Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille.
Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres.

Du coup, tout le monde se sent un peu concerné, surtout lorsque des créatures, des hybrides, des sorciers étrangers et même des moldus débarquent dans le Londres magique pour avoir leur mot à dire ! En soi, ce n'est pas grave. Tout le monde continue sa petite vie, s'occupe de son quartier, son métier, sa petite vie amoureuse.
Mais à la fin, l'un des trois finira bien par être ministre, mais rien de tout ça ne vous empêchera de vivre votre vie extraordinaire dans le Londres magique !








S.A.U.M.O.N. ϟ 10
ligue des sorciers ϟ 10
l'unité ϟ 20

nés-moldus ϟ 04
sang mêlés ϟ 21
sang purs ϟ 01

femmes ϟ 16
hommes ϟ 24

créatures ϟ 05
hybrides ϟ 06

moldus ϟ 00
cracmols ϟ 03







Cassandre Ollivander ▬ fondatrice
absente ϟ (mp)
Tybalt Burgess ▬ fondatrice
présente ϟ (mp)
Chance Shamrock ▬ modérateur
présent ϟ (mp)
Shasandre Tyllus ▬ modérateur
absent ϟ (mp)
Laertes Harper ▬ modératrice
présente ϟ (mp)
Prince Solus ▬ modératrice
présente ϟ (mp)












3293
4371
3280




LE CHEF DE LA NOUVELLE BRIGADE RÉVÉLÉ


Le projet de Brigade de Surveillance des Créatures et des Hybrides mis-en-place par Ater Bumblebee semble sur le point de voir le jour. Le chef de cette nouvelle Brigade, qui était resté jusque là secret, vient de nous être révélé.
Il s'agit de Mercutio Burgess, trente-huit ans, ancien chef de la Brigade des Aurors. Mercutio Burgess est connu pour avoir perdu dix de ses hommes lors d'une mission d'infiltration qui a mal tourné. Lorsque nous avons tenté d'obtenir ses réactions par rapport à sa nouvelle nomination, il a refusé de répondre à nos questions. Il n'y a plus qu'à espérer que cette nouvelle Brigade ne subira pas le même sort que la précédente.

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Set up ? - Laertes

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Gillian H. Twain
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25.08.14 19:46

Le cœur de Gillian battait la chamade. Contre son gré. C’était souvent comme ça, quand elle avait rendez-vous avec un homme - même si l’homme en question méritait plus l’appellation de « garçon », qu’il n’était pas franchement attirant et préfèrerait probablement mourir qu’être père. Elle avait l’habitude, pourtant, d’aller boire un verre avec lui et de s’enflammer à propos d’art ou d’alchimie. Mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander si l’intense fusion émotionnelle qu’il y avait parfois entre eux, le mélange sulfureux de leurs deux caractères, n’était pas une preuve qu’il était son âme sœur – parce que oui, la professeure était bel et bien certaine que l’âme sœur existait. Aussi niais cela soit-il – la demoiselle n’était pas réputée pour son anti-niaiserie, bien au contraire.

En plus de ça, elle était en retard – sa marche forcée rapide était donc en partie responsable de son cœur un peu trop… Palpitant. Comme souvent, ils avaient rendez-vous au Chaudron Baveur. Gillian n’avait jamais trop eu le courage de dire à Laertes qu’elle n’aimait pas franchement l’endroit – trop sale, trop lugubre, et sans vraiment de présence de beaux gosses, contrairement au Creature’s Cafe. Elle savait que, de toutes façons, ce pub miteux était le seul endroit que pouvait se permettre le jeune homme – qui, décidément, n’avait pas tant de qualités que ça pour faire un père formidable. Un petit soupir lui échappa. Il lui aurait fallu plusieurs hommes en même temps, pour avoir la personne parfaite : Laertes, qui satisferait ses besoins intellectuels et passionnés, Lester pour les câlins et la tendresse – et la prise de tête, aussi – et le Professeur Leone – Alessandro, de son petit nom – pour les gènes de père. Malheureusement, la société actuelle n’était pas trop pour la polygamie, aussi irrationnelle cette idée pouvait-elle sembler, parfois.

Elle ne désespérait pas, Gillian, de trouver un jour l’homme parfait. Un type passionné – par n’importe quoi, mais passionné ! – qui tolèrerait ses crises alchimiques et le bordel que constituait son environnement, qui voudrait un enfant lui aussi, qui serait mignon, avec un bon revenu, attentif, sévère mais pas trop, tolérant, câlin… Ouais. Elle espérait quoi, la pauvre Gillian, parce que ça semblait quand même un peu désespéré – et désespérant ! – cette affaire. Enfin, sa main arriva au niveau de la poignée grasse du chaudron baveur, et elle eut juste à temps le réflexe de sortir sa baguette pour l’ouvrir sans devoir y poser sa main – on ne savait pas qui avait traîné là avant. Elle était enfin arrivée.

Son regard vert fendit la salle, cherchant une tâche de blancheur et de propreté dans cet univers qui sentait fort la bierraubeurre et l’ivrogne. Un chien était couché au sol, grognant à moitié. Sale bête : nul doute que c’était là un vieux métamorphomage aviné qui jouait à faire peur aux filles pour regarder sous leur jupe. Précautionneusement, Gillian décida de faire un détour : elle devait passer devant pour rejoindre Laertes, qu’elle avait enfin repéré, mais en retard pour en retard… Se frayant un chemin à travers les tables, se félicitant d’avoir choisi une robe ambrée sur lesquelles les tâches ne se verraient pas trop, elle remarqua que le jeune homme, au bar, était assis avec quelqu’un… Espérant que ce n’était pas une nouvelle tentative pour la caser – elle se sentait systématiquement mal à l’aise dans ces cas là – elle tapota sur l’épaule de son ami et s’excusa, en guise de salutations :

« Je suis désolée Lae, il y a eu un carambolage de balais sur la route ! »

Mensonge, mais dit avec un sourire humoristique – contre toute attente, elle adorait prendre le balai, mais quasiment personne ne le savait, puisqu'elle aimait encore plus se promener à pieds dans les rues.
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Laertes Harper
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26.08.14 16:29

Gillian, contre toute attente, était devenue une très bonne amie de Laertes. Il était très heureux que ce soit le cas, bien sûr, et ce n'était pas inattendu parce qu'il y avait le moindre problème avec la jeune femme. Au contraire. Elle était ravissante, fascinante, incroyable, en fait, mais justement : Laertes avait du mal à trouver les mots avec les femmes, surtout celles qui lui plaisaient. Et il aurait adoré être plus qu'un ami pour elle, même s'il aurait été incroyablement difficile pour lui de faire le premier pas, comme toujours – mais il s'était rendu compte qu'il n'était pas ce qu'elle voulait. Elle voulait un père pour son futur enfant, et Laertes n'avait aucune intention d'être père dans un futur proche. Il ne comprenait pas pourquoi une femme si jeune était si pressée, d'ailleurs. Et puis, il y avait ce léger problème, aussi : il se rendait bien compte qu'elle n'était pas du tout intéressée.

Leur relation aurait pu s'arrêter là. Heureusement, ils prenaient tant de plaisir à discuter ensemble de choses et d'autres, mais surtout d'art et d'alchimie, qu'ils restèrent amis. Et Laertes en était d'autant plus heureux de ne jamais avoir dit à Gillian qu'elle lui plaisait, au début. Maintenant que leur relation était tout à fait platonique, il était beaucoup plus à l'aise, et il avait même commencé à lui présenter des hommes de sa connaissance qui pourraient lui plaire, eux. Il voulait bien faire, Laertes, il voulait aider. Alors ce jour-là, il avait invité Gillian au Chaudron Baveur pour lui présenter quelqu'un.

Justement, Gillian arrivait. Laertes interrompit sa discussion, et se tourna sur son tabouret pour faire face à son amie.

« Bonjour Gillian ! » dit-il. « Ne t'en fais pas, on n'est pas là depuis longtemps. Tiens, voilà Orphée Fullton. Orphée, je te présente Gillian. Orphée est le propriétaire de la boutique où je me fournis en matériel pour mes tableaux, on se connaît depuis un moment, hein ? Depuis que je vis dans le Londres magique, en fait. Il a de très bons bouquins sur les sorts qu'on utilise pour ensorceler les tableaux. »

L'homme en question avait la quarantaine, il était grand et souriant, avec des cheveux noirs coupés courts et la peau un peu basanée. Il serra la main de Gillian de sa poigne d'homme d'affaire.

« Laertes m'a beaucoup parlé de vous. Je suis heureux de vous rencontrer enfin. »

Laertes regardait ses deux amis faire connaissance, un sourire aux lèvres. Il aimait bien jouer les cupidons, en fait. Il espérait vraiment qu'Orphée intéresserait Gillian. La meilleure façon de leur faire faire connaissance, c'était de faire parler son amie de ce qui la passionnait – c'était comme ça qu'elle lui avait plu, à lui.

« Gillian, tu m'avais dit que tu avais un projet, de faire une nouvelle pierre philosophale, non ? Tu en es où dans tes recherches ? »
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Gillian H. Twain
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28.08.14 17:45

Bingo. Gillian, pleine de flair – pour une fois – ne s’était pas trompée. Laertes avait, une fois encore, eu l’idée malheureuse de lui présenter un homme, ce qui la plongeait souvent dans un état de perplexité absolu quant à la conduite qu’elle devait adopter. Bien sûr, elle flirtait avec plein d’hommes en même temps tous les jours – mieux vaut multiplier ses chances, voyez-vous ? – mais elle évitait toujours de se retrouver face à deux cibles potentielles ensemble. Ou, du moins, elle essayait d’éviter. Un peu comme elle pouvait – et ça ne donnait pas toujours de bons résultats. D’un œil affûté, elle observa le nouveau venu alors même que Laertes était en train de le lui présenter.

Damned, il lui plaisait. En fait, il était même totalement son type : un âge proche du sien – donc prêt pour avoir des enfants, normalement – brun, grand, une poigne virile, des yeux marrons mais plein d’expression… Non, vraiment, le nouveau venu ne manquait pas de charme. Et c’était bien ça le problème. Gillian avait pu expérimenter de nombreuses fois ce principe : un homme absolument parfait au premier abord avait souvent un très gros et profond vice. Souvent, c’était les femmes, ou l’alcool, mais ça pouvait aussi être une condition de loup-garou, ou autre chose franchement embêtant d’un point de vue génétique. Elle lui sourit néanmoins, et répondit à sa poignée de main avec franchise, sans montrer sur son visage ses pensées funestes. Elle s’apprêtait à lui répondre dignement, avec la classe d’une lady, quand Laertes l’interrompit – un peu rudement, d’ailleurs.

L’Alchimie était LE sujet qui faisait perdre toute apparence d’une lady à Gillian, révélant la demoiselle passionnée – mais trop peu souvent considérée comme passionnante – qu’elle était. C’était toujours la même chose : on la lançait là-dessus, elle déblatérait pendant 10 minutes toute seule, enflammée, avant de réaliser que l’autre personne avait peut-être envie de dire quelque chose, elle aussi. Souvent, c’était trop tard, et il n’était pas facile pour elle de récupérer les pots cassés. Malheureusement, Laertes faisait parti des gens qui n’avaient pas fui en l’entendant vomir son discours scientifique, et il la lançait toujours sur ses longues conversations, avant même qu’elle n’ai pu faire imaginer à l’autre prétendant que c’était une fille bien. Et une fois encore, elle mordit à l’appât, telle une carpe face à une bouillette – n’ayant même pas la politesse de répondre au pauvre Orphée.

« Oh, tu sais, ça n’avance pas trop en ce moment, ça stagne, je suis complètement bloquée. Enfin, pas complètement, mais je n’arrive pas à trouver la matière qui relit toutes les créatures entre elles, c’est un véritable casse-tête. Alors, je continue à rentrer du Creature’s Café avec un sac plein de poils et d’écailles à analyser, à tester, une première pierre a pris forme mais elle fonctionne très mal, même sur ces tous petits bouts. Il y en a un sur deux qui se brise, je ne parviens pas à comprendre pourquoi… Et tu imagines bien que je n’ai pas envie qu’une créature se retrouve brisée en deux, alors bon. Je dois trouver l'inspiration pour ça... »

Oui, elle avait considéré qu’Orphée connaissait déjà le sujet de son étude. Et mieux valait qu’il ne la lance pas à expliquer, ça risquait de mal finir tout ça…
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Laertes Harper
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03.09.14 17:28

Laertes aimait beaucoup Gillian, il était très content d'avoir une amie comme elle, et du coup, bien sûr, il voulait qu'elle soit heureuse. Alors il l'aidait – enfin, il essayait – dans ce qui était important pour elle. Et pour elle, c'était important de se trouver un mari pour avoir des enfants. Même si c'était un peu incongru comme rêve, Laertes acceptait et lui apportait son soutien. Même si en fait, il aurait préféré être seul avec elle pour qu'ils boivent un verre en parlant de leurs passions. Il fallait faire des sacrifices dans la vie. Il lui avait présenté Orphée parce que c'était un homme sympathique qui cherchait lui aussi à se caser, même s'il ne le connaissait finalement pas très bien en dehors des discussions qu'ils avaient quand Laertes venait acheter du matériel. Il était peut-être juste un bon vendeur, en fait. Mais ça, Laertes n'y pensait pas. Il était un peu trop naïf, et ne comprenait pas assez les interactions sociales pour ces bêtises.

Il avait un peu parlé à Orphée de la passion de Gillian, et de ce sur quoi elle travaillait en ce moment, et il avait paru poliment intéressé, alors Laertes n'avait pas hésité une seconde à lancer son amie sur son sujet de prédilection. Résultat, Laertes suivait avec grand intérêt ce que racontait Gillian, et Orphée la fixait d'un regard vide. En fait, il aurait probablement du commencer par un sujet de conversation bien bateau, mais ça ne lui était pas venu à l'idée. Laertes écoutait avec attention. Malgré les longes discussions qu'il avait déjà eues avec Gillian, ces histoires de pierres lui paraissaient toujours très mystérieuses.

« Mais l'important, si tu veux transformer toutes ces créatures en humains pour une période de temps donnée, n'est-ce pas de trouver une pierre qui correspond à l'humanité, plutôt qu'aux différents types de créatures ? » C'était une question tout à fait honnête, pas une critique : il avait du mal à comprendre. Puis il se souvint qu'Orphée était là, lui aussi. Il le regarda, l'encourageant d'un sourire à participer à la discussion. Il n'avait pas l'air tout à fait à sa place dans une conversation sur l'alchimie.

« Je vous avoue, j'ai un peu séché les cours d'alchimie à Poudlard. Mais oui, hein, ce serait dommage de casser des créatures en deux ! Quoique, ce serait bon pour le business, haha. Vous avez pas quelque chose contre les étrangers aussi ? »

Laertes, qui n'était pas du tout sensible à ce genre d'humour, le regarda bizarrement. En tous cas, il espérait que c'était de l'humour. Il se souvenait maintenant avoir entendu le marchand blaguer ainsi avec certaines personnes. En bon businessman, il devait savoir s'adapter à ses clients. Maintenant qu'ils se voyaient pour la première fois en-dehors de sa boutique, il devait enfin être lui-même. Mais peut-être que ça plairait à Gillian. Laertes n'était pas quelqu'un de très drôle (ou, en tous cas, pas volontairement) alors il n'avait qu'une idée assez limitée de l'humour de son amie. Peut-être qu'elle aimait les blagues racistes.
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Gillian H. Twain
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05.09.14 15:46

HRP : Tu le fais exprès de pose des questions auxquelles je ne suis pas capable de répondre ? /invente pliz

En voyant le visage du fameux Orphée, qui le regardait avec des yeux ronds et avait une nette tendance à mater ce qui semblait être le décolleté d’une dame derrière elle – comme quoi, les hommes ne savaient pas se tenir ! – Gillian sut qu’elle s’était encore un peu emballée. Habituée à ce genre de réaction mais toujours un peu blasée quand ça arrivait, surtout quand c’était avec quelqu’un d’un peu plus intéressant, comme Lester, elle ferma dignement sa bouche et attendit une réaction. Evidemment Laertes n’ayant rien compris à l’incongruité de la situation décida de la relancer dans son monde, et malgré toute sa bonne volonté, la professeure ne pouvait pas résister à un tel niveau d’ignorance.

« Non, enfin pas tout de suite. Dans l’Alchimie, il y a un principe fondamental qu’on appelle le principe d’équivalence, qui dit qu’on doit donner autant que ce qu’on recevra. Une pierre philosophale agit comme un catalyseur, qui va centrer toutes les molécules, les différentes matières si tu veux, les focaliser sur un point important et fournir éventuellement ce qui manque. Enfin, ça du moins, c’est une pierre philosophale basique, de celle que je sais créer. Or, je connais déjà la composition de l’être humain : il me faut donc un fil conducteur pour les créatures l’essence même de ce qui les caractérise. Si je me trompe, il est possible qu’une des créatures perde son bras, sa jambe, ou plus parce que la transmutation demandera des éléments manquants. »

Gillian était une prof, elle gardait toujours l’espoir que ses conversations étaient claires, même si elle s’emballait des fois – souvent un peu. Elle observa le regard de Laertes, qui s’était tourné vers Orphée. Echange de sourires, et ce dernier réussit enfin à détourner les yeux du plantureux décolleté si c’était bien ça qu’il regardait – pour apporter sa touche personnelle à la discussion. Une touche bien raciste et anti-créatures. Si Miss Twain était plutôt du genre apolitique, elle avait eu des élèves si brillants, malgré leur métissage, qu’elle ne pouvait tout simplement pas accepter ce genre de propos. Elle fusilla l’homme du regard, essayant de lui faire comprendre le plus clairement possible combien il était tombé bas dans sa liste de pères idéaux, et dit enfin, après un long silence gênant :

« Parce que les créatures et les étrangers saccagent votre magasin, au point de représenter une réelle perte de business pour vous ? »

Elle avait toujours son sourire sur le visage, mais au ton de sa voix, on devinait qu’il n’avait rien de sympathique ou d’amical. Rien du tout.
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Laertes Harper
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14.10.14 18:54

Après un petit cours express en Alchimie - Laertes n'y connaissait vraiment rien, mais il était toujours ravi d'apprendre plus sur le sujet, surtout quand c'était Gillian qui lui faisait les leçons. Elle était vraiment passionnante, Gillian, elle avait toujours cet air enjoué quand elle parlait de son sujet de prédilection. Ca la rendait encore plus belle, aussi - Il faudrait vraiment qu'il fasse une peinture un de ces jours en s'inspirant de Gillian. Il sentait un potentiel incroyable dans la jeune femme pleine de vie et de passion, si intéressante et ambivalente. Et puis, ce qui devait arriver arriva. Celui qui devait être le père parfait pour les enfants de Gillian fit quelque chose d'impardonnable - une blague raciste. Laertes était surpris - il ne pensait pas qu'Orphée fût de ce genre-là - mais aussi outré. Il ne supportait pas qu'on s'en prenne à qui que ce soit à cause de sa différence. Mais bon. Il était là pour Gillian et c'était elle qui devait juger de la conduite de l'homme. Laertes ne voulait pas s'interposer.

Gillian ne le déçut pas. En fait, c'était même le contraire. Il ne l'avait jamais vue aussi remontée et la transformation de ses traits était fascinante. Sans trop sans rendre compte, Laertes oublia sa propre colère et commença à faire des esquisses sur une serviette en papier en suivant la conversation avec passion, comme un spectateur admiratif. Pendant ce temps, Orphée, lui, n'avait pas l'air dans son assiette. Une moue un peu moqueuse aux lèvres, il dit :

"Oh, ce n'était qu'une plaisanterie, hein. Pour détendre l'atmosphère. Vous aviez l'air si sérieux tous les deux ! Ca fait des années que je dis à Laertes qu'il doit apprendre à ralentir le rythme un peu, au lieu d'être toujours entre deux tableaux. Tu sais, d'ailleurs," il se tourna vers Laertes, "si tu veux un vrai boulot, tu peux tout à fait venir bosser dans ma boutique ! J'aurais besoin de quelqu'un qui s'y connaît en matériel."

Laertes, qui buvait une gorgée de bière justement, failli s'étouffer avec. Un vrai boulot ? Un vrai boulot ? Alors qu'il toussait pour retrouver son souffle, le jeune homme n'arrivait pas à croire qu'il avait pu considérer Orphée comme un ami. Et il était vraiment honteux de l'avoir cru digne de Gillian. Orphée, justement, eut un petit rire à la situation cocasse, puis se retourna vers la jeune femme.

"Haha. Vous, au moins, vous avez compris la vie ! Vos petites expériences, vous les faîtes dans votre temps libre, et vous avez un travail stable. Et puis, c'est bien le boulot de professeur, pour une femme. Ca vous prépare à élever les enfants, tout ça."

Laertes était rouge pivoine, et il ne pouvait même plus en blâmer la bière. C'était un désastre. Comment ce crétin macho et réac avait-il pu être aussi sympathique et agréable dans sa boutique pendant tant d'années ? Laertes lança un regard désespéré à Gillian, essayant de la prier par la pensée de ne pas l'associer avec cet imbécile.

"Mais… Tu es… C'est… Hein ? Comment tu peux dire des trucs comme ça ?"

Laertes, choqué, ne savait plus quoi dire.

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Gillian H. Twain
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17.10.14 20:10

Gênant. Le mot n’était décidément pas assez fort pour décrire l’inconfort du moment. Gillian observait le visage de Laertes : il était absolument adorable. Elle avait toujours aimé les hommes capables d’être blessés par des mots, les personnes sensibles, et même si elle savait apprécier qu’un mec cache ses sentiments, voir le visage de son ami se décomposer lui donnait une irrésistible envie de… L’assaillir sexuellement. Pour lui remonter le moral, évidemment. Et pour lui donner un fils, aussi. Ou une fille. Peu importait le sexe, ce qui avait de l’intérêt c’était cette petite créature rose toute mignonne qu’ils pouponneraient ensemble, jusqu’à finir par remercier le grand Merlin d’avoir créé un être aussi ignoble qu’Orphée, puisque c’était lui qui les avait rapprochés pour de bon. Enfin. Réalisant après quelques minutes qu’elle était complètement perdue dans ses rêveries, remplies de bambins bavant délicatement un peu partout, Gillian se força à décrocher son regard du doux visage de Laertes – oh oui, décidément, des enfants avec ce visage là, ça ne pouvait que lui plaire ! – pour se concentrer sur le tournant qu’avait pris cette conversation. Juste à temps pour entendre la délicate phrase suivant :

« Enfin, je veux dire, pour qu’on puisse appeler quelque chose un métier, faut qu’il rapporte de l’argent, non ? »

Gillian n’était pas réputée pour ses crises de colère. C’était une personne passionnée, mais relativement placide – assez en tous cas pour ne pas encore avoir transformé l’un de ses élèves en troll des montagnes. Seulement voilà. Il y avait des mots et des comportements tout bonnement intolérables, et cette petite phrase à l’encontre de sa potentielle âme sœur ratée en faisait partie. Avant que le principal intéressé ai pu répondre, elle déclara donc, sans aucune délicatesse ou forme de compassion quel qu’elle soit :

« Figurez-vous que je suis prof d’alchimie, d’une part, mais que j’ai un second métier. Je botte le cul des arrogants nabots qui manquent d’ouverture d’esprit, et se permettent de penser qu’on ne peut pas faire de sa passion son métier. J’ai également pour hobbies de casser le nez de ceux qui ont le malheur de s’en prendre à des personnes chères à mon cœur – dont Laertes fait partie, entre autres. Alors je vous le demande tout à fait poliment : préférez-vous vous en aller tout de suite ou voulez-vous que je mette mes plans à exécution, et que j’utilise un peu de ma passion pour créer une pierre qui transformera toute l’eau de vos canalisations en d’immondes amas de fèces ? Parce que si c’est vraiment ce que vous désirez, je peux être très inventive pour rendre votre vie misérable. »

Gillian n’était pas très grande, et avait des traits plutôt doux et engageants, en règle générale. Mais quand elle se mettait en colère, on pouvait décemment se demander s’il n’y avait pas une harpie quelque part dans son patrimoine génétique. On aurait pu jurer qu’elle pouvait lancer des boules de feu, et les plus imaginatifs d’entre nous auraient presque pu voir ses cheveux onduler tels des serpents en rythme avec sa hargne. Prudemment, Orphée comprit qu’il était temps de dégager, réunit ses affaires et se faufila sans délicatesse – heurtant deux coins de table – vers la porte. Mettant ainsi fin au rendez-vous organisé sur un :

« Et Laertes ferait bien d’avoir de sacrées réductions la prochaine fois qu’il viendra vous voir ! »


Cette affaire réglée, les traits de Gillian changèrent du tout au tout, se faisant beaucoup plus doux, peut-être même un peu maternels. Elle posa son regard sur le visage de Laertes et, tout en venant délicatement caresser sa main, comme l’aurait fait une amoureuse, elle se pencha vers lui et demanda dans un souffle adorable :

« ça va ? »

Pas très inspiré, mais qui tombait à point.
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Laertes Harper
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17.10.14 21:21

Orphée continuait de parler. Ca y est, il s'était lâché, tout petit reste de timidité avait évacué son cerveau, et voilà qu'il accumulait débilité profonde sur irrespect notoire. Raciste, misogyne, il accumulait les pêchés mortels comme d'autres collectionnent les timbres. C'était sidérant. Laertes était sans voix, son visage se décomposant petit à petit. Il n'arrivait pas à y croire. Comment un commerçant si sympathique pouvait-il avoir des idées si… si moyenâgeuses ? Le pire, c'est qu'il reconnaissait encore le vieux bon Orphée qu'il avait croisé toutes les semaines ou plus pendant des années. Son sourire franc, son rire facile, sa façon de vous parler qui vous donnait l'impression qu'il vous confiait une anecdote qu'il n'avait jamais mentionnée à personne d'autre. Mais là… Tout allait mal. Laertes était livide. Qu'allait penser Gillian ? Gillian. Elle allait croire qu'il était un néandertal plus bête que ses pieds lui aussi ! Et lui qui tenait tant à leur amitié ! Et lui qui lui avait présenté comme père potentiel pour ses enfants un goujat de première ! Il n'arrivait pas à croire à quel point il avait été aveugle. Jugeait-il donc si mal les gens ? Encore un peu et il se retournait vers le serveur du Chaudron Baveur qui le servait, lui aussi, depuis des années pour lui demander : "Et toi t'es quoi, une chèvre ?".

Orphée continuait de descendre le métier de Laertes, d'en parler comme d'un passe-temps, et Laertes n'avait même pas l'énergie pour s'énerver. S'il était en colère, c'était après lui-même. Orphée, lui, ne faisait "que" le décevoir. Par contre, Gillian, elle, avait l'air particulièrement remontée contre le type. Et mon dieu, il espérait de tout coeur ne jamais la mettre en colère, parce que ça faisait vraiment peur. Insultes - toujours intelligentes cependant, jamais vulgaires, il doutait qu'Orphée en ait saisi la moitié au rythme ou allait Gillian - et menaces - tout aussi inventives. Il fallait avouer que Laertes était impressionné. Lui qui perdait souvent ses mots sous le coup de l'émotion, comme c'était le cas à l'instant, était subjugué. Inspiré, même, pour être exact. Et puis… Elle avait dit que Laertes était cher à son coeur. Cher à son coeur. Laertes se sentit rougir un peu alors que l'odieux personnage quittait les lieux plus vite que son ombre. Cher à son coeur. Il savait que Gillian était son amie, et il était très content de cette amitié, mais il ne l'avait jamais vraiment entendue définir cette amitié. Ils ne s'échangeaient pas vraiment de grands compliments, ne partageaient pas tout à fait leurs sentiments, surtout l'un sur l'autre, alors c'était vraiment agréable d'entendre qu'il était important pour elle. Enfin. C'était bien ça que ça voulait dire, hein, cher à son coeur ?

Elle lança une dernière remarque à Orphée alors qu'il sortait - et Laertes de penser que non, il ne viendrait plus JAMAIS dans la boutique du mécréant. C'était contre ses principes. Il ne donnerait plus le moindre gallion à un homme qui avait des idées aussi racistes - qui sait, ça finirait peut-être dans les fonds de campagnes d'Ater Bumblebee, au mieux.

Orphée parti, Laertes commençait à se remettre de ses émotions. De choqué, il devenait dégoûté. Et tellement honteux, aussi. Il regarda Gillian. La colère avait quitté son visage, qui redevenait beaucoup plus harmonieux et doux. Comme précautionneux. Pourquoi tant de précautions ? C'est lui qui avait fait l'erreur monumentale d'amener le marchand. Et puis elle fit quelque chose de vraiment étrange. Elle caressa sa main. Tout doucement. Ce n'était pas du tout le genre de contacts auxquels il était habitué avec elle. C'était beaucoup plus intime, en un sens. Pas désagréable. Mais vraiment étrange. Et puis elle se rapprocha de lui pour lui demander si ça allait. Ben. Euh. Là, il savait plus trop. Que se passait-il encore ? Il avait l'impression de lire un livre dont il manquait une page. Il ne recula pas, pourtant.

"Euh. Hum." Il parlait doucement lui aussi, sans trop savoir pourquoi. "Je. Je suis désolé surtout. Je ne voudrais pas que tu m'assimiles à ce genre d'énergumène. Je ne suis pas du tout comme ça, hein. Je croyais que c'était quelqu'un de bien…" Ses excuses sonnaient toutes minables à ses oreilles. Mais il n'en avait pas d'autres.

Le serveur du pub les interrompit alors pour leur demander s'ils voulaient quelque chose à boire. Sans s'en rendre compte, Laertes avait fini son verre. Ah. Il se racla la gorge et s'éloigna de Gillian, gêné de l'interruption, sans savoir pourquoi, puisqu'ils étaient simplement entre amis après tout. Avec un sourire un peu forcé, il commanda un café, puis laissa Gillian demander ce qu'elle voulait. Il tourna de nouveau son regard vers la jeune femme. Et puis, devant ce visage si ambivalent, qu'il avait vu changer du tout au tout en l'espace d'un instant, dont la propriétaire semblait tout à coup beaucoup plus complexe que ce qu'il avait pu croire, il dit la première chose qui lui vint à l'esprit.

"Est-ce que je pourrais te peindre ?"

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Gillian H. Twain
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10.11.14 23:09

Laertes était décidément bien trop adorable pour être complètement humain. Si elle descendait sûrement d’une lignée de harpie épurée (ou de vélanes, en fait, elle préférait avoir ce genre d’ascendances), lui avait sûrement quelque chose à voir avec les fées. Les fées étaient de petits êtres adorables, un peu cons sur les bords – voir très cons, elle ne comptait plus le nombre de fois où, à Poudlard, elle avait vu Mémé créer des accidents abracadabrants, voir quasiment létaux quand ils avaient lieux sur un terrain de Quidditch. Et il fallait bien avouer que, si Laertes n’était pas aussi bête qu’une fée – Merlin en soit loué ! – il avait un côté niais et incapable de se défendre qui lui rappelait parfois certaines de ces petites créatures. Le petit blondinet, loin de s’éloigner d’elle – qu’il était adoraaable – para ses joues d’un rosé pour le moins adorable avant de lui présenter des excuses qu’elle n’avait pas vraiment besoin d’entendre, mais qui réchauffait son petit cœur mièvre.

Elle s’apprêtait à pousser un peu la plaisanterie – ou plutôt le vice, car si Gillian adorait plaisanter, elle ne le faisait jamais en ce qui concernait sa quête ultime de son Graal, à savoir un père pour ses enfants – quand un serveur – qui ne l’avait jamais gêné jusque là, mais qu’elle trouvait soudainement fort rude et implaisant – fit son entrée. Etait-ce une habitude chez lui de ramener ses petites fesses juste quand ils voyaient deux personnes se rapprocher, ou bien pensait-il que Laertes était le neveu de la professeure, lui présentant des excuses pour lui avoir ramené Orphée et avoué son homosexualité – scénario, en passant, peut-être même un peu plus facile à croire que le premier, considérant la différence d’âge flagrante entre les deux protagonistes. Toujours est-il que Gillian avait décidé qu’aujourd’hui, elle détesterait le serveur. Mais pas autant que l’amant potentiel présenté par Laertes – elle ne pouvait pas s’énerver deux fois, ça nuisait à son image, à son cœur et à la fertilité de ses ovaires, qui manquaient un peu de ténacité depuis quelques années déjà, comme pouvait galamment lui rappeler Viridus, certains jours.

Penser au petit homme n’arrangea pas les états d’âme de la pauvre Professeure d’Alchimie, qui soudainement se rappela qu’elle allait devoir planifier la décoration de Poudlard avec lui les jours à venir. Pour Halloween, voyez-vous. Comme si elle avait besoin de l’aide d’un nabot irascible et raciste ayant une forte propension à épuiser les elfes de maison. Lasse rien qu’à cette idée, Gilly se força à commander un café – avec un nuage de lait ! – elle aussi, malgré son cerveau lui hurlant qu’une bierraubeurre serait plus adaptée. Elle ne voulait pas passer pour une alcoolique – ou une mère avec son fils qui refusait de boire face à sa génitrice. Et puis, soudainement, Laertes lui fit une proposition qui la laissa un peu abasourdie – bien que fort flattée. Il voulait. La peindre. Première réaction :

« Ici, maintenant ?! »

Gillian, dépassée par les évènements, incapable de se décider et perdant soudainement tout le sex appeal qu’elle avait mis tant de temps à se créer. Seconde réaction, quasiment instantanée.

« Non pas que ça me gêne, au contraire. »


Petit sourire, et puis, pour détendre l’atmosphère.

« Enfin, du moment que tu ne me prêtes pas les traits d’une harpie... Ce serait avec plaisir. »


Elle venait de révéler une partie de ses pensées les plus sombres… sa certitude qu’elle avait des liens de parenté, quelque part. Tssss.
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Laertes Harper
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14.12.14 19:13

Gillian commençait vraiment à intriguer Laertes. Il l'avait trouvée belle dès la première fois qu'il l'avait rencontrée - mieux, il l'avait trouvée intéressante. Ses traits n'étaient pas classiques et allaient si bien avec sa personnalité pleine de contrastes. Mais très vite, leurs discussions s'étaient portées sur leurs centres d'intérêts, la peinture pour Laertes, l'alchimie pour Gillian, et leur amitié, vite formée, était aussi platonique qu'elle pouvait l'être. Et Laertes avait tout simplement arrêté de considérer Gillian comme autre chose qu'une amie. La preuve, il venait de la présenter à ce qu'il avait cru être un homme charmant. Parce qu'il savait qu'elle cherchait ça. Avec acharnement.

Mais ce petit instant, qui venait de passer, sans qu'il sache trop pourquoi et sans que l'un d'eux ne l'aie voulut, avait un peu changé la donne. Tout à coup Laertes voyait de nouveau Gillian comme… Une belle femme. Voilà. Et il se sentait très bête. Parce qu'il savait que ce n'était pas ce que voulait son amie. Alors sans vraiment s'en rendre compte, il avait refoulé toutes ces idées saugrenues et avait décidé qu'il appréciait Gillian purement en tant que modèle pour son art. Une source d'inspiration. Rien de plus platonique. Voilà, c'était tout.

Gillian parut très étonnée par sa proposition. Avait-il été impoli ? Tout à coup, elle avait changé drastiquement d'attitude, et Laertes se surprit à prendre une nouvelle fois des mesures mentales pour sa toile. Cette façon qu'elle avait d'entrouvrir la bouche pour montrer son étonnement, de se redresser imperceptiblement, de pencher un peu la tête sur le côté - ça faisait encore plus intéressant que le moment où elle se penchait vers lui, en fait. Ca faisait aussi plus… Naturel, peut-être. Et tout ça, c'était très intéressant. Artistiquement, bien sûr. Bien sûr.

Elle parla de nouveau. Elle lui donnait son consentement. Les lèvres de Laertes s'étirèrent dans un sourire rêveur, il réfléchissait déjà à ce qu'il pourrait peindre, les couleurs qu'il pourrait utiliser, les formes qui représenteraient le mieux l'essence de son amie. Cet exercice intellectuel était toujours d'une saveur toute nouvelle, même après toutes les années qu'il avait passées à peindre déjà. Il sortait déjà un carnet de croquis, une plume et de l'encre de sa poche quand Gillian plaisanta. Les traits d'une harpie ? Quelle idée étrange ! Il ne voyait pas vraiment ce qui pourrait rapprocher la jeune femme d'une harpie. En même temps, il ne connaissait pas tellement de harpies. Il eut un petit rire.

"Ah, non, je ne pense pas, je veux dire non, de toutes façons enfin, tu sais à quoi ressemblent mes toiles !"

"A rien", avait dit un critique dans un petit journal local un peu plus tôt - le seul commentaire qu'il avait eu par la presse sur un de ses tableaux. Le jeune peintre s'était rassuré en se disant que le monde sorcier n'avait pas l'habitude de l'art abstrait. Mais Laertes, sensible, eut une petite grimace à ce souvenir. Peut-être que Gillian n'avait été que polie quand il lui avait montré ses tableaux, qu'elle ne voulait pas le vexer. Peut-être qu'elle voulait dire, en lui demandant de ne pas la peindre comme une harpie, qu'elle trouvait ses tableaux laids ? L'idée lui fendait le coeur.

"Mais tu peux me dire si ça te gène. Je peux même te faire un portrait classique si tu préfères." Il réprima une grimace. Ces immondices étaient vraiment des insultes à l'art. "Mais je ne pense pas que ça reflèterait vraiment ta beauté. Je veux dire, on verrait ton visage, c'est sûr, mais tu vois, avec un tableau si concret, on ne ressent pas les tourments de l'âme, toutes les petites aspérités du caractère, ou alors seulement ce en quoi elles sont représentées par le corps. Et je ne crois pas que nous nous limitions à notre corps. Il y a quelque chose d'intangible, de merveilleux, qui échappe à tant d'artistes parce qu'ils s'imposent les mêmes carcans que la nature, alors que notre rôle d'artiste, c'est justement de transcender la nature, de révéler et de faire ressentir l'indicible, des moments sur lesquels on ne sait pas mettre de mot. Comme là, maintenant. Je serais bien incapable de dire ce qui vient de se passer. Mais ça m'a ému, ça m'a fait quelque chose, et je veux le peindre. Parce que c'est cette magie du quotidien qui… euh…"

Laertes commençait à se rendre compte qu'l venait de dire qu'il avait passé un moment magique avec Gillian. Ce qui n'était pas du tout ce qu'il voulait dire à la base. Surtout parce qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il avait passé un moment magique avec Gillian avant de le dire. Tout à coup, le peintre rêveur et plein d'idéaux qui venait de parler refit place à Laertes, juste Laertes, qui était bien gêné et se grattait nerveusement la nuque en rougissant un peu. Non mais. On ne dit pas des bêtises pareilles à ses amis !

"Enfin. Euh. Voilà. Hum. Ca te va toujours que je te peigne ?"

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Gillian H. Twain
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14.12.14 22:11

C’était incroyablement flatteur que quelqu’un veuille la peindre, et Gillian ne pouvait empêcher une jolie couleur rosée de venir se poser sur ses joues. Elle se mordit doucement la lèvre et adressa un grand sourire à son compagnon, un de ces sourires dont elle avait le secret, qui donnait l’impression que plus rien d’autre n’avait d’importance en ce monde. C’était vrai qu’elle était jolie, la Mademoiselle Twain. Même si elle n’était plus toute jeune, l’une de ses pierres lui permettait de rajeunir sa peau en permanence, et empêchait l’apparition de rides disgracieuses sur son visage (elle n’avait, d’ailleurs, jamais trouvé comment faire rajeunir autre chose que sa peau, renonçant ainsi à la jeunesse éternelle de Nicolas Flammel, mais elle se sentait déjà très fière de son œuvre).

Elle avait cette peau, donc, jeune, un peu blanche, dotée d’une très forte tendance à rougir. Et puis elle avait ces deux yeux verts, pas très grands, mais pétillants et si joliment surlignés par de longs cils de biche. Personne n’aurait décrit Gillian comme une personne belle – sûrement parce que, bien que loin d’être grosse, elle n’était pas complètement fine non plus, et elle avait ce nez un peu trop grand et aquillin pour être classé dans les standards de beauté. Mais personne, non plus, ne pouvait nier ce charme naturel et entraînant, parfois même un peu innocemment enfantin, qu’elle dégageait. Gillian était charmante, elle était jolie, et les années n’avaient jamais su lui faire perdre l’espoir ou la passion qui l’animaient chaque jour un peu plus. Elle poussa un doux soupir.

Et puis, Laertes commença à se montrer tout gêné, et il commença à parler de peinture. Le jeune homme s’animait toujours, quand il en parlait, et chaque fois Gillian se rappelait pourquoi ils étaient amis, à la base, et pourquoi il lui avait plu. C’était ça, cette passion vibrante, qui enlevait toute barrière et toute timidité, qui transportait quelqu’un qui n’y connaissait rien dans un monde nouveau. De nouveau, un sourire, sans même vraiment le réaliser, et la professeure le couvait d’yeux quasiment maternels. Là, maintenant, tout de suite, elle avait envie d’aller déposer un baiser sur son front. Et puis il lui parla d’un moment magique, et le rose revint colorer les joues de Gilly, qui oubliera tout semblant d’instinct maternel. Parce que là, maintenant, elle avait envie d’aller déposer un baiser sur sa bouche. Comme un moyen de le remercier. Et de l’amener à lui faire des enfants, aussi, mais c’était une autre histoire. Un doux rire monta dans sa gorge, qu’elle laissa gaiement se déverser, rutilant. Et puis, elle demanda, se sentant étrangement complice à l’instant précis :

« Bien sûr. »


Mais Gillian ne pouvait pas rester mignonne et sexy très longtemps – ça devait être génétique, tellement ça lui paraissait impossible – aussi rajouta-t-elle, mutine, alors qu’elle avait déjà été peinte une première fois par le jeune homme :

« Je dois poser comme ça, ou comme ça, ou de profil, comme les egyptiens ? »


Elle changeait d’attitude, serrant un peu ses bras pour faire ressortir sa poitrine… Ben ouais, n’oublions pas que, même si pour une fois il semblait y avoir une étrange complicité entre elle et un homme, elle était venue en premier lieu pour trouver un Papa !
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Laertes Harper
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16.12.14 18:30

Bon, Gillian voulait toujours qu'il la peigne, Gillian n'avait pas l'air de partir en courant. C'était très rassurant. Il avait eu peur qu'elle prenne sa remarque sur l'instant "magique" qu'ils avaient partagé comme des avances, alors que non, pas du tout, c'était tout à fait platonique. Après tout, les amis passaient souvent des moments magiques ensemble. C'était la beauté de l'amitié. Oui oui. Voilà. Il omettait bien sûr de penser qu'il n'aurait jamais qualifié ainsi un moment passé avec un de ses amis masculins. Il se disait juste qu'il était content que Gillian n'aie pas cru qu'il lui faisait la cour - parce que sinon, elle ne le regarderait sans doutes pas comme ça, avec cette attitude tout à fait amicale qui faisait monter le rouge aux joues de Laertes - mais qu'est-ce qui lui arrivait aujourd'hui ? Il ne comprenait pas très bien ce qui se passait.

Et puis elle fit mine de poser. Ah mais. Il n'avait pas besoin qu'elle pose pourtant. Il voulait juste des croquis de travail ! Mais elle savait ça pourtant, non ? Il l'avait déjà peinte après tout. Elle devait plaisanter. Bien sûr, elle plaisantait pour faire passer la gêne. Quelle gêne ? Oh, il en avait marre d'être complètement paumé dans cette histoire Laertes. Il ne comprenait plus rien. Bon. Inspiration. Expiration. Il remarqua que son regard était irrémédiablement attiré vers le bas. Non Laertes, les yeux, c'est plus haut, se fustigea-t-il. Mais que s'était-il passé tout à coup pour que tout soit étrange comme ça ? Et Gillian était là, toute innocente, elle ne se doutait probablement pas du tout des pensées honteuses qui venaient à son ami, et elle essayait de détendre l'atmosphère en plaisantant. Aller. Inspiration. Expiration. Regard au niveau des yeux. Tu es sensé faire un croquis Laertes. Oups, ça faisait bien quinze secondes qu'il regardait Gillian sans rien dire, ça allait devenir encore plus gênant pour elle. Non mais oh, réveille toi Laertes ! C'est quoi ces bêtises ?

"Haha, hum. Tu peux faire ce que tu veux, je veux dire, c'est toi que je veux croquer, enfin, croquer comme faire un croquis hein, enfin, voilà, tu peux te mettre comme tu veux. Hum hum. Voilà." Rougissement. Bien joué, Laertes. Il se tortilla un peu sur sa chaise, puis se rappela une nouvelle fois. Oui, le croquis. Il trempa sa plume dans son encre effaçable, et commença à croquer la silhouette de Gillian. Plus que les traits de son visage, c'étaient des émotions qu'il recherchait, des formes dynamiques qui représenteraient bien son amie. Dès que sa plume commença à effleurer le parchemin, Laertes fut beaucoup moins perdu. Il reprit contenance. Il n'avait plus besoin de faire attention pour éviter le décolleté de Gillian, ou de penser à des moments magiques, mais par contre, toute la beauté de son amie fut d'autant plus évidente. Le contour de sa bouche. Les vagues de ses cheveux. Ses yeux brillants à la couleur des feuilles traversées par les rayons du soleil d'été. Et puis, toutes ces petites lignes qui parcouraient son visage et témoignaient des émotions qui l'habitait, et qu'il ne saurait déchiffrer. Tant de mystère, et de la passion… Oui, la passion de Gillian. Elle n'était jamais aussi belle que quand elle lui en parlait.

Ce fut un Laertes passionné qui releva une nouvelle fois les yeux de son parchemin. Il n'était plus hésitant ou gauche - ou en tous cas, ça se voyait moins.

"Parle-moi de l'alchimie, comme si tu devais l'expliquer à un enfant qui n'en a jamais entendu parler. Dis-moi pourquoi tu aimes autant ça. Je voudrais pouvoir traduire ça sur ma toile."

Il la fixait, prêt à avaler ses paroles ; et puis, là au moins, il n'y avait plus de gêne. En tous cas de son côté.

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Gillian H. Twain
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17.12.14 22:45

Laertes était complètement perdu, et Gillian trouvait cet embarras extrêmement mignon, sinon flatteur. Quelque part en elle, ce comportement lui indiquait que, peut-être, peut-être avait-il des pensées et des sentiments similaires aux siens. Bon, évidemment, ça pouvait sûrement aussi être du au fait qu’il avait essayé de la caser avec l’être le plus odieux de tout le Londres sorcier – après Viridus Emerald, bien sûr. Mais une femme ayant parfaitement le droit de rêvasser – heureusement, parce que sinon, Miss Twain serait tellement hors-la-loi qu’elle aurait probablement fini à Azkaban – elle préférait penser à la première option. Un sourire chaleureux sur les lèvres, elle observa le pauvre petit blondinet ramer de toute la force de ses petits doigts pour s’en sortir, notant la charmante petite note rosée sur ses joues, qui lui allait si bien. Il faillit même faire tomber son pinceau. Tranquillement, Gillian porta son verre à ses lèvres. Elle avait le droit de bouger, après tout – Merlin merci, le monde sorcier était bien différent du monde moldu.

Très rapidement, elle se détacha de tout ça pour observer, sans aucune hésitation, son compagnon. Il était vrai qu’il était un peu jeune, pour elle – je veux dire, à ce niveau là, c’était quasiment de la pédophilie. Mais ça ne la gênait pas, pas plus que ça en fait. Ce que les gens pouvaient penser était bien leur problème, et elle savait que sa peau si peu marquée, sa folie permanente et ses grands éclats de rire la rajeunissaient énormément. Autant en tirer parti pour trouver une personne plus apte à être son géniteur, non ? Enfin, mieux conservé. Enfin vous voyez quoi. Et puis, il était mignon Laertes : il était fin, avait du potentiel en terme de musculature, un visage très doux, de grands yeux assez extraordinaires… Tout ce qu’il fallait pour avoir un enfant absolument magnifique. Et Gillian attendait cet enfant avec une impatience non feinte. Peu importe qui était le père, en fait, mais elle savait que son compagnon figurait dans le haut de sa liste. Il était doux, passionné, compréhensif et sensible, en plus d’être mignon. Plein de qualités qui relayaient la différence d’âge à néant. Et quant à la sécurité financière, nul doute qu’elle pouvait assumer pour deux. Surtout si elle arrivait à créer cette fameuse pierre alchimique pour transformer les créatures en humains. Ah, justement, on lui demandait de parler alchimie.

« L’alchimie c’est… c’est difficile de l’expliquer en quelques mots, comme ça, de but en blanc. Alors je vais te dire ce que je dis au premier cours que je donne, aux troisièmes années qui choisissent mon option. L’Alchimie, c’est un art. Un art différent de la peinture, certes, mais un art quand même. Ça demande de la créativité pour inventer des choses, de la rigueur et des connaissances pour y arriver et… C’est passionnant. Je dirais que l’alchimie, c’est une matière transversale à beaucoup d’autres, c’est une façon de penser, une rationalité poussée à l’extrême, mais qui nous réserve toujours son lot de beauté et de changements. L’Alchimie, on ne peut en faire que quand on est passionnés, quand on est d’accord pour passer 10 ans penchés sur une formule, juste pour le plaisir de trouver enfin l’élément manquant. L’Alchimie, c’est une façon de voir les hommes, d’identifier leur psychologie, c’est même une sorte de philosophie. Et puis, l’Alchimie c’est aussi la magie, le pouvoir de transformer quelque chose en une autre chose de manière définitive, le pouvoir de partir de ce que certains diraient « rien », et d’y ajouter juste quelque chose pour arriver à « tout ». Je veux dire, c’est magique quand même, de pouvoir avoir un jardin splendide sans le moindre entretien, seulement en disposant quelques pierres ça et là, ou en inscrivant quelques cercles dans le sol. Evidemment, pour trouver ces pierres, il m’a fallu un temps fou de travail, mais je suis tellement heureuse chaque fois que je rentre de voir le fruit de mes efforts… »


Gillian réalisa alors qu’elle parlait fort, en souriant bêtement, comme si elle avait complètement oublié la présence de Laertes, qui peignait férocement. Elle s’arrêta, crispa légèrement ses sourcils et, après avoir mordu délicatement sa lèvre – un vieux tic qu’elle s’efforçait de perdre, parce qu’elle trouvait ça trop sexy pour des étudiants – demanda, presque inquiète :

« J’ai parlé un peu trop non ? Tu me le dis hein… »


Elle soupire doucement. La vie d’une professeur célibataire est passionnée est parfois bien difficile.
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Laertes Harper
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31.12.14 13:32

Laertes écoutait Gillian. Il n’avait jamais vraiment remarqué auparavant à quel point elle s’illuminait lorsqu’elle parlait alchimie. Enfin, si, il l’avait remarqué… Mais maintenant, la différence, c’était qu’il se rendait compte que ça la rendait incroyablement intéressante. Et belle. Fascinante. Il l’écoutait, et, en même temps, il dessinait frénétiquement sur son carnet, croquait, ajoutait de temps en temps une couleur avec sa baguette magique. Il dessinait des formes, des arabesques folles, des cercles d’alchimie stylisés (de ce qu’il se souvenait de ses cours de Poudlard) qui n’avaient probablement aucun sens, mais les symboles, agrandis, déformés pour se rapporter à l’instant présent, étaient tous réfléchis et pensés, même à toute vitesse.

Il comprenait Gillian. Elle lui parlait, peut-être pour la première fois aussi clairement, de sa passion comme d’un art, et ça, il comprenait. Passer dix ans sur une formule, utiliser les contraintes pour en faire quelque chose de plus beau encore, pour se dépasser… La beauté de l’alchimie, qui devenait la beauté de Gillian. Laertes aussi pouvait passer des semaines, des mois, des années sur une toile - il en avait une qu’il avait commencée trois ans auparavant qui était toujours dans son atelier, à attendre qu’il soit assez mature et qu’il ait suffisamment réfléchi pour la finir. De temps en temps, il y ajoutait une touche de peinture, en effaçait une autre, et puis y réfléchissait pendant encore trois mois avant d’y toucher de nouveau.

Elle lui demanda si elle parlait trop, et Laertes releva la tête, comme réveillé d’un rêve, l’air étonné.

« Non, pas du tout, »
dit-il, surpris par sa question. « C’est passionnant. Dis-moi… Tu parles d’une philosophie de l’alchimie, d’une façon de voir les gens et leur façon de pensée… Comment est-ce que l’alchimie s’intègre à tes relations avec les autres ? » Demanda-t-il.

Il était très curieux, plus que de l’alchimie, de ce que Gillian en pensait. De sa façon de voir le monde et de s’y aventurer, de la façon dont elle vivait, dont elle pensait. Il ne savait pas très bien pourquoi tout ça était si important tout à coup, si passionnant, et il se disait que c’était pour sa toile. En vérité, il était juste émerveillé.
HRP:
 

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Gillian H. Twain
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08.01.15 1:28

Gillian était une femme de passion. On le lui avait souvent dit, c’était vrai : même si elle n’était en rien une traînée, contrairement à ce qu’une certaine Professeure Mantis pouvait dire, elle avait toujours été un peu trop volage, un peu trop vivante pour s’accorder aux standards des sorciers classiques. Et c’était aussi ce qui faisait toute sa beauté, toute son originalité. Sa relation avec l’alchimie avait toujours été fusionnelle et tumultueuse, et elle avait passé tellement de temps avec cette matière qu’elle s’en était un peu oubliée, jusqu’à arriver où elle était maintenant. Célibataire à bientôt 40 ans, sans enfants, avec un poste stable depuis trop peu d’années, vivant au quartier Maëva. C’en aurait presque été triste si elle n’avait pas si bien vécu la situation. Miss Twain aimait sa vie, et la vie en générale, et c’était déjà plus que la plupart des gens.

Et elle aimait décidément bien Laertes. Elle n’aurait même pas été capable de poser des mots sur ses sentiments le concernant. Il y avait ce côté touchant, sensible, qui la remuait jusqu’au plus profond d’elle-même. Il était charmant, et en même temps si jeune, si peu mûr. Gillian se demandait souvent s’il ferait un bon père : sa situation professionnelle était loin d’être au beau fixe, même si elle le considérait talentueux dans son art. Et en même temps, il était si calme, si attentionné et si gentil qu’elle était certaine qu’il ferait un bon paternel, un de ceux qui aime ses enfants plus que tout, malgré tout ce que la vie peut leur imposer. Elle sourit doucement, se plongeant à son tour dans l’observation du blondinet, qui avait l’air surpris qu’elle se soit arrêtée de parler. Il était décidément mignon. Elle avait envie de le prendre dans ses bras.

Et puis, il lui posa une question spontanée, mais quand même vachement difficile. Comment l’alchimie s’intégrait à sa relation avec les autres ? Mais… Naturellement, tout le temps, sans même qu’elle s’en rende vraiment compte. Par exemple, elle ne pouvait pas s’empêcher de voir Laertes comme un mélange savant de matières. De l’eau, majoritairement, une once douce et placide, qui se rapprochait du mercure plus que du souffre. Comme elle. Et de l’air aussi, de la créativité, et un peu de feu pour la passion de l’art, mais très peu de terre. Le blondinet n’était pas très pragmatique, il fallait bien le reconnaître : pour l’entraîner vers la pureté équilibrée, il faudrait lui rajouter un peu de terre, lui ancrer un peu les pieds au sol… Mais qui était-elle pour dire ça, elle qui ne l’était pas plus que lui ? Bon. Ça faisait bien une longue minute qu’elle le regardait en silence, perdue dans ses pensées. Elle devait peut-être penser à formuler une réponse maintenant, avant qu’il ne devienne rouge écarlate et perde son inspiration.

« Ben… »


Inspirée. Gillian respira longuement avant de tenter une réponse bien trop embrouillée pour être objective :

« L’Alchimie s’intègre en tous points dans mes relations avec les autres. Je ne peux pas m’empêcher d’analyser les gens d’un point de vue alchimique, de vouloir leur rajouter des qualités, des éléments, en transformer d’autres, sans vouloir non plus complètement changer leur nature au risque de perdre ce qui fait d’eux des êtres humains. Je suis bien incapable de t’expliquer ça Laertes, c’est difficile comme question. Je pense qu’on peut rapprocher ça de toi : quand tu vois les gens, tu dois voir des formes, des couleurs, tu dois sentir des envies de tableau naître sous tes doigts pour les faire ressortir. Enfin je suppose. Moi c’est la même chose : je vois de l’eau, de l’air, du feu et de la terre, du mercure et du souffre, j’identifie les gens à des astres et j’imagine comment les équilibrer. Je passe beaucoup de temps aussi à chercher à équilibrer ma propre nature. Pour moi, tout est une question de pureté. »


Elle s’arrête deux minutes, sourit. Gillian parle toujours trop quand il s’agit d’alchimie. Et puis, elle demande, les yeux brillants, se sentant plus proche que jamais de Laertes, une furieuse envie au coin de la bouche de lui montrer tout le feu qu’elle possède :

« Je peux voir ton croquis ? »


Il se fait tard, peut-être qu’ils vont devoir se séparer… Mais ça lui ferait mal, à Gillian, de s’en aller sans avoir fait évoluer la situation. Elle a envie d’aller plus loin avec Laertes. Elle a envie de jouer à l’équilibre avec lui.
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Laertes Harper
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22.02.15 22:05

Laertes écouta avec fascination la réponse de Gillian, laissant son crayon dessiner en y pensant à peine. Une question de pureté. Oui, ça ressemblait beaucoup à ce qu’il ressentait vis-à-vis de la peinture - tout était à la fois une fin en soi, et un moyen d’accéder à quelque chose de plus haut, de plus pur, qui transcendait, pour quelques secondes, quelques minutes, la vie ordinaire, les habitudes du quotidien.

« Je vois ce que tu veux dire, » acquiesça-t-il, « Quand je peints, je cherche aussi la pureté, en un sens, l’Art sans tous ses atours, tous ses symboles, tous ses codes. Je cherche à aller au plus près de ce qui est à l’intérieur de nous et qui ne demande qu’à être réveillé, la nature la plus intime, venir la chercher, la déclencher, la faire ressentir à ceux qui seront face à mes toiles. » Son visage, de sérieux, redevint un peu songeur, plus doux. « Crois-tu que nous sommes juste de doux rêveurs ? De grands adolescents qui n’ont pas encore compris que le monde est infiniment plus complexe que cette pureté intrinsèque, que l’Art n’a pas de forme pure… Je me le demande parfois. Nombre de mes amis, des amis proches, même, ne me comprennent pas - ils voient leur art comme un moyen d’arriver à la célébrité, à la postérité, ou de faire fortune. Ou simplement, une recherche de la beauté. La beauté, oui, certes… Mais souvent, ils n’arrivent qu’à de la joliesse fade. Je les aime beaucoup, et ils ont des idées très intelligentes, tu sais, mais je crois qu’ils ne me comprennent pas. Mais je parle vraiment comme un adolescent, n’est-ce pas, à croire que personne ne me comprend ? Toi qui en es entourée cinq jours par semaine, tu dois pouvoir me le dire, » finit-il avec un sourire.

Le silence plana pendant quelques minutes, Laertes, perdu dans ses pensées, continuait de griffonner en regardant Gillian régulièrement, étudiant non seulement les traits de son visage, mais ses expressions, l’atmosphère qui se dégageait d’elle, tout ce magnétisme qu’il semblait ne découvrir que maintenant alors qu’il le savait, elle l’avait toujours eu. Elle lui demanda de voir son croquis, et il rougit légèrement. Il n’avait pas l’habitude que l’on regarde ses croquis. Il en avait bien montrés à April à une ou deux occasions, mais sinon, personne n’avait jamais vu ce stade préliminaire de son travail. Mais il estima que, vue toutes les questions qu’il venait de poser à son amie, elle avait bien le droit de voir ce qu’il avait dessiné. Il tourna le parchemin vers elle, révélant une série de formes dynamiques dessinées, entourées de mots ici et là, des descriptions des couleurs qu’il voudrait employer, des concepts qu’il voudrait faire ressortir. Au milieu, il avait écrit en gros, souligné trois fois, « pureté ».

« C’est, euh. C’est vraiment la base de mon travail tu sais, » balbutia-t-il. « Ca ne ressemble à rien pour le moment. »

Il espérait qu’elle ne serait pas vexée.

[DÉSOLÉE POUR LE RETARD AFFREUX je ferai plus vite la prochaine fois promis ;;]

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