à dîner. Sans d'ailleurs personne puisqu'elle n'avait plus tellement le temps de sortir de toutes façons, hein, vu que la majeure partie de son temps passait dans son entreprise. Qui ne marchait pas. La jeune fille se demandait un peu ce qui lui avait pris de venir à Londres, parfois. Elle aurait dû rester dans son Irlande tranquille à bidouiller des voitures moldues pour des clients moldus. C'était moins intéressant comme vie, mais au moins elle pouvait payer ses factures.

Elle s'était rendue sur la place universelle, habillée n'importe comment – un jean en mauvais état, des bottes, une chemise immonde, violette à pois verts fluos – parce qu'elle avait autre chose à faire que de se faire belle vu qu'elle voulait juste s'arsouiller un bon coup, et de s'occuper de tous ses problèmes demain. Avec une belle gueule de bois et beaucoup de café. Ca faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait quelque chose de stupide comme ça. April avait l'impression d'en avoir besoin.

Elle marcha un moment dans des petites rues, les mains dans les poches, en cherchant un bar … celui-là ferait l'affaire. Il avait l'air un peu en retrait par rapport aux autres immeubles, avec une porte un peu petite, en bois, et il fallait descendre quelques marches d'escaliers pour l'atteindre. Il donnait l'impression d'avoir été enfoncé ici parmi les autres bâtiments, comme si on avait du beaucoup appuyer dessus pour le faire rentrer à sa place. Et sa pancarte mal peinte montrant un sorcier et un hybride vidant de grandes chopes de liquide suspect plut tout de suite à la jeune femme. Un endroit qui avait l'air un peu infréquentable mais pas trop, où on devait pouvoir boire beaucoup sans que personne ne s'offusque trop de son apparence – avant la boisson, et aussi après. C'était parfait. Elle y entra sans plus attendre.

April se dirigea directement vers le bar et s'affala sur l'un des tabourets. Elle regarda d'un air distrait les bouteilles, la carte, et puis laissa tomber.

« M'sieur. » héla-t-elle. « Un cocktail. Avec de l'alcool fort dedans. Beaucoup d'alcool fort. Un truc de sorcier, aussi, histoire que je découvre quelque chose de nouveau. Si vous hésitez, c'est pas grave, amenez-m'en plusieurs. Et, euh, voilà, merci. »

Ouais. April ne donnait pas vraiment l'air d'être très agréable, ce soir, et elle n'était pas vraiment d'humeur à l'être. Elle avait plutôt envie de s'affaler sur ce bar, à ruminer ses problèmes, en fait. Et c'était bien parti pour.

La jeune femme tourna la tête pour regarder un peu le monde autour d'elle. L'endroit avait l'air rempli mais pas trop, il y avait quelques autres personnes assises autour d'elle, et une femme, qui avait l'air plutôt jeune et jolie, April lui aurait donné son âge environ, et qui semblait seule elle aussi, devant un verre. April la regarda, la tête appuyée contre sa main et le coude posé sur le bar, en se demandant ce qu'elle fichait là. Peut-être qu'elle aussi, elle avait des problèmes avec son travail et que son meilleur ami la laissait en plan pour dîner avec une horrible greluche prétentieuse. Heh. La pensée fit sourire la rouquine. C'aurait été drôle de se faire une camarade de boisson ce soir.

Et puis après tout pourquoi pas. Elle avait rien à perdre. Après un long moment passé à la regarder, April tenta d'entamer la conversation.

« Hé, bonsoir. Qu'est-ce qui vous amène ici ? »

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Gillian H. Twain
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17.10.14 20:30

Gillian était dans ce bar pour un seul et unique but : se bourrer la gueule. Elle avait eu une semaine terrible, et ce vendredi soir de week-end loin des élèves et de Poudlard était plus que bienvenu. Imaginez un peu : la pauvre professeur d’alchimie avait passé la semaine à se battre avec l’un de ses collègues – portant le doux nom de Viridus – à propos des décorations d’Halloween, et leurs disputes d’enfant avaient si mal finies qu’elle s’était retrouvée avec la tête coincée dans un cucurbitacée grimaçant. Et, évidemment, qui l’avait aidé à en sortir ? Le Professeur Leone, qui se situait plus ou moins tout en haut dans sa liste de pères potentiels. Ce malheureux incident mis à part, elle avait observé une forte propension de ses élèves à sécher ses cours – les sales gosses ! – et avait dû aider à remettre les conditions climatiques en place après que les gobelins de l’école aient fait une fausse manip, à cause des explications opposées données par le petit personnage et elle-même.

Bref. Gillian avait besoin d’oublier tout ça et, afin de pouvoir être pleinement satisfaite et aidée dans sa recherche de la cuite absolue, elle avait choisi un bar où elle pouvait oublier toute décence, parce qu’il était si petit et lugubre qu’aucun homme éligible pour être père n’aurait osé y mettre le pied. Enfin non, il n’était pas lugubre. Pas excessivement lugubre. Mais l’humeur de la professeure l’incitait à penser que tout irait au plus mal : peut-être qu’avec la tombée de la nuit, le lieu se transformerait en endroit sordide où des couples cherchaient à batifoler un peu. Quoique. Après tout, ce ne serait peut-être pas si terrible… Tout à fait ronchon, elle décida d’attaquer avec ce qu’elle connaissait de plus fort : la liqueur de morve de troll. Trois shots de ce délicieux poison, et elle rejoindrait la douce contrée des gens bourrés, mais heureux.

Son verre était en train d’être préparé quand une demoiselle vint s’asseoir à côté d’elle. Elle était plutôt jolie, et Gillian tomba presqu’immédiatement sous le charme de sa chevelure de feu. D’une oreille distraite – on venait de poser sa liqueur devant elle, et le verre était vachement plus grand que ce qu’elle imaginait – elle l’écouta commander. Ah. Apparemment, elle aussi était là pour oublier sa semaine pourrie. Ça valait peut-être le coup d’entamer une conversation – parce qu’au final, Gillian n’aimait pas plus que ça boire seule. Elle cherchait une phrase d’accroche un peu classe quand l’autre se chargea de lancer la chose. Un peu blasée, mais néanmoins souriante en coin, elle répondit :

« J’ai besoin d’oublier les deux heures que j’ai passées avec la tête coincée dans une citrouille. »

Et puis, elle-même amusée par l’incongruité de la conversation, elle tendit sa main vers la rouquine avant de dire, tranquillement :

« Gillian, Professeur d’Alchimie à Poudlard qui lutte avec des collègues nerveux. Je vous conseille l’alcool de troll personnellement. C’est l’idéal pour oublier une semaine difficile. »

Elle n’avait pas besoin d’avoir tout le détail de ce qui amenait April ici : sa demande d’alcool fort en exprimait assez.
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April H. Solomon
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17.10.14 21:14

La jolie fille assise à côté d'elle semblait heureuse de pouvoir faire la conversation avec quelqu'un. Apparemment, elle n'avait pas non plus passé une bonne semaine, mais sa vie semblait plutôt ponctuée d'événements pittoresques que de banals problèmes de sous. April n'avait encore jamais rencontré quelqu'un qui avait fini la tête dans une citrouille. Peut-être était-ce une expression, en fait – mais elle n'avait encore jamais vu quelqu'un s'enivrer pour une expression. Peut-être que la mécanicienne devrait passer plus de temps dans le Londres sorcier. Elle avait toujours l'impression d'être un peu à côté de la plaque quand elle y venait, comme si elle était l'équivalent de ces sorciers qui se promenaient en pays moldu habillés n'importe comment. Bon. Si les cocktels valaient le détour, et qu'elle se souvenait de sa soirée demain matin, elle essayerait sûrement de faire un effort et de revenir ici.

La jolie fille se présenta – Gillian, professeure à Poudlard. (April la trouvait très jeune pour une professeure. Pas étonnant qu'elle ait du mal à s'adapter. Elle devait être nouvelle et intimidée par les personnalités excentriques de cette école, dont elle avait des échos à travers les lettres de sa cousine.) La jeune rousse accepta la main tendue et la salua en se présentant à son tour :

« April, mécanicienne qui lutte avec … avec un peu tout en fait. Il y a des jours comme aujourd'hui où je me demande ce qui m'a pris de déménager à Londres. J'ai une cousine qui travaille à Poudlard, elle est professeure de Divination. »

« Et merci pour les recommandations, » continua-t-elle. « Je ne connais pas les alcools sorciers. Je passe beaucoup de temps dans le monde moldu. » Sa tenue actuelle démentait un peu ses dires – maintenant qu'elle y pensait, elle ressemblait à ces sorciers qui s'habillaient en empilant tout ce qui avait plus ou moins l'air moldu dans l'espoir de ressembler à ces gens-là. April avait vraiment l'air ridicule, et Gillian allait sûrement se faire des idées. Qu'importe. Elles étaient surtout là pour boire, après tout.

« Monsieur ! » clama-t-elle en direction du barman. « Je vais essayer l'alcool de troll. Donnez-moi un verre au moins aussi grand que le sien. Merci beaucoup ! »

Voilà qui était fait. Si l'alcool de troll se révélait avoir un goût atroce, April boirait tout d'un coup en faisant la grimace et commanderait autre chose. Au vu de la carte, il y avait pas mal de choses à essayer. Elle n'allait pas s'ennuyer avec la boisson ce soir.

« Donc. La tête dans une citrouille, hein. » reprit-elle un peu maladroitement, avant de laisser mourir là leur conversation. April était partagée entre l'envie de se plaindre en long et en large de sa journée, et de Laertes, et de cette succube de Velma qui lui tournait autour, et l'envie d'en savoir plus sur les malheurs de Gillian qui semblaient beaucoup plus originaux que les siens. Et elle ne savait pas trop comment faire pour commencer la discussion, surtout qu'elle était toujours de très mauvaise humeur et fâchée envers le reste du monde. L'alcool aiderait. Mais il fallait encore le boire.

Heureusement, un énorme verre remplie d'une substance verdâtre fut posé devant elle, et la jeune femme s'en empara tout aussitôt. Elle le regarda un instant, l'air pas franchement convaincue, ni franchement rassurée, puis elle prit son courage à deux mains et en avala une grande rasade en fermant les yeux.

C'était … alcoolisé. Elle pouvait sentir la boisson lui brûler l'intérieur de la bouche. Et c'était un peu pâteux aussi, et un peu vert, si le vert pouvait être un goût, cette boisson portait bien son nom, sauf qu'elle n'était pas si mauvaise que cela, et qu'on pouvait même dire qu'elle était bonne, enfin presque. C'était tout à fait ce qu'il lui fallait. Gillian était de très bon conseil.

« C'est … c'est pas mal. » constata-t-elle. « Vous aviez raison. La liqueur de troll, c'est parfait pour ce qu'il me faut. A la votre ? »

Et April reprit son verre en regardant Gillian.

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Gillian H. Twain
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27.10.14 21:22

Gillian se rendait bien compte que dire que son plus gros problème en ce moment était de s’être retrouvée avec la tête coincée dans une citrouille était un peu pathétique. L’autre demoiselle – qui portait le doux nom d’April, nom qu’elle affectionnait particulièrement – devait avoir des choses bien plus graves dans sa vie. Déjà, elle travaillait avec des moldus, ce qui était assez grave en soi – Gillian n’avait rien contre eux, mais elle détestait devoir garder des secrets et n’était pas sûre de comment des incultes de la magie réagiraient en voyant leur eau se transformer en vin. Déjà, leur apprendre que Jésus était un simple alchimiste serait sans doute dur à avaler pour eux. Mieux valait donc qu’elle garde tout ça secret, et elle avait du mal à imaginer le quotidien des sorciers vivant auprès de moldus : comment faisaient-ils pour… Vivre sans magie. Cacher leur condition. Garder le secret, en permanence ? Non, rien que l’idée donnait envie à la Professeure de vider son verre d’un trait.

« Oh, ça doit être Circé ! Elle est très… Sympathique ! »


Et un peu allumée, aussi. Twain n’avait jamais vraiment cru à la divination – probablement parce qu’il lui manquait son troisième œil, et qu’elle n’avait pas vraiment pris le temps de le développer, trop concentrée qu’elle était sur l’alchimie. Mais elle devait reconnaître que Circé était une personne agréable, avec laquelle elle ne passait certes que trop peu de temps, mais néanmoins sympathique. Peu désireuse de continuer sur le sujet – elle avait peur de lui dire que sa cousine n’était qu’une illuminée de plus dans le monde tordu des professeurs de Poudlard, et de la vexer – elle laissa mourir la conversation, se plongeant avec délectation dans la peu appétante liqueur de troll qui lui brûlait les entrailles et lui permettrait d’oublier à coups sûrs cette journée. Voire cette semaine. On prêtait beaucoup de vertus à la liqueur de troll – c’était presque aussi puissant qu’un sort Oubliettes.

Et c’est là qu’April fit mine de vouloir trinquer avec elle. Gillian avait beaucoup voyagé, dans sa jeunesse – outch, parler de sa « jeunesse » lui faisait encore plus mal qu’avaler le liquide verdâtre – et avait appris les nombreuses superstitions alcooliques de nombreux moldus. Elle savait ainsi que trinquer sans se regarder dans les yeux, en France, était signe de malheur : elle prenait donc un soin tout particulier à obliger les gens à se plonger dans son regard plutôt que dans son trop souvent généreux décolleté quand elle le faisait. De la même façon, trinquer après avoir bu était synonyme de sept ans de malheur sexuel au Brésil. Et elle n’avait vraiment, vraiment pas besoin de malheur sexuel en ce moment, et surtout pas pendant 7 ans : elle risquait bien trop de se retrouver infertile d’ici à ce que la situation s’améliore. Alors, au lieu de lever son verre, elle déclara :

« A la vôtre, oui ! Ne m’en voulez pas si je ne trinque pas : j’ai appris au Brésil que c’était porteur de biens mauvaises nouvelles de le faire après avoir entamé son verre et, croyez-le ou non, je suis un peu superstitieuse. »

Surtout quand ça concernait l’alcool. Décidée à faire la conversation, Gillian partit du principe que sa compagne d’un soir – et n’y voyez-là aucun attribut graveleux ! – était au moins aussi bavarde qu’elle – ou presque – et décida de la lancer sur ses problèmes, son métier, sa vie avec les moldus. Parce que quand même, ça l’intriguait : comment faisait-elle pour ranger son atelier sans magie ? l’utilisait-elle la nuit discrètement, quand les moldus dormaient ? Quel curieux choix de vie que celui-là !

« Je vous avais dit que c’était la boisson idéale pour remplacer le sort d’Oubliettes. Alors, dites-moi : vous avez dit être mécanicienne pour les moldus… Qu’est-ce qu’une mécanicienne ? Et. Ce n’est pas trop difficile de vivre avec les moldus en permanence, la magie ne vous manque-t-elle pas ? »

Oui. Elle se rendit compte après coup de combien elle pouvait se montrer inculte, parfois.
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April H. Solomon
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28.10.14 20:27

April avait levé son verre, mais Gillian ne voulait pas trinquer. Ah ? Elle lui expliqua que trinquer après avoir bu était porteur de mauvais présages au Brésil, et qu'elle ne voulait pas s'y risquer. April haussa les épaules. Elle ne croyait pas à ces histoires, elle, mais elle n'en dit rien. Elle était surtout curieuse de savoir ce qu'on pouvait bien croire au Brésil : en fait, si April était partie loin de sa société natale pour s'immerger dans une culture étrangère, celle des moldus, elle n'avait jamais vraiment voyagé. Elle avait tout au plus vu les îles Britanniques. Si elle avait eu plus d'argent, peut-être qu'elle aurait pu voir d'autres endroits. Paris n'était pas très loin, par exemple, avec l'Eurostar et tout, et Laertes aurait sûrement aimé voir Paris.

Laertes. Le visage d'April se renfrogna, mais elle n'eut pas le temps de ressasser ses mauvais souvenirs : Gillian l'en empêcha en lui posant une question. Sur son métier, et sur le monde moldu. La jeune femme prit tout de même le temps d'engloutir une grosse gorgée de morve de troll, parce qu'elle avait pensé à Laertes, et puis elle se mit à répondre.

« Je suis mécanicienne, je travaille sur les machines, » commença-t-elle ; « les véhicules comme les voitures ou les motos. Ou, enfin, dans le monde sorcier il y a le magicobus par exemple. Je travaille sur des choses comme ça. »

April n'aimait pas beaucoup le magicobus. Bien sûr, c'était bien qu'il existe, c'était bien qu'on montre au monde sorcier que les inventions moldues avaient du potentiel – mais c'était mal fait. Tellement mal fait que cet engin avait une réputation désastreuse, il était bruyant, il était inconfortable, et surtout il avait l'air dangereux. Il fallait s'accrocher quand on prenait le magicobus, au propre comme au figuré. On avait toujours peur de finir écrasé dans un relief quelconque du paysage, et on avait toujours du mal à garder son déjeuner. Les propriétaires tentaient tant bien que mal de rendre le trajet moins désagréable, mais leurs efforts étaient un peu vain. Il aurait fallu retravailler les enchantements faits sur le véhicule. Bien sûr, ce n'était pas facile, mais quand même, c'était scandaleux de voir qu'on avait envoyé ce bus sur les routes alors que le travail laissait clairement à désirer.

Et même en-dehors de son amour du travail bien fait, April n'aimait pas le magicobus parce qu'il lui faisait de la mauvaise publicité. Elle n'avait pas d'autres exemples sous la main pour ses potentiels clients, et du coup tout le monde s'imaginait qu'elle créait des sortes d'engins infernaux dès qu'elle prononçait ce nom maudit. Ou qu'elle décrivait son travail. Dans l'esprit de tous les sorciers qu'elle avait rencontrée, l'alliance de la technologie et de la magie, ce qu'elle essayait en vain de faire et de populariser, c'était le magicobus.

« Et la vie chez les moldus me plaît beaucoup. Je l'ai choisi, vous savez. Au début, c'était dur de ne pas avoir de baguette sous la main, c'était vrai, mais on s'y fait. Les moldus ont toujours vécu sans magie, et ils sont très inventifs. Ils ont créé plein de choses formidables pour se rendre la vie plus facile – tenez, rien que le papier à lettre et les stylos à bille. Nous autres sorciers, nous en sommes toujours à utiliser des plumes et des encriers, ça fait des tâches, il faut remettre de l'encre dans la plume tout le temps, et parfois ça fait des trous dans le parchemin, et les inventions des moldus à côté, ils n'ont jamais besoin de remplir leurs stylos, et ça ne goutte jamais non plus, l'outil glisse sur le papier et forme de jolies lettres, c'est beaucoup plus facile, et plus propre, et plus rapide, et moins encombrant. Et plus joli aussi, du coup, je trouve. »

« J'ai tendance à penser que les sorciers s'appuient beaucoup sur leur magie, ce qui n'est pas un mal, la magie, c'est vraiment pratique, mais ils ont tendance à beaucoup moins réfléchir quand un coup de baguette s'occupe de tout à votre place. Vivre dans le monde moldu était un peu déroutant au début, mais très vite c'est devenu beaucoup plus agréable – et je suis devenue beaucoup plus débrouillarde que par le passé, aussi. Maintenant, je vis chez les sorciers, et j'utilise ma baguette en permanence comme tout le monde, mais j'ai une flopée d'instruments moldus qui me simplifient la vie tous les jours. J'ai un peu le meilleur des deux mondes, en fait. »

« Et j'étais revenue ici pour le montrer à tout le monde. Mais ça marche pas. »
et April, qui s'était montrée bavarde et enjouée jusque-là, ravie de parler du monde moldu à quelqu'un d'intéressé, redevint amère, et se tut, marquant un silence. Elle s'enfila une nouvelle rasade de morve de troll. « Des fois je me demande pourquoi j'ai quitté l'Irlande pour venir ici. »

« Et vous ? » reprit-elle, soucieuse de ne pas trop gâcher l'ambiance non plus, « Vous êtes allée au Brésil ? Qu'est-ce que ça apporte, comme mauvaise nouvelles, de trinquer après avoir bu ? » Elle avait bien compris que Gillian n'avait pas trop envie de parler de son travail. La professeure n'avait fait qu'évoquer Circé avant de passer à autre chose - et si elle était là, c'était aussi pour oublier la semaine passée, après tout. Le Brésil était un chouette sujet, et April était curieuse de savoir pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas voulu trinquer.

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Gillian H. Twain
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11.11.14 11:29

Contre toute attente, April était une personne délicieusement intéressante. Gillian avait toujours pensé que les sorciers qui se mêlaient aux moldus étaient des gens sans talent pour la magie et un peu désespéré, qui avaient un passé douloureux, souhaitaient changer de vie et manquaient cruellement d’imagination pour le faire au sein du monde sorcier. Mais elle réalisait, en entendant la passion dans la voix d’April, qu’ils ne s’agissaient là que de cruels clichés, comme les gens qui pensaient que l’alchimie n’était qu’un substitut à la magie pour les personnes en conflit avec leur baguette. Gilly et sa baguette s’entendaient très bien – même si leur relation n’était pas aussi fusionnelle que celle qu’elle avait avec ses cailloux. Et entendre ça la peinait à chaque fois, quelque part, parce qu’elle considérait le monde alchimique comme étant absolument merveilleux, et le premier créateur des rêves de sa vie. Aussi ne partagea-t-elle pas ses à-priori, se contentant d’écouter, respectueuse. Elle avait toujours aimé la passion chez les autres et, à ses yeux, c’était ce qui donnait le plus d’intérêt à une personne. C’est pour ça, en partie, qu’elle appréciait particulièrement Laertes : parce que quand il parlait de peinture, il n’était plus ce petit être fragile et mercurien, mais il se consommait dans les flammes du souffre de son identité.

Et Gillian pouvait parfaitement comprendre la déception qu’elle percevait dans la voix d’April, quand elle lui racontait comme c’était difficile de faire partager sa passion, et d’aider les gens à la comprendre. La Professeure avait souvent ressenti ça, et son nouveau métier lui avait permis de transmettre ses connaissances à des jeunes gens qui, parfois, se destinaient à suivre les glorieuses traces de Nicolas Flammel – et, sans vouloir faire de comparaison entre ce sorcier célèbre et elle, parfois les siens. Un sourire naquit aux coins de ses lèvres, quand elle pensa à Cepheus, qui avait un bien sot métier, mais dédicaceait une partie de son temps libre à l’aider dans sa dernière lubie. C’était ce genre d’étudiants qui permettait à Gilly d’avancer, et qui lui faisaient aimer la vie plus que tout au monde. Peut-être pouvait-elle conseiller à April de devenir professeur d’étude des moldus, le jour où Archibald quitterait l’école ?

Docilement, Miss Twain accepta le changement de conversation. Elle sentait que la rouquine n’avait pas franchement envie de s’étendre sur le sujet de ses échecs, et c’était un retournement de situation tout à fait compréhensible. Qui plus est, parler du Brésil – ou de n’importe quelle autre de ses destinations de voyage – lui permettait de parler de Nicolas Flammel, et avoir étudié à ses côtés était une fierté sans nom pour la professeure, qui s’énorgueillait de pouvoir en parler comme d’un ami. Tout sourire, elle posa son verre pour répondre, comme animée par une force obscure :

« Oui, j’ai voyagé un peu partout dans le monde – par des moyens sorciers, par contre. J’ai étudié un bon moment aux côtés de Nicolas Flammel, dont le nom ne doit pas vous être inconnu. C’est un célèbre alchimiste, et c’est une de mes plus grandes fiertés, d’avoir pu le suivre dans ses aventures. Nous sommes allés au Brésil à plusieurs reprises pour trouver un composant qui permettrait certaines transmutations concernant les matières rocheuses et sulfuriques. Là-bas, j’ai rencontré pas mal de sorciers très intéressants, et il y a une coutume moldue qu’ils ont adoptés – ils se mélangent beaucoup plus aux moldus qu’en Angleterre, même s’ils ne leur ont pas révélé leur présence pour autant. Celle de ne jamais trinquer après avoir bu. On dit que ça apporte 7 ans de malheur en amour, et je crois que personne, dans le monde entier, n’a envie de subir ça pendant 7 ans ! La quête de l’amour est universelle… »


Gillian sourit à sa compagne. La liqueur de troll commençait à faire effet, et elle sentait ses joues rosir plus que de normal. D’humeur à faire des confidences – blâmons l’alcool et le désespoir d’avoir du passer une semaine avec ce nabot de Viridus ! – elle se pencha vers April pour lui sussurer :

« En fait, c’est surtout 7 ans de malheur en sexe. Et j’aime bien trop le sexe pour risquer le coup, vois-tu. Et arrête de me vouvoyer, tu me fais me sentir vieille, et j’suis pas vieille. »

Non, Gillian n’est pas vieille. Comme dirait l’autre : l’âge, c’est dans la tête !
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April H. Solomon
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13.11.14 21:44

April écoutait gentiment Gillian en sirotant son verre de liqueur. C'était très intéressant de la boire par petites gorgées. L'agressivité de l'alcool était plus diffuse, et elle avait presque l'impression de pouvoir mâcher sa boisson. Il fallait juste qu'elle oublie le nom de ce cocktail et qu'elle se concentre sur ce que disait Gillian. April allait probablement essayer autre chose la prochaine fois, quand même. C'était assez déconcertant, quand même, cette impression d'avoir un mollard dans la bouche. Les sorciers avaient des idées étranges en matière d'inventions culinaires – c'était du niveau des dragées de Bertie Crochue, ça. Bref. Gillian, le Brésil, Nicolas Flamel.

Gillian avait l'air d'avoir vécu une vie passionnante tout de même – et elle était encore jeune. Elle devait avoir tout juste fini ses études. April avait exploré le monde inconnu devant sa porte, Gillian était partie dans des pays exotiques et tropicaux, avait rencontré des sorciers étranges et cherché des trésors à travers le pays. La jeune rousse l'écoutait avec fascination maintenant (et elle avait totalement oublié la consistance de sa boisson), jusqu'à la chute finale, sur la superstition derrière la coutume qui avait empêché son interlocutrice de trinquer avec elle.

« Ha ! » commenta-t-elle, amusée ; « ça expliquerait peut-être pourquoi j'ai tellement d'ennuis avec les mecs, alors ! Je trinque tout le temps sans faire attention. Bah, écoute, à tes sept ans de vie de sexe active et épanouie et tout ce que tu veux ! »

Et la jeune femme leva son verre avant de le finir d'un coup.

« Monsieur ! Un autre ! » héla-t-elle sans discrétion. « Mais pas le même machin. Quelque chose de, euh, de bleu, tiens. Si vous avez un cocktail bleu. Ou juste quelque chose de fort, ça marche aussi ! »

C'était assez amusant. April n'avait pas tout de suite senti les effets de l'alcool. Ce n'était qu'à la fin de son verre qu'elle s'était rendue compte que sa tête tournait déjà un peu. Elle se mit à sourire à Gillian. Elle était d'humeur aux confidences elle aussi.

« Et dis ... » continua-t-elle, prenant le ton de celle qui partageait des secrets elle aussi, « Si tu tiens tant à ne pas avoir de malheur en sexe, c'est parce que t'as quelqu'un en vue ? Tu es très jolie, tu peux mettre qui tu veux dans ton lit, j'en suis sûre. »

Gillian avait amené le sujet, après tout – et c'était bien le genre de discussion qu'il fallait pour une soirée comme celle-là. April n'était pas venue boire du thé entre dames de bonne compagnie. Elle était venue noyer sa journée et tous ses problèmes dans l'alcool. Et ce qui était bien, c'était que boire un petit peu d'alcool l'encourageait à poursuivre son but et boire encore plus.

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Gillian H. Twain
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14.12.14 0:42

L’alcool de morve de troll était sans aucun doute la plus belle invention des sorciers. Après l’alchimie, évidemment. Regardant quelques secondes son verre vide et sans vie, la pauvre Gillian – qui avait à peu près la même résistance à l’alcool qu’un boursouflet à la marijuana – se promit intérieurement de réfléchir à un moyen alchimique de transformer l’abominable jus de citrouille de Poudlard en morve de troll. Geste qui lui vaudrait sûrement son renvoi, mais ce n’était pas l’heure de penser à des choses aussi tristes que le chômage – qui, heureusement, ne frappait pas aussi durement le monde sorcier que le monde moldu, les sorciers n’investissant pas leur argent dans la bourse. Satisfaite de cette réflexion plutôt impressionnante vue l’heure et sa faible résistance à l’alcool – on ne répètera jamais assez combien Gillian est peu résistante – elle pose un regard cotonneux sur le verre qui vient d’être posé devant April. Oh. De la liqueur de détraqueur. Pas du tout prête à avaler cette chose ignoble qui lui a toujours donné l’alcool triste, Gillian appelle le serveur et demande :

« Un cocktail rose crins de licornes porfa. »


Placer un semblant d’espagnol à la fin de sa phrase. Rien de plus class’. Persuadée d’avoir un style à toutes épreuves, Gillian se retourne en faisant claquer ses cheveux dans l’air telle une licorne sauvage. Si ce n’est sa tête, ressemblant vachement plus à une harpie prise par surprise en train d’embraser une vêlane. Quelques secondes yeux dans les yeux avec April, le temps de réaliser la portée de ses paroles, et puis, finalement, Miss Twain éclate d’un rire tonitruant qui, notons-le au passage, n’a rien d’élégant. Mais alors vraiment rien. Finalement, après avoir réussi à calmer la crise d’euphorie qui lui donnait un air vague de ressemblance avec un moldu épileptique, elle répond enfin :

« Ah ça non. »


On l’a connu plus bavarde, la blonde. Ah. C’est qu’il lui reste encore quelques éclats de rire saveur morve de troll à laisser sortir. Enfin, elle sourit doucement à la jeune April, et lui dit, ayant oublié soudainement toute notion d’intimité et de savoir vivre :

« J’ai beaucoup, beaucoup de gens en vue – j’ai même une liste chez moi ! Avec des notes et tout ! – Mais malheureusement, je dois avoir un pouvoir repoussant sur l’espèce masculine, quelque part, je sais pas exactement le pourquoi du comment. Parce que figure-toi que je fais tout bien hein. Je me penche en avant, serre mes bras pour faire ressortir mes seins, je souris, j’essaie de pas trop parler d’Alchimie et de passer pour une idiote parce qu’apparemment c’est ce qui plaît mais non. Tout ce que je peux mettre dans mon lit, c’est un troll je crois. Et encore, même eux je suis pas sûre de pouvoir les séduire. »


Elle rigole un peu, avale une grande gorgée de rose crins de licorne et rajoute avec enthousiasme :

« En même temps, je travaille à Poudlard, et c’est quand même pas l’environnement idéal pour rencontrer l’âme sœur, à moins d’avoir un étrange penchant pour les prépubères. »


Tu me diras, ils doivent sûrement être plus fertiles…

« Et toi April, dis-moi, honnêtement… T’as déjà couché avec un moldu ? »


Ai-je mentionné que Gillian ne supportait vraiment, vraiment pas l’alcool ?
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April H. Solomon
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14.12.14 17:39

Gillian avait l'air passablement éméchée. C'était le moins qu'on puisse dire. Ouais. April lui fit un grand sourire, regardant sa nouvelle amie s'exciter toute seule en restant à moitié affalée sur la table. La morve de troll, ça tapait pas mal, hein. Heureusement que la jeune rouquine tenait mieux l'alcool que sa camarade, qui jouait à refaire une pub l'oréal version sorcier en se retournant vers elle, avant de s'arrêter quelques instants, le temps que le monde arrête de tourner et que les informations remontent au cerveau. April se mit à glousser doucement. Ouais, heureusement qu'elle tenait mieux l'alcool, hein ! Ouais.

Elle allait l'essayer le cocktail à la licorne, en tous cas.

Gillian se mit à lui raconter sa vie sexuelle dans le détail et April écouta, fascinée. Elle faisait des notes sur les mecs qu'elle rencontrait, et elle les classait dans une liste. Ah ouais, quand même. Elle faisait pas semblant. Et elle avait quoi, vingt-cinq ans ? Un coin pas encore tout à fait imbibé de l'esprit de la jeune mécanicienne émit l'hypothèse que, peut-être, s'il pouvait se permettre une remarque, sans vouloir offenser personne, peut-être que Gillian essayait un peu trop fort. Elle aurait sûrement le temps de trouver le mec qui lui conviendrait dans la vie. Il fallait qu'elle le prenne cool. Mais ce morceau de cerveau était étouffé par une question beaucoup plus intéressante qui occupait tout le reste de l'espace disponible dans la tête de la rousse – April se demandait, genre vraiment beaucoup, à quelle position Laertes finirait dans cette liste. Par curiosité. Comme ça. Hein. Enfin c'était mieux de pas trop lui parler de Laertes non plus. April ne savait pas trop pourquoi, mais elle n'avait pas trop envie de voir son meilleur ami batifoler avec une nouvelle amie à elle. Surtout une amie avec des seins pareils. Déjà que Velma en avait des bien gonflés. April se mit à se demander si Laertes ne préférait pas les filles avec des gros seins, en fait. D'abord Velma, ensuite Gillian … Et elle, elle était franchement plate. C'était nul. Peut-être qu'elle devrait faire l'idiote elle aussi. Velma n'avait rien dans la tête, après tout, et Gillian venait de lui dire que ça marchait. Tout dans la poitrine, rien dans la cervelle, c'était là la technique pour attirer les mecs ? Enfin. A quoi elle pensait, là. Euh.

April se secoua la tête pour en faire sortir toutes ces pensées stupides, et engloutit la moitié de son cocktail d'un coup. Et fit la grimace devant la force de l'alcool. C'était tout à fait ce qu'il lui fallait pour ce soir. Heureusement qu'elle tenait bien l'alcool, et qu'elle ne se mettait pas à faire des choses stupides elle non plus. April souriait bêtement en écoutant Gillian.

« Ouaaais, nan, faut pas avoir de penchant pour les prépubères, c'est pas bien. » commenta-t-elle en hochant gravement la tête. Ca lui paraissait parfaitement intelligent comme remarque.

Et puis ce fut à son tour de parler de ses histoires de galipettes. April se remit à glousser à la mémoire d'anciens souvenirs. Et but un bon coup de son cocktail (il était plutôt pas mal ce truc, ouais) avant de se mettre à parler.

« Alors, ouais, j'ai été avec un moldu une fois. J'ai même été avec plusieurs moldus. Mais pas en même temps hein. Euh. Et on a couché ensemble aussi ? Et honnêtement, c'était cool – c'est comme tout le reste, on a pas le droit d'utiliser la baguette, mais y'a la technologie, et on peut beaucoup s'amuser avec aussi, enfin si tu vois ce que je veux dire, hein ! » April lui fit un clin d'oeil complice. Sa vie était moins affriolante que ses paroles ne le laissaient croire, mais elle était trop imbibée pour se rendre vraiment compte de ce qu'elle disait.

« Et toi, avec tous tes voyages à travers le monde … Tu n'as jamais couché qu'avec des sorciers ? » April lui fit un large sourire, avide d'en savoir un peu plus sur sa compagne à la vie si exotique.

Heureusement qu'April tenait quand même vachement mieux l'alcool que sa comparse, hein. Ouais.

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Gillian H. Twain
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14.12.14 20:09

Non. Non, Gillian n’avait absolument aucune idée de ce que pouvaient être les technologies moldues, mais elle se rappelait vaguement de ce qu’April lui avait dit un peu plus tôt, à propos du Magicobus. La technologie était donc le magicobus sans la magie, c’est à dire une affreuse et bruyante machine qui tremblait partout et n’avait rien de confortable. Et franchement, il était difficile pour le Professeur Twain d’imaginer en quoi le magicobus pouvait épicer une relation sexuelle – quoique, en terme de lieu incongru, on pouvait difficilement trouver mieux… A condition, bien sûr, d’accepter les brutales secousses, au risque de rompre le précieux organe masculin à l’approche d’une rue un peu étroite. Ayant un pressentiment assez intense qu’il valait mieux ne rien dire au risque de blesser sa nouvelle amie – parce que oui, à ce stade de conversation, Gilly parlait facilement d’amitié ! – la professeur se contenta d’un grand sourire, se promettant d’aller voir tout ça de plus près parce que, franchement, ça la perturbait beaucoup.

Quoique si le magicobus pouvait rétrécir pour passer entre deux voitures, peut-être que… HUM.

Cette fois, si les joues de Gillian étaient teintées de rose, ce n’était pas uniquement à cause du cocktail de crins de licornes – dont, d’ailleurs, la quantité avait dangereusement baissée en si peu de temps. Elle avait juste subitement un flot de pensées vraiment, vraiment très déplacé, et vraiment interdit aux moins de 18 ans. Avalant difficilement une nouvelle gorgée – sans pouvoir cesser de penser au magicobus – elle écouta la question d’April et ne put répondre qu’une seule chose, qui occupait les trois pauvres neurones pas encore noyés de son cerveau :

« Dans le magicobus ? »


Consternation et surprise absolue. Réalisant presque immédiatement (un quatrième neurone venait de sortir la tête de l’alcool) la bêtise de cette réponse, elle éclata d’un rire un peu trop fort et un peu trop gras pour appartenir à quelqu’un de sobre – ce qui, soyons clairs, n’était déjà plus le cas après un demi verre de morve de troll. Et puis, elle répondit enfin, presque (presque) sérieuse (dans la mesure du possible, du moins) :

« Ouais, nan, j’ai jamais fait dans le moldu. »


Elle se penche vers elle, comme pour dire un secret de la plus haute importance, et annonce :

« Ils parlent pas d’Alchimie, et c’est trop dur pour moi de pas en parler alors… SERVEUR ! BARMAN ! TOI ! UN AUTRE COCKTAIL ! ROUGE ! ROUGE SENSUEL ! »


Dernière partie hurlée qui avait probablement douloureusement blessé les tympans d’April, avant que Gillian ne finisse d’un trait son verre, et n’adresse un doigt d’honneur à un type qui, elle en était sûre, lui avait jeté un regard un peu trop insistant (et sûrement, sûrement pas parce qu’elle était ivre morte à 20h et parlait extrêmement trop fort de conversations qui seraient sûrement mieux dans le privé).

« Bon dis-moi. A part le gros rustre qui nous regarde là, il y a pas un type qui t’intéresse là ? On dirait que t’aurais besoin de re-découvrir tous ce que les sorciers peuvent faire avec leur baguette, et crois-moi, ce soir, j’suis ta wing-woman ! »


Wing-woman. Hilare face à ses propres blagues, Gillian ricana toute seule (par la barbe de Merlin, elle devait vraiment arrêter de boire) et s’empara presque un peu trop brutalement du nouveau cocktail rouge, qu’elle avait peur d’être un peu trop sanguin.
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April H. Solomon
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15.12.14 17:08

Dans le magicobus ? Heeein ? L'information mit un bon moment à arriver à bon port à travers la masse pâteuse qu'était devenu le cerveau d'April. Et une fois arrivée, la rousse se mit à rire d'un rire bête, parce que tout semblait beaucoup plus amusant quand on était bourrée. Heureusement que Gillian riait de même. Les deux comparses avaient l'air fines.

« Mais nan ! » corrigea-t-elle. « Pas le magicobus. Le magicobus c'est pas bien. » conclut-elle, avec l'impression de contribuer à améliorer l'état du monde en combattant les préjugés.

Puis Gillian se pencha près d'elle pour lui faire une confidence. Les moldus, elle n'avait jamais essayé. Elle ne pouvaient pas parler d'alchimie, et le sexe sans alchimie, c'était trop dur pour elle. April se demanda vaguement, au milieu d'un tas de questions mal formées, si Gillian avait besoin de ses cailloux pour atteindre le plaisir. Peut-être qu'on pouvait faire des tas de trucs chouettes avec, en fait. Un peu comme les jouets du monde moldu. Ils étaient magiques eux aussi, en un sens. Et très chouettes. Eux aussi.

Ah oui. April comprit enfin la question à propos du magicobus. Gillian ne connaissait pas les merveilleuses inventions du monde moldu, et elle n'avait rien compris – le si tu vois ce que je veux dire de tout à l'heure devait être tombé un peu à plat.

Mais tout ça fut emporté par la promesse (sonore) d'un nouveau verre d'alcool de plus. April finit le sien d'un coup pour pouvoir en avoir un autre, et fit un doigt d'honneur en concert avec Gillian, plus pour suivre le mouvement qu'autre chose.

Elle se sentait vraiment bien, là. Le monde tournait un peu autour d'elle. Gillian voulait qu'elles se lèvent et qu'elles aillent aborder les charmants jeunes hommes du bar. Ca semblait une très bonne idée, si elles arrivaient à marcher jusqu'à la prochaine table.

« Le garçon, là, il me plait bien, » répondit-elle en gloussant, en montrant du doigt un jeune sorcier plutôt mignon, caché sous son chapeau pointu et emmitouflé dans sa cape. « Je voudrais bien qu'il me fasse des choses avec sa baguette. Et je pourrais lui montrer la mienne aussi. Je veux dire, tu sais, la baguette moldue – elle est beaucoup plus grosse, et elle vibre sur commande, tu vois, c'est autre chose que les petits bouts de bois des sorciers, les baguettes c'est bien que pour les sorts, tu vois, et puis c'est mieux que ton magicobus. Et j'ai un canard aussi. Lui aussi il vibre. Si tu veux je pourrais te les prêter. Pour te faire découvrir des choses tu verras, c'est bien. Ca vibre. On va voir le beau garçon ? »

Et April se leva péniblement – le monde tournait beaucoup plus quand elle était debout – et attendit sa compagne, pour pouvoir s'approcher du gentil monsieur et lui faire des avances. Après trois ou quatre cocktails (elle ne savait plus trop) ça semblait une bonne idée. Et puis, c'était bien, elle avait pas bu beaucoup, alors elle était pas bourrée, alors elle était pas encore en train de faire des bêtises. Elle était juste bien, en ce moment. Elle était pas bourrée. Elle était bien. Et elle avait bien envie d'aller dire bonjour au sorcier là-bas qui ne se doutait de rien.

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Gillian H. Twain
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15.12.14 22:47

Gillian était. Pompette. C’est le moins qu’on puisse dire. Et c’était clairement visible, puisqu’elle parlait assez fort pour être entendue à Poudlard, et qu’elle rivalisait d’imagination quant aux moyens de placer un bon geste vulgaire ça et là. Après, donc, avoir fait un magistral doigt d’honneur au pauvre sorcier qui les regardait avec un peu trop d’insistance à son goût (parce que c’était sûr que c’était parce qu’il les trouvait séduisantes, et pas parce qu’il se demandait si les deux femmes comptaient reprendre le balai en sortant de la taverne) et avalé quelques gorgées de plus de ce fameux cocktails féériques – tiens d’ailleurs, elle se demandait s’il y avait des cocktails de fées quelque part ? – elle écouta religieusement les paroles d’April, qui tentait de lui expliquer des choses que, clairement, elle ne comprenait pas vraiment.

C’était déjà difficile pour elle d’imaginer le monde moldu quand elle était sobre, mais avec les quelques cocktails – elle devait définitivement trouver un truc goût de fée ! – c’était encore pire. Suite, donc, à son écoute embrumée de femme ivre, elle déduisit avec beaucoup de brio que les pénis des moldus – puisqu’ils n’avaient pas de baguettes – vibraient et pouvaient se transformer en petits canards. Le monde des moldus était pour le moins étrange. Gillian prit quelques secondes pour assimiler cette information, qui prenait soudainement un sens nouveau dans son esprit, et avait une très nette tendance à envahir les quelques neurones survivants de son Titanic alcoolisé personnel, et elle décida de suivre April pour aller parler à ce fameux sorcier, qui était un peu maigrichon pour être son style, mais pas trop mal quand même. Mais pas avant d’avoir demandé son alcool de fée – en espérant ne pas devenir aussi illetrée que Mémé :

« TAVERNIER ! Un cocktail d’un truc à base de fée maintenant ! »


Comment ça elle n’avait pas fini son cocktail crin de licorne – ou était-ce le second ?

« Et vous me l’apporterez LÀ-BAS. Là où il y a le mec avec le chapeau d’il y a deux ans. Cristina ne serait pas du tout d’accord avec ça. Haaaan. »


Se rappelant soudainement que sa plus grande idole était une moldue, Gillian attrape le bras d’April un peu fort, l’attire vers elle et, dangereusement proche – l’alcool avait tendance à inhiber plus encore ce qui lui restait de compréhension de « l’espace privé » - lui demande, les yeux pleins d’étoiles :

« Tu connais Cristina Cordula ? Je l’adowe ma chéwi elle est MA-GNI-FAÏK. »


Un rire un peu trop joyeux, et la blonde quasiment quarantenaire – oui, Gillian a un très fort potentiel de pédophilie – sautille joyeusement sans même attendre une réponse vers le pauvre sorcier qui, décidément, n’avait rien demandé. Persuadée d’être la plus sexy de tout le bar – avec April, évidemment – elle se penche, trempée dans sa propre auto-confiance d’être irrésistible – fait en sorte qu’il voit bien ses seins – peut-être un peu trop – et dit, dans une voix qui se veut sensuel mais qui résonne plus comme un mauvais canular :

« Bonjour beau et séduisant sorcier, mon amie ici présente te trouve mignon et voudrait voir ta baguette de plus près. »


Grand sourire, et elle pouffe. Que personne ne s’étonne que Gillian soit toujours célibataire avec ce genre de phrases d’accroche.
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April H. Solomon
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24.12.14 10:07

April tanguait un petit peu. Heureusement qu'elle avait Gillian pour l'accompagner, Gillian qui lui tenait le bras et l'empêchait de tomber dans l'autre sens, et qui lui parlait d'une sorcière Cordula et de son sortilège du ma-gni-faïk. April n'avait aucune idée de ce que faisait ce sort. Mais ce n'était pas grave, Gillian était déjà repartie en sautillant, et April se contentait de rire bêtement, d'une voix un peu grave et un peu lente qui aurait très bien convenu à un adolescent boutonneux, le cerveau remplacé par la morve de troll de toute à l'heure.

Elle avait un petit peu de retard sur son amie, et elle était très occupée à déboutonner sa chemise pour donner l'illusion d'avoir un décolleté. Il le fallait bien, pour séduire. Finalement, rageuse, et incapable de coordonner ses mouvements, April tira sur sa chemise, fit sauter un paquet de boutons, s'estima satisfaite du résultat, et s'approcha de la table où était son amie (et le sorcier mignon) et s'effondra dessus, affalée sur ses coudes d'une façon tout à fait sensuelle.

Gillian avait déjà fait les introductions. April se mit à rire du même rire tout à fait sexy de tout à l'heure, et puis rajouta :

"Si tu veux la montrer ta baguette à Gillian, ça me va aussi. Moi je suis gentille, je partage. On peut partager ensemble si tu veux. "

April pensait à ses amis. Même complètement imbibée par l'alcool, elle pensait à Gillian qui avait tellement de mal avec les garçons.

"On a pas bu avant de trinquer, alors elle aura pas de malheur en sexe, euh pendant sept ans. Moi non plus. Alors ? Ca te dit ? Tu es mignon. Nous on peut euh …"

April loucha un peu sur le décolleté de Gillian.

"Enfin tu vois déjà tout. Elle en a des gros hein ?"

C'était tout à fait perspicace comme remarque. April était très observatrice. April se mit à rire de nouveau. Il y avait quand même beaucoup plus de choses à voir dans le décolleté de Gillian que dans le sien.

Le sorcier les regardait, complètement interdit, le rose lui montant aux joues. Puis, après un silence ponctué de rires alcoolisés de la part des deux demoiselles, il prononça quelques mots d'un air pincé :

" … Vous êtes ivres. Rentrez chez vous."

April fit la moue. Ce n'était pas comme ça que les choses devaient se passer ! Il était mignon et il était censé leur montrer sa braguette. Barguette. Baguette. Bref. Il était pas censé les jeter comme ça. Enfin. Elle regarda le jeune homme d'un air hautain et le toisa dans toute la dignité qui lui restait.

"Peuh." Tout à fait. Voilà qui lui apprendrait.

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Gillian H. Twain
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30.12.14 22:55

Gillian était officiellement amoureuse de sa nouvelle amie. C’était, très probablement, l’alcool qui lui brouillait la vue, mais elle la trouvait sexy, et drôle, et agréable, et la conversation était bien, et même si son rire n’était pas très élégant, ce n’était pas grave, parce qu’elles allaient séduire du sorcier ensemble, et ça, c’était la preuve ultime de l’amitié. Ouais. Gillian aimait décidément beaucoup April, et ses discussions difficiles concernant la baguette de leur pauvre victime. Par contre, lui, il était mignon, mais pas très sympathique. Alors qu’elle s’était penchée en avant pour faire ressortir sa poitrine adorée, au milieu de laquelle trônait une pierre philosophale au bout d’un collier, avait fait ressortir ses fesses et apposé sur son visage ce qu’elle jugeait comme son sourire le plus tendancieux – évoquant vaguement une grenouille supposée se transformer en prince, mais pas vraiment – elle remarqua qu’il s’obstinait à ne pas les regarder. Comme si leur présence les déranger.

Gillian fronça légèrement les sourcils – l’alchimiste n’était pas commode dans la vie, mais alors bourrée, je vous dis pas. Sans trop de surprise, elle écouta donc la réponse barbare, impropre et malpolie de leur pauvre proie, qui n’avait pourtant rien demandé d’autre que de boire une bierraubeurre dans un verre miteux avant de retrouver sa femme chez lui, moment qu’il redoutait, sa femme étant une demi-vêlane au caractère de harpie. Mais Miss Twain était bien trop ivre pour voir la bague, ou comprendre la subtilité d’une phrase longue comme « Rentrez chez vous ». Alors qu’April faisait mine de repartir d’un air très supérieur, la professeure – qui n’avait plus rien de la noblesse professorale, à cet instant – attrapa son bras et balbutia :

« Atenmoilatoi. On va pas. On va pas partir. Devant un homme aussi infourbe et propre. »

Elle se redressa difficilement et, rouge de colère – ou d’alcool, ça dépendait des points de vue – commença mentalement à se préparer à crier. Elle aussi, pouvait avoir un caractère de harpie, quand elle s’y mettait. Et l’alcool de morve de troll n’aidait pas à calmer ses ardeurs chevaleresques. Ayant l’impression d’avoir retrouvé son aplomb, et même si elle réalisait que, vu comme le bar tournait, elle était vraiment ivre, Gillian se décida à faire une grande et longue tirade moralisatrice à ce sorcier malpoli qui avait eu la rudesse de repousser deux créatures de rêve comme April et elle. Histoire de bien souligner le côté moralisateur du discours, la blonde leva son doigt et commença à assener des coups dans l’air pour ponctuer ses phrases… Ensuite, elle se mit à parler, parce qu’elle n’avait vraiment plus assez de coordination pour faire les deux.

« Je vais t’apprendre deux-trois pitites choses mon pitit gars. Déjà. Quand des filles super super super jolies comme nous et elle on se penche devant toi et qu’on te laisse voir nos décolletés. Voilà. Et ensuite. Non. Tu dois pas. Tu dois pas faire ça des choses comme ça. C’est mal. Tu es un très vilain vilain garçon et on va même pas de te punir parce que tu es trop méchant que tu le mérites même pas. Et aussi. Tu dis pas des choses comme ça. Que t’as fait mal au cœur à April. Et c’est des cognards comme toi qui brisent le cœur des filles comme nous. Et c’est pas parce qu’on aime bien les cocktails qu’on est des mauvaises filles tu vois. Tu vois ce que je veux dire. Et arrête de tourner parce que c’est pas gentil de pas m’aider à tenir debout. »

C’est à ce moment de ce discours suintant l’élégance à tous les étages que le doigt moralisateur de Gillian vint s’écraser dans l’œil du pauvre sorcier innocent qui, sous la douleur, se mit à crier. Miss Twain, qui n’avait d’ailleurs plus rien d’une Miss, se mit à crier aussi, et c’était sans doute mieux comme ça, parce que ça couvrait tous les jurons que leur comparse lui destinait. Evidemment, le bar entier s’était retourné vers eux, d’autant que la blonde n’avait toujours pas arrêté de crier, et le barman choisit ce propice instant pour attraper les deux demoiselles, exiger qu’on le paie, et les balancer dans la rue. Le choc de ses fesses heurtant l’asphalte aida Gillian à arrêter de hurler – il était temps, on aurait pu la confondre avec une sirène anti-incendie moldue. Calmée, elle se redressa et brandit son poing vers le bar en criant, d’un air qui se voulait menaçant :

« Très bien Monsieur ben vous avez perdu des peut-être très bonnes clientes et c’est bien fait ! »


Et puis, elle se tourna en grommelant vers April et lui demanda :

« On va où maintenant copine ? »


Enfin, elle laissa son poing vindicatif retomber. Elle n’avait, décidément, plus aucune conscience du sens logique de ses gestes.
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April H. Solomon
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04.02.15 12:50

Ouais. Voilà. Ouais. Tout à fait. Gillian avait retenu April du bras, et April avait écouté Gillian en hochant la tête – exercice particulièrement difficile quand le reste du monde tournait et que les deux jeunes femmes se tenaient un peu l'une l'autre pour rester debout, mais il fallait qu'elle montre son approbation. Parce que Gillian disait des choses intelligentes, là, hein, et qu'il fallait l'écouter. Même si April avait un peu de mal à suivre ce qu'elle disait, parce qu'elle disait beaucoup de choses quand même, et beaucoup de choses d'un coup, bin ça faisait beaucoup. Ouais.

Elle ne comprit pas trop la suite. Tout le monde se mit à crier, et elle, toute occupée à hocher la tête avec un air entendu, n'avait rien vu de ce qui s'était passé. Et puis tout le bar les regardait. Et puis le barman se pointa lui aussi, mais plutôt que de leur donner un autre cocktail, il réclama ses sous et jeta les deux demoiselles à la porte, comme des malpropres. April avait dû se débrouiller pour sortir la somme correcte – c'est fou comment les mornilles ressemblaient aux gallions après quelques petits verres seulement – pendant que Gillian lui criait dessus, et tout ce qu'elle avait reçu en échange, c'était de se faire jeter dehors. Tout le monde était malpoli ici. C'était un scandale. C'était scandaleux, même. Elle ne reviendrait pas dans ce bar, ça c'était sûr.

Gillian non plus d'ailleurs. Elle avait arrêté de crier (ça, c'était bien pour la tête d'April) et après avoir insulté le barman une dernière fois, elle lui demanda où aller.

« Euh. »

April se mit à réfléchir. Ce qui était une tâche tout aussi difficile que hocher la tête. Heureusement qu'elle n'avait pas à faire les deux à la fois.

« Chez moi j'ai du whisky. Et de la bière. Et du whisky surtout. Et d'autres trucs aussi. C'est moldu. Mais tu verras, c'est bon. Il faut que je te les fasse goûter tous, tu vas voir le monde moldu il est bon, ça te dit de venir chez moi alors ? »

La jeune rouquine fit un grand sourire à sa nouvelle amie, toute fière d'avoir trouvé quelque chose à faire. April avait toujours des idées formidables.

Se relevant avec peine, et titubant toujours un peu, elle tendit la main à Gillian pour l'aider à se relever. La seule faille de son plan, c'est qu'il fallait rentrer d'abord. Mais heureusement, dans son souvenir, elle n'habitait pas trop loin. Il y avait juste une histoire de métro avec un changement à prendre, mais elle était sûre que ça ne lui poserait pas trop de problèmes. C'était juste à côté. Et puis Gillian allait découvrir le métro moldu comme ça, et le métro moldu, et bin il était impressionnant lui aussi. Alors elle allait aimer, c'était sûr. Et à la fin il y avait du whisky. April n'avait que des bonnes idées. Ca allait être génial. Bien mieux que ce bar miteux.

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