Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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Need that picture of you | Lyra

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Absynthe Bridgestone
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03.09.14 23:38




❝ NEED THAT PICTURE OF YOU
• feat. Lyra Calahan •


   

Il avait toujours trouvé ça sympa, le Quidditch. Il n'en avait jamais fait, mais il aimait bien assister aux matchs, à Poudlard. En tant qu'élève en tout cas, parce qu'après il se retenait plutôt de fermer les yeux à chaque fois qu'un joueur se mangeait un gradin, en pariant sur le nombre de points de suture qu'il devrait magiquement recoudre ou de chocogrenouilles qu'il leur donnerait pour consoler la perte d'une dent. Ou d'un os. On ne savait jamais, avec ces potions de repousse-trucs. Mais dans l'absolu, Absynthe aimait bien le Quidditch. Et ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas vu un match en-dehors du château que, vraiment, il ne se doutait pas que ses frères l'y emmèneraient.

Le week-end avait commencé normalement. Il avait débarqué sans la moitié de ses affaires – ses parents avaient bien une couverture et un oreiller en rab' et il y avait toujours une brosse à dents neuve dans la salle de bains – sauté sur le canapé et allumé la radio pour se préparer à deux jours de glande ultime. La seule raison pour laquelle il ne s'était pas servi un bol de céréales avant de s'enfoncer entre les coussins était que ses neveux étaient là et qu'ils se plaignaient tout le temps qu'il finissait le paquet. Bref. Duncan était sorti de la cuisine peu après cela et lui avait demandé à quand remontait sa dernière sortie en-dehors de Londres.

– Euh... à hier ? avait supposé Absynthe. Quand je suis parti de Poudlard...

Le château était, en effet, en Écosse. Son aîné eut un mouvement du bras presque imperceptible, comme s'il se retenait de lui coller une claque derrière la tête.

– Non, je veux dire : en-dehors de Londres, de l'école. Une vraie virée, quoi !
– Où est-ce que tu veux aller ? marmonna très vite Absynthe, tout de suite méfiant.

On ne savait jamais, avec ses frères. Il n'avait pas d'exemple là tout de suite, mais il se rappelait très bien, d'instinct, qu'il ne pouvait pas trop leur faire confiance. Pourtant, quand Galwen débarqua à son tour chez leurs parents en agitant trois tickets, leur petite sortie prit un tour prometteur :

– Devine qui c'est qui a trois billets pour le match des Harpies de ce soiiiir ?
– Je croyais que t'étais fan des Chauve-souris de...
– Merde Absynthe, un peu d'enthousiasme !
– Oh. Oh, oui, c'est cool ! Tu les as eu comment ?
– J'ai des relations, moi, monsieur.
– Comment il se la pète avec son job au Ministère !


C'était plutôt cool, en fait. Absynthe n'avait pas assisté à un match de Quidditch depuis des lustres. Un vrai match, je veux dire. Pardon Poudlard. Il ne savait pas s'il devait prendre son écharpe de supporter parce qu'elle n'était pas aux couleurs des Harpies, en fait il n'avait rien aux couleurs des Harpies, à part un bonnet en laine vert. Voilà. Galwen l'avait forcé à le mettre "pour qu'on nous confonde pas avec l'ennemi". Absynthe s'était dit qu'ils y allaient juste pour le fun et n'avait pas compris l'enthousiasme de ses frangins.
C'est qu'il ne lisait pas beaucoup les journaux, voyez-vous.
Les noms des joueurs lui passaient un peu au-dessus, tout comme les joueurs eux-mêmes alors qu'ils faisaient le tour du stade en grandes pompes avant le sifflement de l'arbitre. Jusqu'à ce qu'une suite de voyelles et de consonnes attire un peu son attention. Calahan. Le commentateur avait dit Calahan, non ? C'était un nom assez courant, on n'allait pas en faire un fromage – mais Galwen et Duncan avaient hurlé plus fort que jamais à la mention. Absynthe leur jeta un regard prudent et s'écarta d'un pas dans les gradins pourtant bondés, genre non je ne les connais pas nous ne sommes pas frères, d'ailleurs vous ne remarquez absolument pas l'air de famille qui nous suit partout, nous les Bridgestone.

Galwen et Duncan faisaient la holà, bousculaient Absynthe et hurlaient dans ses pauvres oreilles plus habituées au calme de l'infirmerie qu'à un stade de Quidditch rempli de supporters survoltés. Remarquez que les cris pouvaient rappeler ceux de certains patients après un match. Quand même.

– Ouais, vas-y DÉMONTE LUI LA TRONCHE ! hurlait Duncan les poings levés.
– Non mais TU VAS TE CALMER ?? hurlait aussi Absynthe, les mains sur les oreilles.
– Détends-toi, ricana Galwen. Tu peux te lâcher aussi, tu sais, t'es pas à Poudlard.

Absynthe imagina un instant l'impression que cela ferait... mais juste un instant, hein.

– Il m'a pété le tympan, marmonna-t-il, pathétique.

Non c'est faux, il n'avait pas cinq ans d'âge mental dès lors qu'il se retrouvait avec ses frères – ou sa famille en général, pour ce que ça changeait. Il croisa les bras et suivit le reste du match d'un œil qui se voulait attentif, mais qui était complètement débordé. Les joueurs volaient vraiment vite et les commentaires qui suivaient leurs actions n'étaient pas toujours très compréhensibles. Aussi rapides que les balais, en fait. Absynthe entendit encore plusieurs fois le nom de Calahan, mais il y avait des tas d'autres joueurs sur le terrain et cela ne le choqua pas plus que ça. Il crut apercevoir, un instant, une chevelure plus colorée que les autres, mais juste un instant. Il cligna des yeux. Le match était presque fini. Galwen lui donna une petite tape sur l'épaule :

– Faut qu'on bouge avant la fin sinon on va se faire happer dans la foule, viens.

Absynthe ne comprenait pas bien l'intérêt de se barrer juste au moment où l'attrapeur – ou plutôt l'attrapeuse, en l'occurence – attrapait le vif d'or, mais soit. C'était toujours ça de foule en moins. Ils descendirent les marches et s'arrêtèrent à un stand de bonbons pour faire le plein (soi-disant pour les gosses à la maison) et acheter des écharpes souvenirs. Absynthe portait toujours son bonnet vert irlandais.

– Pars où est-ce que tu passes ? marmonna-t-il en réalisant que son frère leur faisait prendre une sortie – ou une entrée ? – pas très conventionnelle.

En fait, ils étaient maintenant sous le stade. Duncan afficha un air narquois. Absynthe abaissa leeeentement la main qui tenait le paquet de gnomes au poivre en se demandant si ses frères ne lui avaient pas achetés des bonbons pour l'amadouer et endormir sa méfiance.

– Où est-ce qu'on va ? ... y'a pas des gens, là-bas ? ... Mec, y'a des garde-du-corps. Je suis pas sûr que t'aies le droit d'aller par là, Galwen... Galwen ! Y'A DES PAPARAZZIS GALWEN.

Il l'attrapa par le bras pour le tirer en arrière alors que le petit attroupement de journalistes et d'officiels du Quidditch (ou il ne savait quoi) s'approchait dangereusement en escortant quelques joueurs hors du stade. Ils allaient se faire virer à coups de pied et de Stupéfix dans le postérieur, c'était certain. Accroché au bras de l'aîné des Bridgestone comme un gamin, Absynthe se mit sur la pointe des pieds et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Et s'étouffa avec le gnome au poivre qu'il mâchonnait encore lorsque Duncan, derrière eux, s'écria :

– Lyra !

   
•••

   
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Lyra P. Calahan
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04.09.14 9:22


 
 
Look, i'm a Lady Bird !
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« Lyra, dépêches-toi ! Vous avez vu ça, le monde ? Héhé, on fait encore notre petit effet et ... Tes lunettes, Ly'. Elles sont de travers. Et arrête de rougir des cheveux comme ça, t'es pas croyable toi, hein ! »
« Ouai, hé ben, hein, voila. » Bravo, ça c'est ce qui s'appelle leur clouer le bec, hein ?

Mes coéquipières m'observent avec amusement, et Randall me prend le bras pour que je puisse voir de nos vestiaires les gradins remplis. Je sens mon coeur vibrer d'émotions, et mes cheveux prendre une teinte violette. Pas ma faute, je contrôle plus rien là ! Je suis d'ailleurs un peu connue pour ça - la joueuse qui change de teinture selon son humeur ! Il n'est pas rare que ma chevelure devienne rouge ou verte ou jaune. Mais pas bleue. Jamais bleue. Plus jamais bleue. Je remet en place mon pourpoint de cuir, roule des épaules pour être confortablement mise dans ma chemise, et je retiens mon souffle alors que nous enfourchons nos balais sous le coup de sifflet. Nous y sommes. Ce match est extrêmement important, et il nous faut le gagner. Et petite souris devient tigresse, doucement mais sûrement.

« Comme aux entraînements ! » je crie, avant de m'envoler derrière Jones, notre capitaine. Et alors que je quitte la terre ferme, j'abaisse mes lunettes de vision au style d'aviateur. Mes cheveux voltigent derrière moi, alors que je laisse un peu plus bas ma timidité et ma peur. Celle qui vole n'est jamais celle qui marche. Quelques cabrioles, sous les hourras du public ; on amuse la galerie, on la divertit un peu avec que le match ne commence réellement.

Puis, c'est au tour de nos adversaire - les Pies de Montrose. Ce sera un duel d'oiseaux, ce soir, et je compte bien leur faire y laisser des plumes. Bien stable sur mon balai, je me positionne, avec mes amies. Et enfin, ça commence. Et plus rien d'autre n'existe - mis à part moi, mon balai et le terrain. Je fonce, comme une fusée - ma taille assez grande et élancée m'aide à être stable, et il n'est pas rare que mes gestes deviennent aussi graciles qu'un oiseau. Je fais quelques contorsions, le vent sur le visage. Je file à travers les lignes ennemies, le souaffle dans les bras, les cheveux aussi foncés que la balle - j'évite de justesse un gradin, passe au-dessus du public, offre un sourire aux supporters qui n'en crient que plus fort. Mais pas le temps. Mon esprit fonde de nouvelles tactiques, de nouvelles stratégies. Et le match continu.

Enfin, le sifflet final, alors que notre attrapeur vient de gagner ce duel entre joueurs - sa main gantée de cuir tient l'orbe doré en un geste défiant quiconque de la remettre en question. Nous atterrissons. C'est un tumulte digne des dieux qui résonne dans tout le stade, mais à présent que mes pieds ont touchés le sol, je suis redevenue souris. Mes cheveux font l'arc-en-ciel, et Randall me donne un coup de coude.

« Détends-toi un peu. Attends-toi aux supporters et aux photographes devant les vestiaires, et ne change pas de couleur ou de forme toutes les deux minutes. Tout ira bien, petite. » Main dans les cheveux, elle me tapote l'épaule, et je m'éloigne au milieu d'une troupe de femmes fortes et indépendantes, avec l'impression de ne pas être à ma place, et pourtant d'y être, aussi fort que possible. Je souris, les joues rosées de nos exploits et de notre victoire. Nous avons tout donné ce soir, et ça n'est pas passé à grand chose. Mais nous avons gagné - nous fêterons sûrement ça plus tard. Et je les divertirais encore, à moitié ivre, à changer la forme de mon nez. Une soirée ordinaire, en fait.

« Les voilà ! Mesdemoiselles ! Est-ce que vous pourriez prendre la pose ? Toutes ensemble, s'il vous plaît, Miss Jones ? Vous avez été superbes, vraiment. V-   »

Je n'écoute plus. Parce que mon oreille vient de capter un bruit - mon nom. Une certaine foule de paparrazzis et de journalistes commence à s'agglomérer, alors que nos gardes du corps tentent de repousser les gens qui n'ont rien à faire ici. Je me lève sur la pointe des pieds, et je vois ... Galwen ? Duncan ? Je sais qui est la troisième silhouette. Mais mon regard se pose sur elle avec un délice évident. Je retiens un cri, j'avance comme ensorcelée, et fais signe au garde du corps de laisser passer les trois hommes, qui se faufilent jusqu'à moi. Absynthe. Absynthe. Ce nom résonne en moi, alors que mes yeux écarquillés sont posés sur lui. Duncan et Galwen se donnent un coup de coude, et j'entends très distinctement leurs mots :

« La voilà qui préfère encore notre Absou ! Ca a toujours été comme ça ... Vous voulez une chambre, les tourtereaux ? »
« Nous aussi on est contents de te voir, Lyra ! » minaude Galwen.

Je porte mes mains à ma bouche, alors que mon nez vibre. Non ! Pas ici ! Les journalistes et les photographes sont encore trop occupés avec mes coéquipières pour remarquer que je suis avec des civils. Je bégaye un peu, rouge pivoine et j'inspire lentement. Depuis combien de temps ne les ai-je pas vu ? Savent-ils combien ils m'ont manqué ? Je leur saute au cou, et tant pis pour ma dignité et ce qu'en penseront les autres. Galwen, puis Duncan. Puis, quand vient le tour d'Absynthe, j'hésite, lui frôle les mains avant, puis le serre bien plus tendrement dans mes bras. Je me recule, vite fait - pas de flashs, rien, personne ne nous a vu donc ? Enfin, personne, sauf les deux autes gryffons un peu bêtas sur les bords ...

« Je suis si heureuse de vous revoir ! Ca fait combien de temps, six ans ? Sept ans ? » je demande, en faisant des efforts pour ne pas regarder trop en direction d'Absynthe. J'ai un sourire béat sur le visage ; les voir, c'est comme remonter dans le temps, à l'époque où ils étaient des lions et moi une aigle. A l'époque où Absou était plus petit que moi - il a bien changé, regardez-le, il me dépasse d'au moins trois têtes ! Peut-être qu'il n-a rien vu ? - et où il courait partout en riant aux éclats. Instant d'éternité, figé dans le temps ; je voudrais que cet instant ne s'arrête jamais. Mon coeur bat dans ma poitrine, de sentir la proximité de ces êtres aimés si fort. Si fort que je pourrais me briser sous les coups de la joie qui tambourine dans tout mon être.


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Absynthe Bridgestone
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04.09.14 23:51




Le prénom avait agi comme un retourneur de temps : en une seconde, Absynthe n'était plus Absynthe Bridgestone sous le stade de Quidditch avec ses frangins, il était le gamin insouciant et blagueur qui avait rencontré Lyra Calahan à Poudlard, celui qui avait rigolé de ses changements de couleur émotionnels, qui s'était gentiment moqué d'elle quand il avait découvert qu'elle avait un faible pour son meilleur ami, et qui plus tard lui avait fait une promesse qu'il n'avait jamais tenue.

Ce prénom, il l'avait entendu au détour de conversations, depuis, presque murmuré comme un secret un peu honteux. Personne n'était coupable, les gens s'éloignaient en grandissant, mais on s'en voulait tous un peu, chez les Bridgestone, de n'avoir jamais rien fait pour recoller les morceaux. Il aurait suffit d'un hibou ; ils avaient toujours été en bons termes, tous les quatre, il ne s'était rien passé. C'était bien ça, le problème. Galwen puis Duncan avaient quitté Poudlard pour vivre leurs vies, fondé une famille, Lyra était partie elle aussi et avait voyagé, beaucoup. Elle leur envoyait des hiboux et des souvenirs. Absynthe et ses frères répondaient. Et puis le travail, la famille des aînés rendaient les hiboux moins réguliers. Absynthe savait qu'il aurait pu faire quelque chose, mais à ce moment-là il avait d'autres choses en tête – il avait honte de l'avouer mais il l'avait oubliée.

C'était bête, Lyra avait toujours été super avec lui, elle aurait peut-être pu l'aider s'il lui avait fait part de ses problèmes. Mais Absynthe ne voulait pas partager ceux-là avec un autre de ses amis proches. Et puis, il était de notoriété publique que les Bridgestone avaient leur manière bien à eux d'exprimer leurs émotions.

Galwen et Duncan plaisantèrent ouvertement mais Absynthe ne fit pas attention. Déjà, ne pas s'étouffer avec son gnome au poivre. Ensuite, ne pas partir en courant. Ou frapper ses frères. Il hésitait encore. Lyra, beaucoup moins. Elle serra les deux grands dans ses bras et Absynthe aurait sûrement eut un mouvement de repli s'il n'était pas trop choqué pour bouger. C'est qu'il s'attendait à tout sauf à ça. Insulte mentale contre les frangins. Vous le saviez. Il s'apprêtait à les fusiller du regard, mais Lyra le serra dans ses bras. Il aurait peut-être dû lui rendre son étreinte – Duncan faisait un geste dans son dos – mais il n'eut pas le temps de réagir, elle s'écarta assez vite. Il resta là, les bras ballants, les flashs en bruits de fond. C'était vrai qu'il y avait d'autres gens, plus loin. Les coéquipières de Lyra ? Lyra.

– Je suis si heureuse de vous revoir ! Ça fait combien de temps, six ans ? Sept ans ?

Il se sentait tellement bête.

– Un peu plus, j'aurais dit. Mais tu t'es bien débrouillée en notre absence, on dirait !
– Ouais, c'est pas trop dur d'être une joueuse de classe nationale ? sourit Duncan.

Absynthe les imita, gêné mais content que ses frères fassent la conversation. La dernière fois qu'il avait vu Lyra, elle lui avait dit quelque chose comme "tu as mis ta cravate à l'envers" et "ne dis pas de gros mots", ça remontait à loin... Il soupira, sans s'en rendre compte. Un retourneur de temps, vraiment. Galwen lui donna un coup de coude :

– Pas vrai, Absynthe ?
– Quoi ?
– Le match. Génial, hein ?
– Oh ! Ouais, ouais... vous avez assuré.

Il sourit un peu plus franchement et croisa les bras. Il ne savait pas que Lyra volait aussi bien – elle aimait ça bien sûr, à Poudlard elle jouait chez les Aigles, et il l'encourageait pendant les matchs – il ignorait qu'elle faisait preuve d'autant de combattivité et de dextérité quand il s'agissait de balancer un souaffle à travers des buts adverses. Pas étonnant qu'il ne l'ait pas reconnu sur le terrain, en fait. Même s'il avait cru... il y avait pensé, brièvement, il ne pouvait pas le nier. La mention de son nom avait éveillé sa mémoire mais il ne voulait pas y penser, parce que ça lui rappelait qu'ils avaient été amis et que, eh bien... il s'était écoulé plus de sept ans depuis. Son amie était devenue une grande joueuse de Quidditch, et il l'avait à peine remarqué. C'était un des sentiments les plus bizarres au monde. Il haussa les épaules, gêné.

– Et sinon, vous... vous avez gagné de combien à combien, en fait ? Galwen a pas voulu qu'on reste.
– Comment il te balance !
– C'était pour arriver ici avant tout le monde, se défendit le concerné. D'ailleurs, je ne sais pas si on a le droit de rester longtemps, mais on voulait te voir.
– Surtout Abs, t'as vu, ricana Duncan en lui donnant un coup de coude.

Absynthe grimaça. Apparemment, tout le monde avait remarqué sa charismatique réaction. Merveilleux. Il marmonna, sans regarder Lyra dans les yeux :

– Non mais j'étais pas au courant en fait et...
– Bref, coupa Galwen, tu as le droit de faire des trucs après le match ou tu dois rester avec tes coéquipières comme une V.I.P. ?
– On pensait t'offrir un verre pour fêter la victoire. Enfin, sauf si tu veux pas, hein.

Absynthe nota que ses frères aussi captaient l'étrangeté de la situation, Merlin merci.

– Mais non, dis oui, c'est Absynthe qui paye !
– De quoi ?
– Honneur aux jeunes, Absou.
– ...

Non, en fait ils étaient vraiment irrécupérables.

 
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Lyra P. Calahan
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07.09.14 20:47



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Voir Absynthe, grandit, mûri, le visage un peu fatigué, un peu étonné, ça n'a pas de prix. J'avais espéré le revoir souriant, peut-être avec des enfants ou une femme. Parce qu'il méritait le bonheur, mais il était là. Et il faisait le mien, en cet instant. Comment réagir face à lui, sauf par mon palpitant qui dansait la gigue dans ma poitrine, à mes joues roses, à mon sourire un peu bête ? Mais, plutôt que la voix du jeune, c'est les deux grands frères qui se mirent à parler. Je me tournais donc vers eux, un peu plus détendue face à leurs visages - les mêmes qu'autrefois, mais avec les années en plus. Il y avait quelque chose d'étrange dans tout cela - nous avions tous vieilli, pris des rides, mais au fond, on était les mêmes, ou presque. Quelque chose vacilla dans mon être à cette idée - non, il y avait quelque chose de changé. Sans que je puisse mettre le doigt dessus.

« Dur, non. Il faut du travail, bien sûr ... Mais ça me plaît ! Voler est une sensation si incroyable ... Et vous, vous êtes devenus quoi ? Mariés, des enfants ? » demandais-je, en englobant d'un coup d'oeil Absynthe à mes questions - j'étais curieuse de savoir ce qu'il était devenu. Plus curieuse même. Il avait l'air ... Différent. Où étaient les cris, les rires ? Je sentais que quelque chose n'allait pas. Mais je balayais cette impression d'un mouvement de tête, en rejetant une mèche de cheveux. J'aurais le temps de m'en faire plus tard - j'avais juste envie de les câliner, encore, et de leur raconter ma vie, d'entendre la leur, à eux trois.

Voir Absynthe aussi à côté de la plaque était amusant ; j'émis quelques rires étouffés. Ils n'avaient pas changés, toujours à se chamailler pour un rien, à se taquiner. J'avais sur un regard délicat et tendre - ils étaient tous comme mes frères, mais plus encore Absynthe, d'un an plus jeune que moi. Nous avions été plus proches l'un de l'autre - comme preuve une promesse, perdue dans le vent durant ces années, j'en avais la cruelle impression. J'eus un nouveau rire, et répondis d'une voix assurée, avec un haussement d'épaules pour montrer que je me fichais un peu de tout ça :

« Une cinquantaine de points. Ne vous inquiétez pas, je suis ravie de vous voir. Vous voulez que je vous présente aux filles peut-être ? Oh, elles sont occupés avec les paparazzis mais ... Si vous voulez, y'a toujours moyen, pour mes trois frères préférés. » fis-je avec un grand sourire amusé. Est-ce qu'Absynthe avait réellement tenu à me voir ? Je ne savais pas comment prendre son air perdu. Peut-être qu'au fond, j'étais blessé de ces retrouvailles étranges, que je m'étais attendue à autre chose ? « Si c'est Absou qui paye alors ... »

Je leur fis signe d'attendre là, et je m'approchais de ma capitaine, Gnenow. En pleine discussion avec un journaliste, j'attendis qu'elle ait fini avant de m'approcher d'elle, ma cape volant encore derrière moi au rythme de mes pas. Elle me jeta un coup d'oeil et me sourit - j'étais déjà sûre qu'elle avait deviné que je n'allais pas venir avec elles. Son regard presque maternel me couva alors que je prenais la parole. « J'ai ... J'ai de vieux amis qui sont là et ... Est-ce que ça dérange si je repars avec eux ? Je vous rejoindrais plus tard. » « Tu es grande, Lyra. Fais ce que tu veux ... Mais fais attention aux journalistes. Et ... Fêtes-ça dignement. » Elle eut un regard vers les trois frères, me fit un clin d'oeil et me laissa partir. Je sautillais jusqu'aux trois garçons, l'air ravie. « Je vous rejoins dans quelques minutes, le temps de me changer. On se retrouve devant le stade, d'accord ? »

J'allais donc me changer. J'avais l'impression de mettre un déguisement - ou plutôt d'en enlever un. Fini la belle combinaison pantalon et pourpoint de cuir sur chemise de toile, et cape de quidditch. J'enfilais une chemise blanche simple, un veston sans manche à la manière de la mode londonnienne, un pantalon simple et des bottines. Rien de bien farfelu, donc. Ca et mes lunettes, ça me donnait l'air d'une femme d'affaire ou d'une prof plutôt que d'une joueuse, et ça m'allait parfaitement. Nul besoin qu'on devine qui j'étais aujourd'hui ; je voulais profiter de mes trois amis tranquillement. Je sortis par la porte des invités, pour ne pas me faire remarquer, ma besace ballottant à mon côté, contenant des affaires. Gwenog et les autres avaient été gentilles et elles s'occuperaient de mon matériel. Je rejoins trois silhouettes familières, le sourire aux lèvres, toute excitée.

« Et voilà la Lyra normale ! Bien ! On avait donc parlé d'un verre payé par Absou ... Dites m'en plus, les garçons, vous avez toute mon attention » fis-je avec un grand sourire goguenard vers mon cher Absynthe. Je me retins de le chatouiller - nous n'avions plus quinze ans. Mais le regard que je lui lançais était une tendresse pure. Il était devenu très beau, Absynthe. Séduisant. Grand. Et un peu distant - pourquoi ? Pourquoi avait-il besoin de mettre de la distance avec moi ?


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Absynthe Bridgestone
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07.09.14 23:08




Absynthe se sentait bête et maladroit, ce qui l'agaçait profondément puisqu'il n'était pas dans une infirmerie. Ou chez l'apothicaire. Bref, en temps normal il n'y avait qu'à Poudlard qu'il se sentait aussi gauche et il aimait bien les week-ends hors du château, justement parce qu'il était hors du château. Autre contexte, autres personnes, autres circonstances... Sa famille en savait davantage sur lui que la majorité de Poudlard, pourtant il se sentait plus à l'aise en leur présence. Au moins n'avait-il pas besoin de faire semblant.
Là, oui. Avec Lyra dans les parages, il se retrouvait face à un dilemme, car elle l'avait toujours vu comme un gamin joyeux, blagueur et insouciant, pas comme Absynthe-l'assistant-infirmier-qui-tirait-la-tronche. Il s'en voulait un peu de briser le mythe mais il ne voulait pas jouer la comédie non plus. Il laissait ses frères parler en se demandant ce qu'il pourrait dire qui ne sonne pas comme une bête esquisse de conversation. Alors que Lyra répondait avec entrain à la question de Duncan, Absynthe se surprit à les détailler du regard, tous les trois, et à se sentir à la fois rassuré et affreusement déplacé. Rassuré car ils n'avaient pas changés ; déplacé car il ne pouvait pas en dire autant. Il hésitait entre se mettre en colère contre ses frères ou simplement reconnaître qu'ils avaient eu raison et que retrouver Lyra après un de ses matchs était l'idée la plus brillante qu'ils aient eu ces sept dernières années. Sans rigoler. Lyra finit par leur demander ce qu'ils devenaient, ce qui lui arracha un petit sourire narquois. Elle ne pouvait pas savoir, évidemment. Son côté petit frère reprit le dessus :

– Oh, ne les lance surtout pas sur le sujet, ils sont complètement gaga.

Il donna un petit coup dans les côtes de Duncan, dont le regard venait de s'illuminer comme le jeune papa qu'il était. Galwen pour sa part était rôdé, il avait déjà une main dans la poche de son blouson à la recherche de – Absynthe aurait parié mille gallions là-dessus – la photo de ses enfants.

– Fais pas ton insensible, tu les adores aussi.
– J'ai pas dit le contraire.

Pensez-vous... en tant que tonton bien aimé, il avait droit à tous les avantages de ses petits neveux, sans les inconvénients – les cris, les couches, les crises, bref – trop bien d'être célibataire. Galwen marmonna un truc incompréhensible et rangea sa photo. Elle ferait sûrement son petit effet plus tard, pensa Absynthe en rigolant intérieurement. Ces deux-là étaient pires avec un verre dans le nez. Pour une fois, il ne serait pas le seul à les supporter. Enfin, sauf si... Il regarda Lyra et se sentit bête. Elle n'avait rien dit alors si ça se trouvait, elle était mariée aussi et il était le seul tonton célibataire du quatuor. Dur.

– Si c'est Absou qui paye alors...

Il grimaça, décidément on se liguait contre lui. C'était déjà comme ça à Poudlard, surtout au début. Après Lyra prenait sa défense et ça lui plaisait beaucoup, d'ailleurs, vu que ses aînés n'osaient pas l'embêter devant elle. En revanche il s'attendait à éprouver un pincement au cœur à la mention du petit nom, aucun de ses amis ne l'appelait comme ça, c'était vraiment un truc de bébé – dont ses frères raffolaient, forcément – mais venant de Lyra ça ne l'avait jamais gêné, et ça ne le gênait pas plus aujourd'hui. Il avait l'impression d'être revenu dix ans en arrière et d'être à nouveau le gamin de la bande.
D'où la soirée à payer, forcément. Son pauvre salaire d'infirmier... En même temps, comme disait Galwen "tu sors pas assez souvent pour le dépenser". Merci, frangin. Merci.

– Vous auriez pu me prévenir, franchement !

Il ne parlait pas des mornilles qui allaient bientôt quitter ses poches mais du plan tordu de ses frères, évidemment. Lyra partie vers ses coéquipières, Absynthe s'était tourné vers les deux autres pour les fusiller du regard. Il était extrêmement en colère, contre leur idée stupide – et géniale. Il s'en voulait de ne pas être à la hauteur et de se sentir aussi heureux et de ne pas pouvoir le leur dire, ni à eux, ni à elle. En gros, il ne savait pas comment réagir. Alors il croisa les bras, boudeur.

– J'vous déteste.
– On sait, on sait, ricana Galwen en lui tapotant l'épaule.
– Non, mais vraiment, si jamais...
– Si jamais quoi ? De quoi tu as peur, Abs ?

Le regard de Duncan était beaucoup trop sérieux pour lui – ce n'était pas ce qu'il attendait d'eux, merde – et Absynthe baissa les yeux. Rien. Galwen semblait sur le point de dire quelque chose, mais Lyra revint tout sourire et les trois frères délaissèrent la position rapprochée qu'ils avaient inconsciemment adoptée pour parler entre eux.

– Hé, prends ton temps ! On est pas pressés ! s'exclama joyeusement Duncan.

Absynthe ne savait pas s'il devait le remercier ou le baffer, vu les circonstances. Mais si ses frères arrivaient à garder le sourire, la moindre des choses était d'essayer, lui aussi. Ok. Il prit une grande inspiration. Il pouvait le faire. Ce n'était pas bien différent de sa vie de tous les jours. Des tas de gens le voyaient faire la tête et personne ne lui reprochait rien. Il était comme ça, c'était tout. Il avait le droit d'être un peu plus sérieux qu'à quatorze ans, non ? Bon. Galwen, Duncan et lui retournèrent devant le stade pour attendre Lyra. Il y avait encore beaucoup de monde, même si les spectateurs étaient isolés en petits groupes et étaient moins bruyants que dans le stade, Merlin merci. Absynthe s'éloigna un peu de ses frères pour se calmer, son esprit partait légèrement en vrille. Quand il revint, il constata qu'ils avaient l'air un peu moins joyeux.

– Tu nous détestes toujours ?
– Ouais, comptez plus sur moi pour garder les gosses le samedi soir, grommela-t-il.

Galwen éclata de rire, ce qui n'était vraiment pas la réaction qu'il escomptait provoquer.
Ou peut-être si.

Lyra revint sur ces entrefaites, elle avait troqué sa tenue de sportive contre des vêtements de ville, plus sérieux. Absynthe ne put s'empêcher de penser à l'élève de Serdaigle sage et modèle qu'elle avait été et il eut un petit sourire en coin :

– Très classe, Calahan, j'ai toujours dit que tu étais faite pour siéger au Magenmagot.

Et on ne pouvait pas le lui reprocher quand on la connaissait comme lui l'avait connue durant leurs années scolaires. Duncan et Galwen s'esclaffèrent, ce qui lui arracha cette fois le fameux pincement au cœur. Il avait presque oublié ce que cela faisait, d'être drôle. Il haussa les épaules et fit un signe dans leur direction :

– Alors, vous vouliez nous emmener où ? J'vous préviens je paye pas pour entrer dans un bar comme le Niffleur, c'est pas dans mes moyens.
– Bah, vu ta dégaine on se ferait refouler, ricana Duncan.
– Et puis le Niffleur a fermé depuis deux ans, est-ce que tu sors parfois ?

Venant de l'homme qui avait troqué sa vie sociale contre les couches-culottes, ça lui faisait un peu mal, mais Absynthe se contenta d'un aimable "ta gueule", avec le sourire je vous prie, qui amusa son frère.

– Qu'est-ce que vous pensez des Trois Balais ? Ou de la Tête de Sanglier, puisque tu as l'âge maintenant.
– Va te faire voir, Galwen.
– Ça me rappelle des souvenirs, sourit Duncan. T'es partante, Lyra ? On discutera en chemin, nous aussi on veut savoir ce que tu es devenue.
– La Gazette, c'est plus ce que c'était : impossible d'avoir des infos people., commenta leur aîné avec un air faussement sérieux.

 
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Lyra P. Calahan
Messages : 20
Date d'inscription : 29/07/2014



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30.09.14 18:02



Look, i'm a Lady Bird !
@LADY



J'éclatais d'un rire bon enfant, en les voyant aussi liés qu'autrefois. Alors comme ça, ils avaient tous une famille ? Non. Pas tous. Si Galwen et Duncan avaient sorti les photos de leur femme / leurs enfants, Absynthe lui avait juste l'air gêné. Je lui tirais puérilement la langue, et filais me changer. J'étais très contente à l'idée de la soirée qui se profilait à l'horizon, et c'est dans une tenue bien plus anonyme que je m'approchais de mes trois frères préférés. Remettant en place mes lunettes d'un geste expert, je fis semblant de foudroyer Absou du regard, et lui flanquais un coup de coude gentillet dans les côtes, en lui tirant de nouveau la langue. Je n'étais plus habituée à de telles taquineries - ça faisait du bien de le revoir. D'être non plus admirée comme une Harpie mais appréciée pour Lyra. Par contre ... Calahan ? Pourquoi m'appelait-il par mon nom de famille ? Je retins un soupir et repoussais cet fait étrange.

« Je ne peux pas en dire autant de toi. M'enfin bon, t'es devenu au moins mignon avec l'âge. C'est toujours ça de pris - hélas pour cette tête creuse, on ne pourra jamais rien faire » fis-je en lui tapotant le front de l'index, faisant sourire les deux ainés d'un air malicieux.

Je me laissais conduire doucement dans leur conversation, suivant leurs paroles comme dans un match. A droite, à gauche, au centre ! Une belle fraternité que tout ça ! Je souriais dans mon coin, silencieuse, observant avec amusement leurs répliques, émue d'entendre leurs voix. J'émis quelques petits rires, puis proposais mon avis, vu qu'on me le demandait, tout en jetant un coup d'oeil agacé à Galwen.

« La Tête de Sanglier, c'est parti ! Je ne te savais pas porté sur les peoples, Galwen ! Si j'avais su je t'aurais amené le dernier Sorcières pratiques, tu aurais adoré, y'a la nouvelle collection printemps été qui va sortir avec toutes les tendances pour les sorcières dans le vent. Tu aurais su comment t'habiller » grinçais-je, avec un petit sourire.

Sans le faire volontairement, je m'étais appuyée que l'épaule de Absou. Enfin, l'épaule, son bras plutôt. Qu'est-ce qu'il avait grandi ! Alors que les deux frères se chamaillaient sur une chose futile, je jetais un coup d'oeil à mon gryffondor préféré. « Et dire que j'espérais rester la plus grande de nous deux ... On a plus quinze ans, et t'es un homme maintenant » fis-je avec humour, en le taquinant.

Il m'avait sacrément manqué. J'appréciais ce contact simple, de bras à épaule. Il était là, vivant, à mes côtés. Je me retenais de le tenir dans mes bras, à le serrer jusqu'à étouffer. Finalement, on transplana jusque devant la Tête de Sanglier. C'était assez loin pour qu'on évite la foule de spectateurs. On entra donc, en bavardant, et on s'installa dans un petit coin tranquille sous le regard curieux des gens du pub.

« Bon, vous vouliez savoir ce que je deviens ? Ni mari, ni enfants, en ce qui me concerne. Libre comme l'air ! Marrant pour une joueuse de quidditch hein ? » déclarais-je avec un grand sourire, fière de ma connerie, l'air d'une gamine de douze ans qui a découvert comme mettre du rouge à lèvres et qui en a mis trois tonnes. « Je vis de mon boulot de joueuse. Alors comme ça vous êtes fans des Harpies ? C'est trop cool ça ! Je pourrais vous avoir des billets si vous voulez ! Après tout, Kendra fait bien ça pour son frère et ses neveux ... » continuais-je à voix mi-basse, plus pour moi que pour eux. Le serveur vint vers nous, et je commandais une bierraubeurre. Je ne buvais pas d'alcool habituellement, mais c'était une soirée d'exception après tout ! Toujours curieuse, je me tournais vers Absynthe, souriant encore plus. J'espérais que Galwen et Duncan ne se vexeraient pas de l'intérêt que j'avais pour leur cadet ... Mais ça avait toujours été lui mon petit préféré. Mon petit protégé. Mon catalyseur de promesse.

« Et toi alors ? T'es devenu quoi ? Pas de photo d'épouse à me montrer ? Ou d'époux ? » souris-je avec un clin d'oeil malicieux vers Galwen et Duncan. Décidément, il était étonnant de voir le caractère amusant que j'optais quand ils étaient dans les parages. Exit, la petite souris timide. Absynthe avait toujours su me mettre en confiance. Mon regard fixa ses traits, curieusement. Comment avouer à quel point l'avoir en face de moi me faisait du bien ? Je jetais un coup d'oeil aux deux frères - j'espérais qu'ils ne prendraient pas mon attitude pour plus qu'il n'en était ... Ca serait bien leur genre ...


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Anima Libera, Ti senti candida, Lassù nel cielo volerai. Anima libera, Sempre m'illumina, Nel buio dei pensieri miei. Anima libera, Leggera e unica, Nel cosmo azzurro brillerai, E non lasciare che, Paure inutili ... ♪
BANGERZ

 
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Absynthe Bridgestone
Messages : 37
Date d'inscription : 28/07/2014



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03.01.15 1:38




Absynthe avait un rire au bord des lèvres, presque comme avant. Lyra lui rappelait cette époque où il pouvait rire sans se soucier de rien, rire pour rire, faire rire les autres, effacer le chagrin, parce qu'un seul rire avait ce pouvoir-là. Il se mordit la lèvre. Lyra ne pouvait pas savoir qu'il n'avait plus ri comme ça depuis longtemps. Elle ne pouvait pas savoir qu'il se retenait, parfois, de sourire comme avant. C'était tellement facile, alors.
Elle ignorait à quel point il était heureux de la revoir, et à quel point ça lui faisait mal. Elle tapota son front sous le regard amusé de ses aînés. Absynthe avait un sourire en coin, et ce rire au fond de la gorge qui ne demandait qu'à sortir. Il le ravala.

– La Tête de Sanglier, c'est parti ! Je ne te savais pas porté sur les peoples, Galwen ! Si j'avais su je t'aurais amené le dernier Sorcières pratiques, tu aurais adoré, y'a la nouvelle collection printemps été qui va sortir avec toutes les tendances pour les sorcières dans le vent. Tu aurais su comment t'habiller.
– Bien envoyé, Lyra !
– Pff. Je ne m'intéresse pas à tous les peoples ! Seulement mes préférés, rétorqua Galwen avec un clin d’œil à Lyra.

Absynthe suivait gentiment la conversation et ses frères qui s'éloignaient tranquillement du stade. Lyra s'était appuyée sur lui en avançant mais, si le contact l'avait surpris, il ne fit aucun geste pour s'écarter. Elle avait l'air tellement contente de les retrouver, tous les trois, c'était comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Il ne voulait pas briser cela. Ils ne s'étaient pas vu pendant plus de dix ans, malgré quelques lettres, des souvenirs et des nouvelles envoyées ici et là au début. Il avait l'impression d'avoir entre les mains un de ces objets fragiles qu'elle lui ramenait... Comme cette feuille séchée, autrefois. Absynthe ne voulait pas l'effriter entre ses doigts maladroits. Lyra leva les yeux vers lui et il se rendit compte qu'il la fixait, presque surpris par la différence de taille. Un peu comme si elle lisait dans ses pensées, elle lança :

– Et dire que j'espérais rester la plus grande de nous deux ... On a plus quinze ans, et t'es un homme maintenant.
– Et toi t'es devenu une femme... première nouvelle, rétorqua-t-il avec un coup de coude, amusé.

Lyra était un peu comme la grande sœur qu'il n'avait jamais eu. Il était presque trop facile de répondre à ses taquineries par de nouvelles, comme il le faisait avec Duncan ou Galwen. Ces deux-là ralentirent pour participer au concours de moqueries et avant même qu'il ne puisse les arrêter, Absynthe s'était vu rappeler qu'il ne restait "qu'un gamin" et Galwen traiter de "vieux pépé". Ils riaient presque tous de bon cœur lorsqu'ils transplanèrent devant la Tête de Sanglier, à Pré-au-lard. Absynthe tenta d'ignorer l'ombre du château qui les surplombait au loin et baissa la tête en suivant les deux aînés qui ouvraient la voie. Ils trouvèrent le pub comme dans ses souvenirs : sombre, glauque, rempli de gens étranges qui ne s'occupaient que de leurs affaires. Parfait pour une célébrité du Quidditch sous couverture, probablement ! Absynthe s'installa avec les autres. Galwen et Duncan s'assirent côte à côte et il se retrouva à côté de Lyra. Elle leur expliqua qu'elle n'était pas mariée, libre comme l'air, comme la joueuse de Quidditch sur son balai. Absynthe était admiratif, peu de joueurs atteignaient un niveau qui leur permettait de vivre de leur passion. Et un peu gêné, également. Qu'il ait raté son ascension. Il avait l'impression d'avoir pris un Retourneur de temps à l'envers et de débarquer en terre inconnue. Excepté que Lyra n'avait pas du tout changé, elle. Toujours la même avec eux.

– Fan des Harpies ? Plutôt des Chauve-souris de Ballycastmpf–
– J'avais des places, coupa Galwen, la main sur la bouche de son cadet. Je travaille au Ministère, c'est un de mes collègues des Sports magiques qui me les a données. Ça nous donnait une occasion de te revoir, après tout ce temps.

Duncan chassa la main de son frère :

– On aurait pu envoyer un hibou, mais non, te voir jouer était plus simple, commenta-t-il avec un petit sourire gêné.

Absynthe leur sourit. Après tout, il n'était pas le seul à se sentir décalé.

– C'était génial de te voir jouer, dit-il pour conclure les explications embarrassantes de ses frangins.

Il ignora le soulagement dans leurs yeux lorsqu'ils se tournèrent vers lui – et aussi le fait qu'il s'était mis au centre de l'attention – pour répondre au serveur. Il demanda également une bièrreaubeurre et pendant que ses frères hésitaient sur leur commande il se tourna vers Lyra, qui avait posé une nouvelle question.

– Et toi alors ? T'es devenu quoi ? Pas de photo d'épouse à me montrer ? Ou d'époux ?

La plaisanterie était flagrante pour qui connaissait Absynthe, il fallait être aveugle pour contester ses goûts en matière de gent féminine, mais il apprécia l'effort. Galwen et Duncan aussi, à voir leurs regards de connivence. Et sans vraiment savoir ce qui lui prenait – était-ce le besoin de tracer définitivement un trait sur la maladresse des Bridgestone, la bonne humeur de Lyra qui devenait maladive ou juste l'envie de la taquiner, lui aussi, devant ses frères ? – il posa son menton dans une main et sourit :

– Peut-être, répondit-il lentement. Peut-être même que tu le connais déjà, et très bien...
– Huuum on va vous laisser, fit Duncan en se levant, sans pouvoir retenir un petit rire.
– Oui, allons chercher nos commandes, renchérit Galwen en le poussant vers le bar.

Il avait fait cette plaisanterie quelques fois, à l'époque. Criant à qui voulait l'entendre qu'il l'épouserait (s'il refusait d'aller parler à cette fille qui lui plaisait) et qu'ainsi tout le monde saurait qu'il était l'homme de sa vie (il devrait le supporter jusqu'à la mort). Le jeune Absynthe en aurait ricané, son aîné se contenta de retenir ce rire qui le démangeait depuis le début de la soirée. Bien entendu, Lyra reconnaîtrait ce sourire en coin qui annonçait une plaisanterie. Elle ne pouvait pas sérieusement croire qu'Absynthe l'avait épousé lui. Mais comme il s'attendait à ce qu'elle lui demande de ses nouvelles à un moment ou à un autre, et comme il était plus facile d'en rire que d'en pleurer, une partie de lui espéra lui arracher une expression surprise et embarrassée. (Lui, épouser le garçon pour qui elle avait eu le béguin ? Traître.) S'il avait toujours été le premier à la défendre quand on se moquait de ses dons de métamorphomage à Poudlard, il était aussi le premier à se moquer en privé de ses cheveux qui devenaient bleus en sa présence. Un de ses privilèges de l'époque. Qui lui avait manqué, apparemment.

 
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