Il y a 5 ans, Ater Bumblebee, directeur du département de contrôle et régulation des créatures magiques avait tenu le tenu une conférence pour s'exprimer sur les récents bouleversements de Londres. Mettant l'accent sur la sécurité des sorciers et la dangerosité des créatures et hybrides pour la communauté magique, Ater avait appuyé sur les possibilités qu'un jour le monde sorcier soit révélé aux moldus et que cela entrainerait une guerre.

Aujourd'hui, grâce à l’aide de partisans puissants, d’un financement à sa campagne aisé, de son charisme et ses discours convaincants, le verdict est tombé: Ater Bumblebee est nommé premier ministre de la magie.Le tumulte des quartiers se mêle aux angoisses refoulées et les chuchotements se multiplient dans les oreilles les plus curieuses. Une tension s'est levée sur le Londres magique, chacun remarque comme l'air est lourd, comme les appréhensions creusent les discussions. On se prépare à la prochaine annonce du Ministère, aux courroux des gazettes les plus enflammées et tous retiennent leur soufflent, gardent la baguette à portée de main....

Chers créatures et hybrides, par soucis de logistique administrative, il serait peut être préférable que vos papiers soient en règles.




Cassandre Ollivander ▬ fondatrice retraitée
absente ϟ (mp)
Garfield S. Andersem ▬ fondatrice mi-retraitée
présente ϟ (mp)







 

Partagez|


cassandre ─ undisclosed desires

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas




Cassandre Ollivander

Cassandre Ollivander
Messages : 265
Date d'inscription : 13/07/2014



Message
28.07.14 19:47


Cassandre Charles Ollivander
You can see it and you can almost hear it too, you can almost taste it


Âge ϟ 23 ans.
Nationalité ϟ Irlandaise.
Origine ϟ Sang-mêlé.
Emploi ϟ Vendeur et fabricant de baguette dans la boutique familiale Ollivander.
Ancienne maison & école ϟ Serdaigle, à Poudlard.
Lieu de vie ϟ Il possède un appartement juste au dessus de sa boutique. Un escalier en bois mène directement à l'arrière-boutique.
Date de naissance ϟ 03 Août.
Groupe ϟ Ligue des sorciers.


Son avis sur la situation du Londres magique ϟ Cassandre sent bien que, tout ça, ça perturbe son troisième oeil. Le fait que les créatures, les sorciers et les moldus se mélangent, ça ne peut apporter qu'une grosse confusion. Si tu bien ou du mal ressortira de tout ça, il l'ignore, et il est trop ronchon pour s'y concentrer davantage. Par contre, il se rend bien compte que si des créatures venaient massivement à Londres, Chance aurait encore plus d'ennuis avec son mauvais œil. Donc, par amour, il supporte la Ligue des sorciers, et il s'excuse envers les créatures, franchement, il n'a rien contre elles.








Caractère
I already found what I was looking for, you know it wasn’t here, no it wasn’t here


Cassandre n'aime pas sa vie.
Chaque jour, il descend les escaliers en bois de son appartement qui mènent directement à son arrière boutique. Il franchit la petite porte, se dirige d'un pas traînant vers la porte principale et, baillant sans mettre sa main devant sa bouche comme écartelée, il tourne l'écriteau annonçant que l'ouverture de sa boutique. Le même pas traînant l'emmène jusqu'à son comptoir où, tirant son tabouret sous ses fesses du bout de sa chaussure, il s'y assoit et cale sa joue dans le creux de sa main.
Et Cassandre attend.
Il attend si longtemps.

Cassandre attend des heures en regardant la danse brouillonne des silhouettes des passants par delà les fenêtres sales. Par moment, il se dit qu'il devrait faire l'effort de les nettoyer, qu'un petit geste de la baguette et tout serait rapidement étincelant, mais il n'en a pas envie.
Ça le dégoûte, tout ça.
Sa baguette est posée devant lui, juste sous son nez, de l'exacte même couleur que le comptoir. Du bois de charme. Il fronce un peu le nez, et sa simple vision suffit à faire bouillir en lui une colère qu'il macère entre ses molaire depuis déjà cinq ans. La chaleur grimpe jusqu'à sa nuque, Cassandre sent même que ses tempes sont en train de brûler. Il serre ses mains si fort que la peau sur ses jointures blanchit.
Il est tout simplement furieux. Sa bouche s'ouvre, pâteuse, et ses lèvres dirigées vers sa baguette jettent un crachat puéril.

Je te déteste.

Cassandre reste silencieux. Puis, il soupire, et enroulant ses bras sur le comptoir, il love sa tête à l'intérieur.
Cassandre n'aime pas sa vie ; il la déteste.

Cassandre a toujours été un garçon très simple, tout comme il a toujours été un Ollivander. A croire que l'un ne pouvait cohabiter avec l'autre. Voilà que la vie lui vole sa simplicité en même temps que son grand-père. Avec sa mort, Cassandre se retrouve dernier héritier Ollivander d'une longue et prestigieuse lignée, le seul à détenir tout le savoir de son grand-père, pétri, façonné des années durant à reprendre un jour la succession de leur noble tradition.
Fabricant de baguette.

Dans ces murmures, on n'a jamais demandé à Cassandre ce qu'il voulait véritablement. Pourtant, il désirait des choses si simples, tellement plus simples ! Les baguettes et les bois, combien de fois n'a-t-il pas eu l'envie furieuse de les jeter dans les bras du premier venu et de claquer la porte de cette stupide boutique poussiéreuse ! Combien de fois n'a-t-il pas voulu attraper le bras de Chance et de le traîner dehors, avec lui, et de l'emmener ailleurs, loin des soubresauts de ses peurs et de l'étouffante étreinte de son héritage ?

Si Cassandre n'aime pas sa vie, c'est parce que ce n'est pas celle qu'il a choisi.
Son futur, ses rêves, on les lui as soufflé. Au moment même où les rotules de son grand-père se sont effondrées au sol, l'immensité de son devoir lui est retombé sur ses épaules. Cassandre étouffe, grogne, maugrée et ronchonne. La colère roule en lui comme un ressac impétueux ; les clients fuient quand il s'emporte, impulsif, et qu'il les envoie paître ailleurs.

Lui, il voulait juste être un peu plus lui même.
Cassandre est prophète. Il l'a découvert en même temps qu'il grandissait, et plus il nouait des liens avec la chaleur de la vie, plus ce don tambourinait au même rythme que son cœur. Durant toute sa scolarité, il s'est renseigné dessus, a appris à le dompter et l'a façonné avec les paumes de son âme. Son rêve, à lui, c'était d'ouvrir un petit cabinet de voyance. C'était un rêve qui sentait bon la douceur, les tentures lourdes et les boules de cristal. Mais c'était aussi un rêve honteux qu'il enfonçait dans les profondeurs dans ses désirs car, non, un Ollivander ne peut pas être un voyant. La voyance est une plaisanterie ; la fabrication de baguette est un art noble.

De toute façon, tout ça, ça n'a plus d'importance pour lui. C'est d'une aigreur ironique, mais Cassandre n'aime plus penser à l'avenir, quand bien même il se lance à chaque heure de la journée en plein dans son visage.
Cassandre pense qu'il n'a plus d'avenir. Il est condamné à rester à jamais assit derrière ce comptoir, son front plaqué contre le bois de charme, forcer de subir sa frustration et de sentir son corps s'emporter à chaque fois qu'il repense à ses rêves dérobés.

Cassandre n'aime pas sa vie ; cette vie qu'il n'a pas choisi.
Pourtant, il y a une chose que Cassandre aime. La seule et unique chose qu'il ait jamais choisi par lui-même.
Chance.
Heureusement, il y a Chance – Chance et son mauvais œil, Chance et sa souffrance, Chance et ses angoisses. Il n'a qu'un désir, celui de le prendre dans ses bras et de le lover fort contre son torse, lui murmurant dans le creux de l'oreille que tout va bien et glissant ses doigts dans sa nuque.
Il ne veut plus que l'aider.

Il est tellement plus simple de s'oublier lorsqu'on aime quelqu'un si fort, et Cassandre ne demande plus que ça : aimer et s'oublier.





Histoire
Et là tu mets une petite phrase pour faire très sympathique.


EGBERT


Il avait commencé à lui voler ses étés très tôt.
Il serrait dans la paume calleuse de ses mains celle minuscule d'un Cassandre encore très jeune. Ses pas, malgré sa démarche arquée, étaient trop grands pour lui. Lorsqu'il en faisait un, Cassandre qui n'était encore qu'un petit enfant, trottinait à ses côtés comme dans une course.
Il le suivait essoufflé, ses joues juvéniles rosies par l'effort et avec la joie qui agitait ses jambes courtes. Ça ne le dérangeait pas d’attraper la main fripée comme une pomme de son grand-père, ni même de le suivre dans ces forêts qui crépitaient comme le feu de la cheminée.
Il avait le sourire accroché à ses lèvres candides et le regard qui se levait là-haut, près de la cime des arbres, vers le visage de ce qui se rapprochait le plus d'un père pour lui.

Il n'était pas question d'aller entendre, au bord de falaises, les talons enfouis dans les plages et le sable humide collé aux chevilles, le ressac incessant des bords de mers britannique. Il n'était pas non plus question de campagnes françaises, de cigales chantantes, d'une chaleur étouffante qui attrapait la gorge et qui tapissait les tempes d'un filet de sueur.
Pour ses étés, Cassandre n'irait pas battre la campagne avec d'autres jambes aussi courtes que les siennes, ni avec les babillages des enfants du voisinage. Pour lui, il n'y aurait que les grands arbres, avec leurs larges troncs et leurs branches qui dessinaient des arabesque noires dans le ciel bleu. Cassandre avait quatre ans et il était le petit-fils de Egbert Ollivander. C'est tout naturellement qu'il deviendrait l'héritier du savoir ancestral de la famille, et qu'un jour il arborerait dans le creux de ses mains les même cales que celles qui embrassaient celles de son grand-père.
Cassandre trottinait et cassait des brindilles sous ses petits pieds. Il était trop jeune pour se soucier qu'on lui vole ses étés. Il ne chérissait dans son cœur enfant que le regard gris de son grand-père, à la recherche de leur approbation.




CHANCE


Il aimait beaucoup ses trois cailloux.
C'étaient des cailloux très simples et qui n'avaient pas de signification particulière pour lui. De simples bouts de graviers, peut-être un peu de calcaire, rien de bien glorieux. Leurs stries ne formaient pas de motif reconnaissable, même si une fois, sur un autre cailloux, il était certain d'y avoir décelé la gueule ouverte d'un gros chien.
Ils n'avaient même pas une grand importance, puisque Cassandre les perdait fréquemment, ou les confondait avec d'autres cailloux de formes et de couleurs semblables. Il les rangeait devant le muret de la petite maison de campagne, alignés les uns à côtés des autres au milieu de tous les autres cailloux du chemin, et inévitablement, il finissait pas les perdre.

Parfois, il jouait avec comme on jouerait avec des petites harpies ou des dragons de bois. D'autre fois, ils étaient comme une balle, et il tapait la pointe du pied dedans pour les envoyer loin. Il était arrivé un jour ou, s'éloignant vers le ruisseau, il y avait versé ses trois cailloux pour voir jusqu'où ils réussiraient à aller.
Bien sûr, il les avait perdu, et avait du se retrouver trois nouveaux cailloux.

Cassandre aurait pu avoir d'autres jeux s'il le souhaitait, mais il les rejetait avec toute la défiance dont est capable un enfant.
J'ai pas besoin de jeux ! Moi, plus tard, je fabriquerai des baguettes grandes comme ça !
Et il tirait la langue à sa grand-mère qui s'offusquait avant de s'enfuir à toutes jambes dehors.
Cassandre n'était pas très doué pour les jeux, ni pour la sympathique, caractère qu'il empruntait petit à petit à son grand-père.

C'est pourquoi lorsque le plus proche voisin vint le voir un jour, il se montra particulièrement grognon et désagréable. Il était pourtant gentil, ce garçon timoré au teint pâle. Il lui proposait de jouer avec lui, et il insistait, quand bien même Cassandre refusait net en continuant de faire rouler ses précieux cailloux avec la pointe d'un bâton.
Finalement, agacé, il s'était levé et était parti pour se débarrasser du garçon. Mais il avait continué de le suivre, ce qui avait mit Cassandre dans une grand colère.

─ Mais je veux pas jouer avec toi ! Laisse moi tranquille !

Et il l'avait poussé.

Le garçon était tombé. Il n'avait pas poussé très fort, pourtant ses paumes s'étaient ouvertes et du rouge avait tacheté les gravats du chemin.
Alors, il avait eut l'impression que quelque chose avait bougé à l'intérieur de lui, comme une branche qui craque et que l'on déchire. Ses lèvre étaient devenues froides et son estomac métallique. Cassandre ne comprit pas ce qui lui arrivait à cet instant, mais il se mordit la lèvre et se pencha vers lui.
D'solé.
Passant ses deux mains sous ses aisselles (il était si frêle), il le souleva et l'aida à se remettre sur ses pieds. Gêné, il baissa le nez et se frotta les cheveux.
Il ne savait pas quoi dire.

Tout ce qu'il savait, c'était qu'il venait de blesser ce garçon, et que ce garçon précisément deviendrait quelqu'un de très important pour lui.

Il venait de ressentir entre ses côtes sa toute première expérience prophétique, et il tendit une main gênée.

─ Je suis Cassandre.





EGBERT


Egbert surplombait le monde de Cassandre.
Il était ce visage gris et ridé aux yeux creux, ces angles pointus et ces taillades qui formaient des pommettes tranchantes. Il était cette maigreur, ces jambes qui s'arc-boutaient à chaque pas, ce dos qui craquait lorsqu'il se penchait en avant et ces poignets qui jamais ne fléchissaient lorsqu'ils allaient caresser le tronc d'un arbre.
Il était un vieil homme inflexible et peu bavard, qui n'agitait sa langue sèche que pour évoquer la richesse de son métier. Il était la dureté et la froideur, et à l'image de sa propre baguette, un bout de bâton bois sec qui était incapable de faire autre chose que ce à quoi il était attribué ; fabriquer des baguettes.
Egbert était un très mauvais grand-père, mais en ce temps là, Cassandre lui pardonnait encore.

─ C'est un chêne blanc, fit Cassandre alors qu'ils venaient de s'arrêter devant un immense arbre.

L'évidence était si poignante que son grand-père ne prit pas la peine de la relever. Rabroué, Cassandre rajusta les lanières de son sac-à-dos qui lui lacéraient les épaules.

─ Merlin avait une baguette en chêne blanc, continua-t-il, incertain.

Il n'en obtint rien de plus. Egbert fixait le chêne comme certains fixaient les flammes d'un âtre, à la recherche d'un quelconque signe. Cassandre soupira. Son silence lui pesait et il sentait sa poitrine devenir de plus en plus lourde, comme si d'un coup, l'air avait décidé de le noyer.

─ J'ai hâte d'aller à Poudlard en Septembre, finit-il par lâcher, la bouche pâteuse.

Alors, Egbert se tourna vers lui et il décocha un regard qui avait la sécheresse d'un fouet. Cassandre avala sa salive très vite et manqua de s'étouffer. Egbert ne lui parla presque plus pendant tout le reste de leurs recherches.
Ce fut un été très long pour Cassandre, cette fois là.






CHANCE


Chance – c'était le nom du voisin qu'il avait blessé la première fois, et dont il avait su à ce moment là qu'il serait quelqu'un de très important pour lui – Chance était devenu son ami. Il était même, plus encore, son seul ami, celui qui lui avait saisit le bras pour l'emmener découvrir l'euphorie de l'enfance.
Lorsque ce n'était pas les vacances, Cassandre et Chance étaient toujours fourrés l'un avec l'autre, que ce soit pour jouer près du ruisseau, faire une grande partie de cache-cache dans les champs ou alors échanger des histoires effrayantes cachés sous des couvertures.
A Poudlard, ils furent encore ensemble. Il riaient lorsqu'ils s’engouffrèrent dans l'un des wagons du Poudlard express, plaisantèrent entre deux friandises, s’esclaffèrent lorsqu'ils confondirent leurs robes et tremblèrent tous les deux lorsqu'ils aperçurent le directeur-adjoint de Poudlard et sa mine austère.
Ce fut chacun leur tour qu'ils vinrent s'asseoir sur le tabouret pour endurer le verdict du Choixpeau Magique, mais c'est ensemble qu'ils se rendirent, euphoriques, dans la salle commune de Serdaigle. Ils partageaient tout ; une maison, un dortoir, des cours, des colères. Inséparables, jamais il n'était envisageable de les voir l'un sans l'autre. Lorsque l'un mettait le nez dans les livres de la bibliothèque, l'autre se trouvait forcément derrière lui à réviser ses cours, ranger des emprunts, roupiller sur le coin de la table. Même lorsque Cassandre entra dans l'équipe de Quidditch, il continua de rester auprès de son ami, l'invitant à assister aux entraînements. Cependant, Chance avait la manie de se recevoir tous les cognards perdus, et Cassandre lui demanda très vite de rester plutôt à l'abri, dans le château.

Cassandre appréciait sa vie à Poudlard. Il y découvrait un laxisme et une chaleur qui lui étaient inconnus, et même le regard du plus sévère des professeurs ne le rendait pas malade comme celui de son grand-père.
Par moment, il sentait monter en lui des jets de colère envers ce grand-père qui, durant toute son enfance, l'avait privé de ce dont ses camarades de classe lui parlaient en tout normalité. Il compris, à force de les fréquenter, que ce qu'il avait enduré, les bois, les forêts, les marches, les silences, n'avait pas été le quotidien des autres enfants.

Cassandre s'énervait, il serrait les poings, et dans ces moments là il allait voir Chance qui trouvait les paroles justes pour ralentir les battement fous de sa colère.

Pourtant, chaque été de chaque année, il était forcé de retourner dans la forêt avec son grand-père, incapable d'émettre le moindre mot de protestation.
Cassandre courbait sa nuque et serrait si fort ses dents qu'il les sentait presque se fêler sous la morsure de sa propre mâchoire.





EGBERT


Dans le monde de Cassandre, son grand-père se défaisait petit à petit de sa toute puissance. En grandissant, le regard de Cassandre s'éveillait, et il lui semblait voir des détails qu'autrefois sa naïveté lui cachait. Il discernait maintenant toutes les rides qui tavelaient le visage brunâtre de son grand-père, les oscillations dangereuses de ses rotules, son souffle qui sifflait dans sa poitrine. Il n'était plus l'homme si grand, si géant qu'il touchait le faîte des arbres.
Cassandre, enjambant une large racine noueuse, pris une grande inspiration.

─ Je ne veux plus venir avec toi l'été.
─ Tu viendras, Cassandre.

Ça l'avait brûlé.
Ses joues étaient devenues pourpres – s'il savait tout le courage qu'il lui avait fallut pour sortir cette simple phrase ! Il se sentait essoufflé, et honteux. Cassandre avait treize ans et lentement, il sentait s'insinuer en lui une violente haine envers celui qu'il avait autrefois adoré.






CHANCE


Egbert voulait faire de Cassandre son héritier, un grand fabriquant de baguette. Mais Cassandre avait d'autres projet dans sa tête où tourbillonnait sa tumultueuse jeunesse. Outre le Quidditch, dans lequel il exprimait toute sa fougue et passait aussi ses nerfs, Cassandre fit peu à peu connaissance avec son don de prophète.
Il comprit à force d'expériences et de lectures que, toutes ces choses qui se passaient dans ses rêves, dans sa tête, toutes ses images qui montaient jusqu'au bord de ses lèvres et toutes ces impressions qui venaient agiter le bout de ses doigts n'étaient pas juste une coïncidence.
Cassandre avait le don de voyance, et il adorait ça.

C'était pour lui un renouveau ; une toute nouvelle part de son identité qu'il ne devait cette fois à personne, et surtout pas à son grand-père. C'était quelque chose que lui n'avait pas, et qu'il ne pourrait ni contrôler, ni lui voler, comme il lui avait gangrené jusqu'à présent tous ses étés et toutes ses capacités.

Comme si le conflit avec son grand-père redoublait son ardeur, le plaisir de lui désobéir et de se détacher de sa poigne l'encouragea à explorer son don. Il confiait chacune de ses expériences à Chance, accoudé au bord de la fenêtre de la Tour de Serdaigle, l'excitation empourprant son visage. Son don lui était aussi utile pour aider son ami. Depuis quelques temps, il lui arrivait beaucoup d'accidents, des maladresses, un peu de malchance. Lorsqu'il voyait des choses qui le concernaient, il le prévenait, comme ça il pouvait éviter la bombabouse de l'escalier du deuxième étage, ou de glisser dans les toilettes qui avaient une énième fuite d'eau et de se casser un bras.

Un soir, Cassandre ne vit pas venir quelque chose de très important.
Il était accoudé à leur fenêtre et l'air de la nuit, lourd, lui collait aux joues. Comme souvent, il se lamentait en poussant deux ou trois jurons. Ils avaient quinze ans, et Chance avait eut une poussée de croissance qui lui donnait deux têtes de plus que lui. Cassandre pestait toujours après sa taille – avant, ça avait été lui le plus grand, et tout ça, ce n'était pas juste.
En plus, il venait juste de se faire plaquer par sa petite amie. Il se frappa le front contre le rebord en pierre.

─ Je ne comprends pas. A chaque fois, ça ne marche pas. Je ne sais même pas ce que je fais de mal !

Chance avait toujours la gentillesse de l'écouter. Cassandre était excédé, et c'est boudeur comme l'enfant qu'il était autre fois qu'il appuya sa joue dans sa main.

─ J'ai rien fait de mal, j'en suis presque sûr, cette fois. Je lui avait même offert un gnome au poivre. J'avais lu dans les tasses qu'elle adorait ça ! Tu peux me dire où j'ai foiré, sérieusement, Chance ?

Et, tournant la tête vers son ami, il n'avait pas obtenu de réponse.
Il avait juste obtenu un baiser.

Chance l'avait embrassé, d'un coup, comme ça, puis s'était écarté. Cassandre était resté un moment stoïque, avant de soupirer, hébété.

─ Ça, je ne l'avais pas vu venir.

Puis, il s'était penché vers lui et l'avait embrassé à son tour.






EGBERT


Arriva le jour où Cassandre refusa que son grand-père lui vole d'autres été.

Ça avait été un déchirement. Ça avait été un drame, une fin, une abomination – un cauchemar.  Ça avait été des cris, des hurlements, des vociférations et des poings qui avaient envie de briser ces infâmes os de vieillard. Toute sa rage avait été vomie en lui brûlant les veines, en éclatant sa tête, et sa propre tête le cinglait si fort qu'il se sentait imploser.






CHANCE


Ce fut le jour où Chance mourut et que Cassandre le vit.
Il n'avait rien pu faire.

Au moment où sa vision vint lui exploser les côtes en milliers de petits fragments, Cassandre était perdu dans le couvert noir une profonde forêt d'Écosse. Son grand-père marchait devant lui, de plus en plus lent. Son sac-à-dos pendait, accroché à l'une de ses grandes épaules. Il rêvait d'ailleurs – il rêvait d'un été où il serait après de Chance, qu'ils passeraient à dormir dans un lit toute la journée ou vautrés dans un champ, comme avant.
Il pensait à lui, quand d'un coup, il le vit contre sa rétine se faire percuter violemment par le magicobus.

Cassandre devint fou.
Il hurla à son grand-père de le ramener – il s’époumona, se trancha la gorge à essayer de lui expliquer à quel point la situation était grave. Il ne l'écoutait pas, il ne comprenait pas, et finalement, Cassandre se mit à rugir comme une bête féroce et il sortir de ces bois infernaux à l'aide de sa propre fureur, déchirant les branches qui lui obstruaient le passage avec ses mains ou ses dents.

Il était devenu fou ; il l'avait vu mourir.
Il l'avait vu mourir. Il l'avait vu mourir.
Cassandre avait envie de vomir. Il manqua de blesser l'infirmière qui essayait de retenir sa furie destructrice, à Sainte Mangouste. Les jambes trop tremblante, il tomba dans les escaliers, et du s'y reprendre à deux fois pour les gravir. Il avait les yeux rouges, striés de veines. Ses mains étaient saignaient, croûtées. Il avait défoncé la porte de sa chambre.
Il n'avait plus d'air.

Chance était là, allongé, et il respirait.

Cassandre ne sut pas ce qui se passa dans sa poitrine en cet instant. Tout devint très froid et très chaud à la fois. Sa nuque douloureuse s'engourdit et ses articulations qui n'avaient pas cessé de trembler de terreur s'apaisèrent brutalement, douloureusement.
Un peu d'air s'échappa de ses lèvres pendant qu'il s'approchait et qu'il tendait la main vers son front contusionné. Il le caressa, un peu, à peine pour ne pas lui faire mal. Il ne faisait pas attention à ses parents qui le fixaient.
Chance dormait.

Cassandre poussa un très grand soupir et éclata en sanglots.






EGBERT



Il lui avait bien dit, qu'il ne lui sacrifierait plus un seul de ses étés. Il lui avait dit qu'il ne voulait plus jamais entendre parler de lui, évoquant les baguettes et son fondement dans la même vocifération, afin qu'il saisisse l'ampleur de sa rancune. Il lui avait dit qu'il rejetait cet héritage, et qu'il le haïssait.
Il le haïssait tellement. Cassandre, dans toute la splendeur de son ressentiment, imputait l'accident de Chance à son grand-père.
Si tu ne m'avais pas forcé à venir, j'aurai été à ses côtés. Ce ne serait jamais arrivé !
Il lui avait dit, hurlé, rugit que plus jamais il ne lui sacrifierait quoique ce soit.

Mais cela n'empêcha pas Egbert de mourir et, plus que de lui voler un été, lui dérober son futur tout entier. Il l'avait désigné comme son héritier. Il n'avait pas pris le temps de former un autre fabriquant de baguette. Il n'y avait personne d'autre que Cassandre et lui, se retrouvait là, ses rêves dans une paume, et le fer de ses obligations lui crevant l'autre.

Cette fois encore, il avait eut envie de pleurer. Mais c'est en colère qu'il s'empara de la clé de la petite boutique, éjecta presque la porte de ses gonds et, d'un ultime geste rageur, balança la moitié d'une étagère remplie de baguettes au sol.

Il serait ce que son grand-père avait toujours voulu qu'il soit, et ce qu'il avait toujours détesté. Il avait combattu, pendant toutes ses années, pour échapper à son joug asphyxiant. Mais c'était avec la mort, qu'il l'avait eut, cet être acariâtre et amer.

Cassandre serait fabriquant de baguette et Egbert, jusque dans la mort, lui pourrirait la vie.






CHANCE


Cassandre pressait son front contre le sien. Il sentait, partout autour de lui, le parfum de l'angoisse qui s'infiltrait coulait sous sa peau. Il releva son visage et vint embrasser, d'un baiser fort, le front mouillé de Chance. Ses lèvres eurent un goût salé. Lentement, il glissa ses doigts dans sa nuque et l'attira contre lui. Son autre bras était fermement enroulé autour de son épaule. Il laissa son souffle lui caresser le visage en parlant, là, tout près de ses lèvres, et en lui chuchotant ses psaumes rassurants dans le creux de sa gorge.
Il abaissa ses yeux pour le forcer à croiser son regard qui était terrifié.

─ Tout va bien Chance, je suis là. Je suis là, et je t'aime. Je sais que tu es effrayé, mais je te promets que les choses vont s'arranger. Je te promets que tu ne te blesseras plus, et que ça va aller. Tu n'as pas à avoir peur, je suis à tes côtés. Il ne t'arrivera rien. Je te promets que tout ira bien. Tu peux me faire confiance, je suis là pour toi. J'ai mis de nouveaux sorts, partout, pour te protéger. Je le verrai, si il devait t'arriver quelque chose. Je te protège, Chance. Je te protège, tout va bien, calme-toi. Tout va bien Chance, je suis là. Je suis là. Je t'aime.

Et il embrassa son front, une fois, mille fois, jusqu'à ce que les tremblements secs de son corps aient cessés et qu'il se soit endormi dans cette étreinte qu'il ne romprait jamais.





Derrière l'écran
Et là tu mets une petite phrase pour faire très sympathique.


Pseudo ϟ Pleasance, Cass, et puis Orestes, bientôt, hinhin.
Et l'âge ϟ J'ai 21 ans, mais je m'y habitue toujours pas.
Male, Femelle, ou Bumblebee ϟ Cassandre.
Comment tu as connu Pimentine ϟ Je l'ai pondu, un oeuf, comme Solus.
Des suggestions pour Pimentine ? Oui, plus de saumon.
C'est quoi, Pimentine ? ϟ C'est Pimentine. En fait, je pose cette question pour savoir si les gens savent ce que c'est, en vérité. Moi je sais, mais je vais pas dire. hinhin.
Personnage sur l'avatar ϟ Jean Kirschtein ▬ Shingeki no Kyojin





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Shasandre Tyllus

Shasandre Tyllus
Messages : 118
Date d'inscription : 09/06/2014
Age : 24



Message
28.07.14 23:06

Bienvenue à Pimentine Cassandre !

Tu t'attendais peut-être à ce que ton chéri vienne te faire une petite visite mais non, surprise. En tout cas, nous ne pouvons valider ton caractère, il est trop excellent comprends-tu. Je t'invite donc à faire des câlins aux chats du monde entier et poster ton histoire au plus vite, sinon une pluie de malchance s'abattra sur toi aussi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Cassandre Ollivander

Cassandre Ollivander
Messages : 265
Date d'inscription : 13/07/2014



Message
10.08.14 18:43

VOILA J'AI FINI juste avant le loup garou boum bébé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur




Papa Fayot

Papa Fayot
Messages : 157
Date d'inscription : 12/05/2014



Message
10.08.14 21:35


Bienvenue à Londres !


L'histoire de Cassandre est vraiment touchante, teintée d'une grande injustice - que Egbert soit maudit. Dans tous les cas, tout est parfait, et je suis réellement ravi d'imaginer déjà Cassandre souhaiter la bienvenue aux clients dans la boutique qu'il chérit tant. Espérons, tout de même, qu'il n'arrive rien encore à son chéri de Chance. Et si je puis me permettre, bonne Chance !


Félicitations ! Tu es désormais validé, ta fiche est certainement trop cool, et tu vas désormais pouvoir jouer avec tous les autres sorciers, créatures et hybrides du forum ! Quelle veine hein ♥.

Sache que, si tu  veux faire les choses dans l'ordre, je t'invite à te rendre dans la catégorie des listes et des recensements. Là-bas, tu vas pouvoir recenser ton métier, ton avatar, ton quartier, et pleins d'autres choses. On compte sur toi !

Après, il faudra penser à bien t'occuper de ton sorcier. Tu trouveras un endroit pour établir des relations, et même un autre pour gérer tes rps. Et puis, le plus fun dans tout ça, ce sont les péripéties ! Ne les rate pas, ce serait dommage.

Bon, on a fini avec les infos de base, on va te laisser tranquille. Surtout, amuse-toi bien sur Pimentine ♥ !






Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé



Message

Revenir en haut Aller en bas

cassandre ─ undisclosed desires

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PIMENTINE ! :: Fiches-